Plus tôt dans la journée, le management de Roy Hargrove a annoncé sa disparition la nuit dernière à la suite d’un arrêt cardiaque à l’âge de 49 ans. La trompettiste de jazz avait été hospitalisé dans la semaine à New York pour des énièmes problèmes rénaux.

On le savait malade, lui qui était placé sous dialyse depuis des années à cause de ses reins justement. Une grosse alerte s’était produite en 2015 le forçant à annuler ses concerts. Remis mais visiblement affaibli, il avait fait son retour quelques mois plus tard et recommencé son rythme insensé de prestations, ponctué c’est vrai par quelques arrêts puis encore des retours.

Né à Waco au Texas, il avait repéré par un certain Wynton Marsalis (premier artiste ne provenant pas du classique à avoir remporté un Prix Pulitzer, 21 ans avant Kendrick Lamar) qui effectuait une visite dans son université. S’enchainent très vite les premières tournées à l’étranger et une carrière bien remplie. Son premier album solo « Diamond In The Rough » sortira en 1990 et Hargrove gagnera en 1998 un Grammy Award dans la catégorie Latin avec « Habana », enregistré avec son groupe Crisol.

Sa précision était folle (façonnée au Berklee College of Music et à la New School de New York). Sa créativité était débordante en ne cessant de voguer entre jazz, nu-soul et hip hop, collaborant avec des artistes comme Herbie Hancock, Jimmy Smith, Sonny Rollins, D’Angelo (sur le cultissime « Voodoo »), Erykah Badu, Common, Q-Tip ou encore Method Man. Son leadership n’était plus à prouver avec pas moins d’une dizaine de formations dont The RH Factor qui fût peut-être celui qui réunissait le plus de styles.

Comme tout bon jazzman, le New Morning à Paris était devenu sa maison française dans laquelle il revenait au moins trois fois par an. Son dernier passage date d’ailleurs d’il y a quelques mois. Il avait immortalisé sa relation avec la capitale avec le morceau « Strasbourg Saint Denis ».

RIP Roy Hargrove.

 

 

 

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