La réponse de Lauryn Hill à Robert Glasper ne sera pas fait attendre. Normal, l’ex membre des Fugees est en pleine tournée des 20 ans de son album « The Miseducation Of Lauryn Hill » (qui passera à Paris le 20 novembre mais c’est complet) et ne souhaitait pas que les déclarations du musicien viennent la parasiter particulièrement sur les réseaux sociaux car pas franchement de risques que les fans ne viennent pas à cause de ça.

Rappelez-vous, il y a deux semaines, Glasper répondait à une interview sur une radio de Houston et avait, après qu’on lui ait demandé, raconté ses mésaventures dans une collaboration avec Hill. Des frasques de diva de la chanteuse et rappeuse aux menaces de réduction de salaire car elle n’aimait pas l’approche musicale des musiciens en présence, en passant par des accusations de vol de parties instrumentales pour « The Miseducation Of Lauryn Hill ». C’est donc par le biais d’un très long communiqué que Lauryn Hill a répondu à son détracteur. On va essayé de vous résumer la chose.

Tout d’abord, elle s’excuse de n’avoir pas réagit plus vite. Les déclarations de Glasper lui étant parvenues tardivement. De plus, elle a choisi l’écrit car elle n’a pas donné d’interview depuis plus de 10 ans.

 

« Je suis l’architecte de mon expression créative. »

 

Elle reconnait qu’elle est très exigeante dans le choix des musiciens car elle est « l’architecte de son expression créative ». Personne d’autre qu’elle ne sait ce qu’elle veut obtenir niveau sonorité. Les musiciens qu’elle ne retient pas ne sont pas de mauvais musiciens mais ils ne correspondent pas à ce qu’elle recherche. Depuis la fin des Fugees, elle a pris le partie d’être claire et directe avec les gens avec qui elle travaille.

Concernant l’histoire des salaires, elle ne se souvient pas les avoir divisé par deux (sachant que l’affaire remonte à 2008). Elle peut demander des ajustements mais elle ne se permettrait pas de faire des coupes d’une manière arbitraire. Elle mentionne ensuite des cas extrêmes comme les amendes de James Brown.

 

« Peut-être que mon sérieux et mon militantisme face à l’adversité ont été perçus à tort comme de la méchanceté … ma véritable intention était de protéger. »

 

Elle explique qu’elle est sortie du système depuis longtemps et en a profité pour répéter qu’elle ne détestait pas les blancs. Son combat se situe envers et contre ce « système d’habilitation et d’oppression mis en place pour exploiter des personnes différentes » et que « La longue histoire d’injustice et de brutalité envers les personnes de couleur, en particulier les noirs, n’a pas été pleinement reconnue ni corrigée« .

 

« Dites-moi quel artiste qui travaille maintenant et qui n’a pas été directement influencé par le travail que j’ai réalisé. »

 

Puis vient le CV engagé depuis les débuts de l’artiste : le rap révolutionnaire des Fugees, des combats sociétaux dans plusieurs de ses chansons et la participation au courant live dans le hip hop. Avec ce pédigrée, elle pose la question « n’en ai-je pas fait assez ? » (pour prouver ma bonne foi et mon honnêteté ?).

 

« Je n’ai jamais dit à personne de ne pas me regarder dans les yeux … Cependant, je comprendrais pourquoi un artiste le demanderait. »

 

Glasper avait évoqué cette drôle de clause que Lauryn Hill dément formellement. Néanmoins, elle explique que cela est compréhensible car pour atteindre un niveau d’excellence, certains artistes peuvent être vulnérables et fragilisés par le scrutement des autres. Elle en profite pour rappeler son statut de femme et que les interactions ne se passent pas comme si on avait affaire à des Quincy Jones ou des Stevie Wonder. Une femme ne peut pas exprimer ses envies aussi simplement qu’un homme.

 

« J’aime changer ma présentation régulièrement, changer de disposition, ajouter de nouvelles chansons … ce qui entraîne un démarrage tardif du concert. »

 

Là on n’est pas très convaincus. Ses retards ne sont pas directement liés à leur durée courte à priori.

 

« Mon album … n’aurait pas existé sans l’implication, les compétences, le travail acharné et les talents des artistes, musiciens et techniciens qui y ont participé, mais c’était toujours ma vision, ma passion, ma foi, mon volonté, mon âme, mon coeur et mon histoire. »

 

En bref, vous êtes gentils mais c’est moi qui commande.

 

Pour notre part, ce communiqué de Lauryn Hill est à prendre en considération, c’est évident. Elle se devait de se défendre, c’est clair. Mais cela ne nous convainc par réellement de sa sincérité sur les accusations de Glasper. Mais expliquer un comportement (dont on minimise les faits ou en oubliant les détails parce que ça fait longtemps) par son parcours, aussi riche et impactant soit-il, n’est pas un démenti mais une justification. Nuance…

On vous laisse bien sur juger par vous-même en lisant l’intégralité du communiqué de l’artiste, qui reste une icône du hip hop.

Pour ceux qui iront la voir en novembre à l’AccorHotels Arena de Paris, vous nous raconterez.

 

 

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