En ces temps de recrudescence des tensions raciales aux États-Unis mais aussi dans le monde, on était en droit d’attendre une réaction de la part de Public Enemy. C’est chose faite puisque, comme annoncé par Chuck D il y a peu de temps, le 13ème album du groupe « Man Plans God Laughs » est sorti aujourd’hui.

L’opus serait son regard sur la société du 21ème siècle et sa spirale politique et technologique infernale. Une sorte d’instantané des événements récents qui d’après les dires de Chuck D serait directement inspiré des dernières réalisations de Kendrick Lamar (To Pimp A Butterfly), Run The Jewels et Kanye West (sur Yeezus). Sans plus d’infos, on pourrait alors imaginer que les 11 tracks aient été produits récemment. On note à ce sujet que la durée moyenne des morceaux n’excède pas les 3 minutes. Peut être une indication supplémentaire qui vient renforcer une production sur un laps de temps réduit.

Coté production justement, Public Enemy a fait appel à un seul producteur, pour la première fois depuis « Apocalypse 91 », en la personne de Gary « G-Wiz » Rinaldo, du Bomb Squad, qui avait déjà officié sur de précédents projets du groupe. On reconnait la patte de PE mais on y trouve désormais un léger apport de claviers qui rendraient presque certains titres plus « mélodieux ».

Niveau thèmes, on retrouve toujours la fustigation des autorités et de l’état sur « No Sympathy From The Devil » (même si Chuck D avoue ne pas en vouloir directement à Barack Obama en concédant que ce dernier avait hérité des politiques désastreuses précédentes), l’appel au soulèvement des consciences sur « Give Peace a Damn », l’unité sur « Me To We », la condition de l’être noir dans le monde sur « Mine Again » et l’attention portée sur le future des enfants.

C’est sur ce dernier point qu’appuie le clip du titre « Man Plans God Laughs » révélé en même temps que la publication de l’album. La vidéo met en scène un garçon d’environ 10 ans qui dans son quotidien est partagé entre sa vie d’enfant et les tentations du malin. Aux moments « critiques » du scénario, Chuck D assène toute une série de questions existentielles : « Am I radical, am I pacifist ? Am I scared to fight ? I ain’t asking you. Am I grown ? Do I stand up ? Am I owned ? » comme pour nous rappeler qu’elles font écho en chacun d’entre nous. Au moment où le gamin s’apprête à commettre un braquage arme à la main, il se rappelle les enseignements de son institutrice et renonce. La scène se termine quelques années plus tard où il partage un instant heureux avec sa fille. Un happy ending qui n’est dû qu’à l’éducation.

« Man Plans God Laughs » ne sera peut être pas l’album référence de Public Enemy mais le groupe se positionne toujours comme observateur militant des maux de notre époque. A conseiller aux jeunes cons qui aiment les choses qui brillent plutôt que celles qui éclairent.

A vous d’en juger avec le streaming du disque sur Spotify.

 

 

L’album lui est disponible en digital uniquement sur le site de RCS Music et le sera en CD et vinyle à partir du 27 juillet.

PUBLIC ENEMY : MAN PLANS GOD LAUGHS EST ARRIVE

 

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