Jalaluddin Mansur Nuriddin vient de s’éteindre à l’âge de 74 ans. C’est ce qu’a annoncé sa famille aujourd’hui dans un communiqué. Natif de Brooklyn, converti à l’Islam, adepte des arts martiaux, activiste pour les droits civiques, acuponcteur, poète, il était surtout connu en tant que membre de The Last Poets.

Alors qu’un premier groupe nommé The Original Last Poets composé de Gylan Kain, David Nelson et Felipe Luciano (qu’il avait rejoint mais quitté très vite) avait sorti un premier album « Right On » en 1967, celui qui se faisait encore appeler Alafia Pudim a voulu initier sa propre formation The Last Poets pour sortir en 1970 l’album éponyme avec qui il débutera l’ère la plus médiatique du groupe. Plus tard, c’est sous le patronyme de Lightnin’ Rod qu’il réalisa son premier et seul album solo « Hustlers Convention » en 1973.

C’est cette dernière réalisation qui lui donna définitivement le surnom de « Godfather of Rap ». Son écriture et ses techniques de poésie posées sur des instrumentaux, plus fournis que ceux de The Last Poets (souvent minimalistes), l’ont effectivement aidé à gagner ce titre. Mais on ne va pas tomber dans les éternelles et conventionnelles affirmations comme « le premier album de rap », « l’album le plus samplé de l’histoire » ou encore « celui qui a inventé le hip hop ». Non, Nuriddin était un poète et mélomane. La poésie et la musique étaient ses modes d’expressions pour illustrer son militantisme et sa foi.

Mais cela n’empêche pas qu’il ait influencé ou inspiré (avec beaucoup d’autres de sa génération) des gens comme Chuck D, qui fût le producteur exécutif du documentaire sur l’album réalisé par Mike Todd en 2015 (dans lequel on voit des images de son interprétation de l’album au Jazz Cafe à Londres l’année d’avant), mais le poète a vite coupé les ponts avec la troisième génération de rappeurs qui ne parlaient que de drogue, de sex et d’argent. Et puis comme pour beaucoup, on ne s’est aperçu de son génie que tardivement.

Tout cela pour vous dire que Jalal Nurridin fût impactant pour le hip hop à bien des égards. Mais il fût avant tout l’un des porte-voix de la lutte des droits pour les afro – américains. Et à ce titre, si jamais son décès vous donne l’envie de découvrir l’intégralité de son immense œuvre (au lieu de brandir la ré-édition du premier album The Last Poets sur les réseaux sociaux), et bien il ne se sera pas battu pour rien.

 

 

 

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