L’avocat général de la Cour de cassation, Jacques Mouton, a demandé mardi la cassation de la décision de relaxe prononcée en faveur de l’un des rappeurs du groupe « La Rumeur », Hamé, poursuivi par le ministère de l’Intérieur pour des propos dénonçant des policiers « assassins ».

L’avocat général de la Cour de cassation, Jacques Mouton, a demandé mardi la cassation de la décision de relaxe prononcée en faveur de l’un des rappeurs du groupe "La Rumeur", Hamé, poursuivi par le ministère de l’Intérieur pour des propos dénonçant des policiers "assassins".

La chambre criminelle de la Cour de cassation, présidée par Bruno Cotte, rendra sa décision le 11 juillet.

Le 23 juin 2006, la 11e chambre de la cour d’appel de Paris avait confirmé la relaxe prononcée par le tribunal correctionnel en faveur d’Hamé, poursuivi pour des propos publiés en avril 2002 dans un fanzine accompagnant la sortie d’un album de son groupe, à une époque où Nicolas Sarkozy était ministre de l’Intérieur.

"Les rapports du ministère de l’Intérieur ne feront jamais état des centaines de nos frères abattus par les forces de police sans qu’aucun des assassins n’ait été inquiété", avait notamment écrit Mohamed Bourokba, dit Hamé.

L’avocat général Jacques Mouton a estimé, contrairement à la cour d’appel, que les propos du rappeur contenaient "bien des faits précis et déterminés de nature à porter atteinte à l’honneur et à la considération de la police nationale".

Devant le tribunal puis devant la cour d’appel, et encore devant la Cour de cassation par la voix de son avocate, Me Claire Waquet, le rappeur avait expliqué que ces propos se référaient aux victimes du 17 octobre 1961 (manifestation d’Algériens violemment réprimée à Paris, NDLR) en passant par le décès emblématique de Malik Oussékine en 1986 jusqu’à des bavures plus récentes.

"J’entends le devoir de mémoire mais cela n’autorise pas tout. Je pense donc qu’il y a matière à condamner du chef de diffamation envers une administration publique", a répondu M. Mouton.