Gory days, son second opus, garde le même fil conducteur : perversion sexuelle, barbarisme gratuit et visions apocalyptiques sont donc au rendez-vous. Ames sensibles s’abstenir! Uniquement produit par Necro, l’habillage sonore s’articule toujours autour de ses samples fétiches, flûtes, piano ou orgue, les beats sont plus aggressifs, le rendu encore plus glauque.Des notes funestes de bury you with satan au génialissime Morbid, Necro ne s’égare pas de ses thèmes fétiches. Même lors de titres parodiques, comme Light my fire, qui transforme une ode des Doors à l’amour en fresque pornographique. Les titres à connotations sexuelles sont d’ailleurs toujours aussi crus et trash, pris au second degré, ils en deviennent vraiment délirants. One Way Or Another obtient la palme du sadisme. Et on aimerait vraiment ne pas être à la place d’une certaine nicole, véritable objet sexuel du mc, quand on voit la façon dont Necro hurle "Fuck you"…Très peu d’invités accompagnent Necro dans son humour noir, comme sur le très bon "Cyrcle of Tyrans". On y trouve, aux côtés d’Ill Bill et Gore Tex de Non Phixion, un excellent Captain Carnage, dont la grosse voix nous invitant à un « carnival of carnage / where I’ll.peal off your shell like an orange » fait frissoner.

Necro est omnubilé par ses délires morbides et l’on a au final l’impression qu’il tourne en rond. Certains trouveront le disque rapidement lassant. L’effet de surprise amené par son premier album i need drugs étant passé, il est difficile de trouver de réelles innovations à ce second opus. Les ingrédients ayant contribué au succès de son prédécesseur sont toujours là, et bien que le son ait évolué, il s’enferme dans un schéma rébarbatif. Si les boucles portent bien le concept sadique de Necro, ce dernier aurait pu prendre à contre-pied l’auditeur par des instrus plus originales. C’est peut être le tribut à payer pour conserver l’intégrité la plus totale d’un album concept. Si vous ne connaissez pas Necro ou que son premier album vous a enchanté, alors n’hésitez pas à vous procurer ce gory days.