Metronomy: l’envergure d’un grand

Metronomy, Joseph Mount dans le civil, réussi le pari de nimber l’électro-rock british actuel à un minimalisme dérangeant. Le remixeur d’Infadels, Roots Manuva, Klaxons ou Ladytron a trouvé, en trio, la voie mélancolique et héroïque du retour au simple et de l’excroissance eighties jubilatoire.

Joseph Mount s’appelle aussi Metronomy. C’est son nom de scène, de studio, de remixer (Architecture in Helsinki, Infadels, Roots Manuva, Franz Ferdinand, Sébastien Tellier, Klaxons, The Young Knives, Ladytron, Kate Nash ou Gorillaz) et c’est aussi le nom de son groupe, aux côtés de ses copains, Gabriel Stebbing (basse) et Oscar Cash (saxophone, melodica et claviers).

 
Deux groupes disloqués (The Upsides et The Customers), un petit album en 2006 (Pip Paine (Pay the £5000 You Owe)), et voilà les trois de retour ce mois-ci avec Nights Out, et déjà quatre singles au grand jour (et ce depuis fin 2007) : Radio Ladio, My Heart Rate Rapid, Holiday et Heartbreaker, tout récemment.
 
L’univers de Metronomy est si particulier, qu’il demande a être attentivement disséqué. Car Mount se marre bien derrière ses machines, roulant dans la farine les conventions, brisant à coup de mélodica forwardé ses propres synthés cheesy et rocambolesques. Metronomy est le pilonne électrique new-wave et délabré (voire dénudé) de l’autoroute électronique UK, pas plus pas moins. Le voix nasillarde (le crooner est british, prouvé) se mêle in situ à l’organique d’instruments vintage (même le sax est eighties), à des nappes minimalistes et des petits kits de batteries naines pour un lay-back cheap, mais héroïque.
 
Metronomy pourrait pourfendre et surprendre si la joute scénique se révélait complémentaire à un tableau bizarrement triste et beau dessiné par le groupe sur ce Nights Out. A surveiller, donc.