TONY ALLEN NOUS A QUITTÉ

51 ANS DE CARRIÈRE, PLUS DE 70 ALBUMS EN SOLO OU EN COLLABORATION, TONY ALLEN INSPIRAIT LE RESPECT PAR SON ŒUVRE ET SA PERSONNALITÉ.

 

 

Il avait prévu de donner une série de concerts hommage à Hugh Masekela à partir du mois de mai dans le cadre du projet « Rejoice », sa rencontre sur disque avec le trompettiste (décédé en 2018) tenue secrète jusqu’à sa sortie le mois dernier. Tony Allen vient de décéder à l’âge de 80 ans. C’est sa femme qui l’a confirmé dans un premier temps à un petit cercle de proches parmi lesquels des musiciens et des patrons de labels avec qui le légendaire batteur avait travaillé et tissé des liens d’amitié.

Doit-on rappeler qui est Tony Allen ? Dans les années 70, il était le directeur artistique et batteur de Fela Kuti. Ensemble, ils inventèrent l’afrobeat. Kuti disait d’ailleurs que « l’afrobeat n’existerait pas sans Tony Allen ». Le musicien avait commencé sa carrière solo après avoir cessé sa collaboration avec Kuti devenu trop politique. A partir de là, le batteur s’est évertué à explorer les sonorités expérimentales et tous les métissages possibles.

Tony Allen a été beaucoup sollicité en Angleterre et en France, deux des pays les plus adeptes des musiques venues d’Afrique de l’ouest et particulièrement l’afrobeat. Outre Manche, on retiendra bien évidemment ses collaborations avec Damon Albarn avec qui il a participé au sein de plusieurs groupes. Mais son histoire avec l’Angleterre remonte bien au milieu des années 70 sous l’égide notamment du label Strut. En France, on sait bien que sa maison est Comet Records avec qui il a réalisé 3 albums solo (le premier et excellent « Black Voices » en 1999) et 7 albums collaboratifs dont sa série des « The Allenko Brotherhood Ensemble ». Il avait aussi marqué les esprits en apparaissant aux cotés de Doctor L. Un plus large public l’avait enfin remarqué sur « La Ritournelle » de Sébastien Tellier en 2005, caressant sa batterie délicatement avec ses baguettes pendant un peu plus de 7 minutes. Mais quand on est musicien en afrobeat, rien d’inhabituel.

Tony Allen vivait à Paris depuis plus de 30 ans. Les nombreuses personnes qui l’ont croisé reconnaitront sa gentillesse et sa classe naturelle. Le natif de Lagos faisait partie de la famille et nous le regretteront en tant que tel.

Nous adressons nos condoléances à son adorable épouse. Nous avons aussi une pensée pour les patrons du label Comet Records qui nous ont fait aimer ce musicien, à jamais dans la légende.