Les clés de la réussite? Un freaky style, teddy Wordsound à l’ appui, une boîte à rythme et un 4 pistes qui se mueront plus tard en studio temporaire (autrement plus sophistiqué que le Bass mind aka Sanctum aka Temple of smoke, c’est selon), et beaucoup de drogue. Galérant pour enregistrer son album ("Heavyweighter", le troisième en réalité, dont on retrouve le clip "Paper chase" avec l’ ultra-célèbre 12" promo "Party jumpin’" en arrière plan), Sensational rêve juste de détrôner Ja Rule, le seul souci étant que sa musique n’est pas spécialement créée (c’est le mot) pour intégrer le rap game.

C’est en fait ‘de l’autre côté’ de celui-ci qu’on se retrouve plongé à travers ses tribulations en plein dans le trou noir: du racolage de playeuse dans le métro (normal) au nettoyage génital dans un hôtel de Crooklyn. A travers les petits moyens mis en oeuvre pour réaliser le film, à l’image des rythmiques et du son sale du dit lp (quoique cette fois une attention particulière a été fournie à la voix proprement parlant), on est plongé dans le psychédélisme ambiant, bande son à l’ appui: de la skunk, toujours de la skunk sur broken beat, deals louches (Spectre, "Bottom feeder"), arrestation par Ill Saint sur de la drum n bass, crate digging dans le shop du coin ("Perfecta mothafucka") etc…

En plus de donner un bon aperçu de la démarche Wordsound aussi bien ouverte sur le dub que la jungle et le metal, on y croise une bonne partie du crew sur le terrain: en vrac, Mr Dead moitié de Metabollics, Scotty "OG kill dog e" Hard en agent fbi, Black chamelon qui tâte du dé, Paul Barman en digger fashion etc.. C’est vite casse gueule, mais ne serait-ce que pour voir l’ underdog numéro un froisser l’ open mic ouvert par feu A.P.C., on se marre quand même un peu et ça peut en plus être l’ occasion de découvrir la clique Wordsound pour ceux qui ne connaitraient pas..