On a commencé à entendre parler d’Émilien Bernaux sous le pseudo de MiM il y a 8 ans, en 2007. 8 ans ce n’est pas à proprement dit une éternité en musique mais quand même. Notre époque est tellement faite d’actus périssables et de buzz éphémères que l’important pour un artiste est de durer dans le temps.

Mine de rien, MiM a tracé sa route très vite. Tout d’abord en rejoignant UNC Audio, un label à son image : touche à tout et porté vers les influences urbaines dans le sens large du terme. En 2011, son parcours l’amène sur le paillasson de Canal+ aux cotés de Kyan Khojandi pour la musique de « Bref ». Le titre « Home Alone » avait notamment marqué les esprits à l’instar de la célèbre série.

C’est sûrement de là que son orientation vers le design sonore s’est fortement décidée. Non pas pour surfer sur le succès de « Bref » mais plutôt parce que le mec a le sens de la perfection indispensable à tout orfèvre du son qui se respecte. Et de toute façon, il faut bien vivre et être ingénieur du son, arrangeur ou faire de la synchro restent les meilleures solutions de garder le contact avec la musique pour un artiste. Bref (et c’est le cas de le dire), il est évident que MiM le fait bien et a eu raison d’en faire son métier.

Pour preuve qu’il n’a jamais lâché la musique pour autant, il fonde la même année que « Bref » « PMPDJ » (Pour Ma Paire De Jordans), projet rap et bass music qui l’associe à Grems, Entek et Starlion. Un quatuor qui avait pour crédo de « foutre la merde sur scène ».

Et la musique, SA musique, il nous la remet sur la table à l’occasion de la sortie de son premier EP solo « Saṃsāra », terme qui renvoi vers les notions de « réincarnation » ou « le cycle des existences » dans le bouddhisme et l’indouisme. A moins que ce site soit dédié au restaurant indo-pakistanais dans le 20ème arrondissement de Paris…

Bref (encore !!!), un EP qui est dénué de frontières tant il nous fait penser aux meilleures productions anglo-saxonnes en matière de beats music et de bass music. De plus, MiM fait appel à des voix pour donner du relief à ses morceaux. A commencer par Anna Kova (sur le titre « Blow »), jeune artiste de 21 ans qui a fait ses classes à la prestigieuse Berklee College of Music à Boston. Avec aussi la Centrafricaine Emma Lamadji (sur « Karma ») qui a notamment collaboré avec des groupes comme Afrorockerz et Defunkt. Et pour finir, on retrouve Jaw (sur « Karma » et « Beauty »), un des membres de dOP (qu’on ne présente plus), qui assure le coté « check your ass » du disque.

Coté label, c’est Château Bruyant qui fait office d’étendard. A juste titre, les mecs se connaissent depuis longtemps et le label fait ses gammes depuis 2010 avec un catalogue affolant en bass music, dubstep, electro hip hop, future house et trap. Le label vient d’ailleurs de fêter ses 5 ans à Marseille.

« Saṃsāra » a beau être un EP de 5 titres, on a un bel aperçu de ce que sait faire MiM. Les morceaux nous font naviguer entre envie de gigoter la tête et ambiances planantes.

Et en parlant d’ambiance planante, l’EP a été annoncé par le clip de « Blow ».

 

Le disque est disponible sur iTunes

 

MiM DONNE DE LA VOIX

 

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