Compagnon de route d’Ornette Coleman, Sonny Rollins, Quincy Jones, Herbie Hancock, Art Blakey ou Wayne Shorter, le trompettiste à la technique imparable, free dans l’âme et les sons, est mort ce 29 décembre à l’âge de 70 ans.

Frederick Dewayne Hubbard, ou Freddie Hubbard, vient de disparaître, suite à un accident cardiaque à Los Angeles.

Impressionnant de technicité (lip trilling, "dépassement à volonté du double contre-ut en plein chorus"…), le natif d’Indianapolis a vite fait son chemin parmi les plus grands, d’abord dans des concepts free-jazz à son arrivée à New-York à la fin des années 1950, aux côtes d’Eric Dolphy ou Ornette Coleman. Hubbard s’entoure ensuite assez rapidement de pointures suite à sa participation aux album de ces deux derniers et à l’Ascension de Coltrane.

Puis c’est la participation aux Jazz Messengers d’Art Blackey et la rencontre d’un autre disparu du jazz : Max Roach. Les deux décennies suivantes verront dégouliner le jazz-fusion, du free, du jazz-rock, ce qui poussera les critiques à diminuer l’influent parcours du trompettiste. Son intronisation dans le VSOP de Herbie Hancock et Ron Carter le fera revenir dans les bacs des « reconsidérés ». C’est d’ailleurs un très bon disque à réécouter en ce début d’année. Tony Williams, Ron Carter, Wayne Shorter, Herbie et Hubbard, ça c’est du quintet.