Le drapeau tricolore dans une main noire, façon Le Combat Continue, Blade l’a gardé pour le verso de sa pochette. Le recto se contentera de la chéchia du bonhomme Banania. Mais aussi, et surtout, celle des tirailleurs Sénégalais. C’est de combat dont il est question, d’identité noire aussi, d’histoire, beaucoup. De celle que la République a entretenu avec ses enfants d’Afrique et des Caraïbes, de celle qu’elle a mis dans un carton à la cave, avec l’étiquette “mais, c’est vieux tout ça…”. Les yeux bandés, ligotée à la verticale sur une planche, sur fond instrumental organique live léché, Marianne essuie les textes de Blade comme autant de poignards qui viennent se planter non loin de ses oreilles. Rasent ses mains. Se fichent au-dessus de sa tête éraflant son bonnet phrygien. Lui rappelant que son cul de reine s’est aussi fait à la sueur et au sang de la main d’oeuvre et de la chair à canon des colonies.

Sans volonté de la violer ou de la baiser jusqu’à ce qu’elle l’aime, Blade lui rappelle quelques pages essentielles de leur histoire commune, dans une trilogie qui dévoile ici son premier épisode.

BLADE MC ALIMBAYE : BLEU POINT ZERO ( Diaspora Rockers – 2015)


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