Ce vendredi 27 mai, Gil Scott-Heron, pour beaucoup parrain du hip-hop avec The Last Poets, s’est éteint à l’âge de 62 ans. L’homme derrière The Revolution Will Not Be Televised avait débuté sur disque en 1970 avec le fameux Small Talk at 125th & Lenox…

Gil Scott est un écorché vif. Un musicien brûlé, par le vif de sa musique et par l’aprêté d’une vie teintée par les déboires avec les adictions. Il vient de s’éteindre ce week-end, disparu pour de bon, laissant l’image dans ces dernières années d’un grand artiste sur le retour. Un choc donc, d’une certaine façon, d’apprendre la mort d’un des fondateurs du post-R&B aux Etats-Unis, soit mélange de soul, jazz, spoken-word et autres Great Black Music.

Gil Scott-Heron a touché l’Amérique conservatrice et post-Vietnam des années 1970, traversée par ses propres amertumes et passage à l’acte d’une nouvelle forme de société, integrant petit à petit ses problèmatiques raciales, dans des Etats-Unis vrillés par un reaganisme de crise. La musique s’est faite à la fois underground, populaire, jazz, noire, rythm & blues, mais toujours emmenée par un esprit contestatire, voire véhicule politique. Un messager vient de s’éteindre, on réecoutera avec plaisir ses classsiques, comme ses morceaux moins connus, tout en rejetant une oreille attentive sur son dernier album de l’an passé, jolie fable dont on vous parlait alors, d’un detenu drug-addict tiraillé par "The Devil".

R.I.P Gil Scottt-heron.