Loin des blagues de culs d?ado, des jeux de mots fallacieux et des joints roulés à tout va qui constituaient avec brio l?essentiel des deux premiers opus insouciants des Pharcyde , « Liberation » est le reflet de trois années de doutes, et d?épreuves personnels, dont cet opus est une forme d?accouchement musicale, reflet d?un accomplissement spirituel en filigrane tout au long de cet album dont la pochette est dessinée par Mear One, artiste génial qui a déjà realisé des pochettes pour Mikah 9, O.D, ou encore Daddy Kev.

17 morceaux enregistrés à Los Angeles sur lesquels se succèdent Mc Lyte (« Roots, love and culture ») à cent lieux de ses cabotinages façon « I need a ruffneck », Saul Williams, Charli2Na (Jurassic 5) ou Evidence (à la production de « Stay around »). Le morceau « Life is love » produit par Printz Board (qui joue du clavier et de la trompette pour Black Eyed Peas) avec N?Dea Davenport, l?ex chanteuse des Brand New Heavies est l?un des grands moments de cette album tout en douceur. Un exercice cathartique pour Tre Hardson définitivement à l?aise en crooner, privilégiant le chant (déjà utilisé sur « Labcabincalifornia ») au rap sur la majorité des titres, accompagné de nombreux ch?urs féminins. Un album que Tre Hardson a voulu sans sample, utilisant abondamment le clavier et privilégiant les vrais instruments, du saxophone à la flûte en passant par le trombone ou les percussions, certains morceaux ayant été enregistré complètement en live.

Emouvant, chaleureux et tout simplement beau.