Le Ministère de la Culture a récemment retiré une œuvre du street-artist Le Module de Zeer qui faisait front aux Deux Plateaux, plus communément appelé les Colonnes De Buren, situés dans la cours du Palais Royal à Paris. Ce retrait fait suite à une demande expresse de Daniel Buren, auteur des colonnes pour une raison de « droit moral ».

L’œuvre du Module de Zeer (une bâche avec des lignes horizontales faisant face aux colonnes pour créer une communication aux lignes verticales de Buren) faisait pourtant partie de l’exposition « A l’échelle de la ville » organisée par le Ministère pour promouvoir l’art urbain. Le Ministère avait aussi fait la demande au célèbre sculpteur et peintre mais il semblerait que ce dernier ne puisse supporter de voir son travail « défigurer », même par des œuvres éphémères.

Sans en connaitre les tenants et les aboutissants, on voit derrière ce « droit moral » la preuve de la condescendance d’un membre de l’etablishment adoubé en 1986 par Jack Lang et François Mitterand pour redessiner ce qui était un parking. Les colonnes furent pourtant fustigées par beaucoup au début pour aujourd’hui être un lieu privilégié des touristes.

En censurant le Module de Zeer (il n’y a pas d’autre mot), Buren ne fait pas preuve de mémoire courte. Non, car il n’a jamais fait partie du peuple et s’est fait beaucoup d’argent parmi les puissants de cette planète. Aucune raison pour le carnassier qu’il est de faire de la place à un art mineur et à ces jeunes louveteaux.

Le street-art s’est fait tout seul durant plusieurs décennies et on sait depuis longtemps qu’il ne faut pas compter sur Buren pour encore grandir. Un jour peut-être, notre art pourra peut-être lui rendre la monnaie de sa pièce.

 

 

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