Un peu plus d’un an après Rémy Kolpa Kopoul, c’est malheureusement au tour de Fadia Dimerdji de nous quitter. La productrice, réalisatrice, journaliste et animatrice de Radio Nova s’est éteinte ce mardi à l’âge de 63 ans.

À l’instar de RKK, elle faisait véritablement partie des murs de Nova et même plus puisqu’elle était déjà membre de Radio Ivre, une des radios libres (ou pirates) françaises fondée par Patrick Vantroeyen et Jean-Marc Keller entre 1978 et 1983. Elle y animait notamment l’émission « L’arbre aux merguez » et a connu la période des retransmissions illégales, les course – poursuites avec la police et le militantisme radiophonique. C’est après la fin du monopole d’état de la télévision et de la radio, que Radio Ivre fusionne avec Radio Nova de Jean François Bizot pour devenir Nova Ivre, puis Radio Nova en 1983.

Fadia Dimerdji va voir en Bizot le patron et le compagnon de route parfait dans sa recherche de mise en avant de la culture (particulièrement musicale) mondiale. Avec un petit groupe d’historiques de la radio, ils ont ainsi traversé près de 30 ans à la pointe des scènes du monde entier, jusqu’à la disparition du grand manitou en 2007. Depuis, Fadia fût l’une des personnes à faire perdurer l’esprit des débuts et à inculquer ces valeurs aux plus jeunes, même si l’époque a changé et Nova avec irrémédiablement. Enora Malagré n’hésite d’ailleurs jamais à la citer et à la remercier pour cela.

Grande militante devant l’éternel, elle restera une femme de terrain, utilisant la radio comme ultime rempart à l’obscurantisme. Elle contribua à la naissance de Radio Nova 22, la première radio indépendante en Roumanie juste après la chute du dictateur Ceaușescu en 1989. Elle avait aussi participé à la création de Hawa Smart, une radio Syrienne qui diffuse depuis la Turquie depuis 2014.

Le parcours de Dimerdji a été riche. À l’image de ses débuts sur les ondes, elle a tout appris sur le tas. Radio Nova ayant pignon sur rue depuis longtemps, il a toujours fallu tout faire soi-même, de la réalisation à l’animation en passant par le montage, l’habillage, les jingles et l’administratif. Un passage presque obligatoire dans le parcours d’un personnage de radio qui se respecte. Il y a quelques années, Fadia avait même assuré l’archivage de tous les trésors de l’amiral Bizot avec le magazine Actuel et son groupe de presse. Nul doute que cela avait permis à la journaliste de s’imbiber encore plus de cette époque dorée.

Avec une telle carrière, Fadia Dimerdji s’était fait des amis dans les quatre coins de la planète et avait des anecdotes à la pelle. Elle fera désormais partie de ces mêmes anecdotes que n’hésiteront pas à raconter ceux qui l’ont bien connu.

Nous adressons toutes nos condoléances à sa famille et exprimons tout notre soutien à l’équipe de Radio Nova.

 

 

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