Originaire de Detroit et présent sur la scène hip hop américaine depuis les années quatre vingt, Slum Village a longtemps évolué au sein de l?underground. De cette époque il n?est ressorti qu?un seul projet Fantastic Vol.1 resté une simple maquette qui n?a jamais été éditée. Ce n?est qu?en 1999, grâce au travail acharné de leur leader Jay Dee, ancien membre du collectif de producteurs The Ummah, que T3 et Baatin sortent de l?anonymat avec Fantastic Vol.2 sous le label Good Vibes Recording. Après quelques litiges avec celui-ci, durant l?année suivante, ils font une brève apparition en tant que J - 88 via le label Groove Attack, cela afin de pouvoir commercialiser Best kept secret. Sorte d?avant-gardistes, ils se qualifient eux-mêmes de visionnaires pratiquant un hip hop futuriste.

Slum Village / Trinity

Depuis la séparation officielle avec Jay Dee et l?apparition au sein du groupe de Elzhi, nombreuses étaient les rumeurs qui circulaient quant à l?avenir du groupe Slum Village. Même avec la sortie de Dirty District, réunion de famille sous forme de mix-tape qu?un réel album, ils n?avaient pas su convaincre les adeptes du style qui attendaient une vraie suite à Fantastic Vol.2 alléchés par le tubesque « tainted » qui circulait depuis le début 2002.

Slum Village nous revient, sous le label Capitol, avec Trinity, un opus qui a bénéficié des meilleurs productions du moment DJ Hi-Tek, Scott Storch, Young RJ Ne?Astra, Black Milk, Waajid, Karriem Riggins. On y remarque même la présence du fameux producteur et ancien partenaire Jay Dilla aka Jay Dee, pour les titres One, Hoes et Let?s. Surprise, derrière le gros de l?ouvrage c?est T3 que l?on retrouve accompagné de Wajeed et Young RJ pour une ambiance toujours plus soul sur fond de basses bien lourdes et entraînantes. Des beats funky des titres Tainted et Disco à ceux plus futuristes et électroniques de Let?s et Unisex, on assiste non pas à un changement radical du concept musical mais bien à une évolution des plus appréciable, les ambiances évanescentes et posées et anciens opus faisant place à des rythmes plus nerveux.

Niveau lyrics, T3 et Baatin ne proposent pas grand chose de nouveau et restent dans des habituelles histoires de cul et égotrips basiques mais il faut reconnaître que le style est plus travaillé. Seul Elzhi se distingue en apportant un peu de profondeur, venant jouer les métronomes avec un flow bien trempé et quelques attaques à l?encontre des bootleggers bien trop souvent venus pirater les productions du groupe.

Ce dernier opus nous offre 69 minutes d?une production vivifiante bien que Jay Dee ne produise que 3 morceaux. Bénéficiant d?une nouvelle et meilleure répartition des rôles, musicalement vraiment démarqué des précédentes productions, Trinity succède dignement à Fantastic Vol.2