C’est d’ailleurs la première fois de l’histoire que le hip hop et le RnB passent devant le sacro-saint rock aux États-Unis en matière d’écoute en ligne. C’est ce que qu’annonce la nouvelle étude de mi- année de Nielsen Music, agence référence dans l’analyse des tendances de consommation musicale. L’étude porte sur le premier semestre 2017 et confirme une tendance ressentie depuis quelques temps (62% de progressions par rapport à la même période l’année dernière).

Bien que le rock soit toujours loin devant au niveau des ventes de disques physiques, c’est bien dans le streaming (audio et vidéo) que les « musiques urbaines » tirent leur épingle du jeu avec un volume total de 25,1% contre 23% pour le rock, distançant la pop (13,4%) et écrasant la country (8%), le latin (5,7%) et l’EDM (4%).

Plusieurs faits marquants expliquent la tendance. Nielsen Music relève les sorties des albums de Drake (« More Life ») et de Kendrick Lamar (« Damn ») qui ont explosé les records de streams dès les premières semaines avec près de 380 millions d’écoutes chacun.

Ensuite, niveau vues uniquement en vidéo, le tube « Bad And Boujee » de Migos (récompensé aux derniers BET Awards avec des embrouilles avec Joe Budden et Chris Brown en bonus) s’est classé deuxième derrière Ed Sheraan avec plus de 300 milliards de vues (plus de 400 milliards à l’heure où on écrit cet article).

Le début de l’année a aussi été funeste avec la disparition de plusieurs artistes cultes américains qui ont boosté les écoutes en ligne par nostalgie. Ces derniers ont grossis de 917% pour Chuck Berry la semaine suivant son décès.

Et enfin, la première partie d’année voit arriver les grandes célébrations de la musique en Amérique comme les Grammys, les BET Awards ou encore les MTV Awards qui drivent une énorme audience et qui fait la part belle à la black music. Et puis il ne faut pas oublier les late shows quotidiens comme celui de Jimmy Fallon dont le band n’est autre que The Roots.

Cette prise de pouvoir du hip hop et de la RnB était prévisible finalement mais l’événement est assez historique pour le signaler. Il est vrai que ces musiques s’inscrivent plus profondément dans les consciences du pays versus le nôtre où la variété française reste forte. A voir si la tendance se confirme et si elle se propagera dans le monde.

 

En attendant, vous pouvez vous procurer l’étude complète sur le site de Nielsen Music.

 

 

 

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