UN TRAVAIL DE RECHERCHE COMBINANT ARCHIVES TRADITIONNELLES ET NOUVELLES TECHNOLOGIES.

 

 

Le hip hop est une culture dont la durée de vie est assez longue maintenant pour être immortalisée dans bon nombre d’œuvres littéraires, picturales, photographiques, cinématographiques, musicales et même numériques aujourd’hui. Mais avant la révolution numérique des années 2000, la photographie constituait la principale source d’illustration pour la presse écrite, les fanzines et aussi les pochettes de disques. Des photographes sont devenus célèbres comme Gordon Parks (avec sa version rap du « A Great Day In Harlem » il y a 20 ans), Martha Cooper, Estevan Oriol (dont le docu « L.A. Originals » est à voir sur Netflix), Mike Schreiber et bien d’autres.

On connait aussi des lieux rendus célèbres par des pochettes (tous styles confondus) : le passage clouté d’Abbey Road à Londres des Beattles, le moulin de Mapledurham en Angleterre de Black Sabbath, la Jones Street à New-York de Bob Dylan, le coin de rue entre Rivington et Ludlow Streets dans Manhattan des Beastie Boys etc. Beaucoup de gens se sont amusés à retrouver ces lieux pour y superposer les pochettes comme a pu le faire assez brillamment un Alex Bartsh avec sa série « Covers ».

Dans la même idée, le graphiste Andy Katz et les réalisateurs Nick Light et Frank Angelcyk se sont rendus l’année dernière dans le Queens à New – York pour retrouver les lieux emblématiques devant lesquels le groupe Run DMC s’est fait photographié au début de sa carrière. Ces hommes sont avant tout des passionnés de hip hop et ont déjà produit des œuvres qui ont rendu hommage à la culture. Cette fois-ci, ils ont décidé de mettre en image à travers un mini-documentaire de 17 minutes, leur process de recherche des lieux.

Pour commencer, il y a les coupures de presse dans lesquelles les photos sont créditées (en majorité de Glen E. Friedman) et certains endroits mentionnés. Ensuite, les artistes ont utilisé les technologies modernes pour identifier les locations sur la base de repères architecturaux ou encore des détails anodins comme des couleurs de briques, des fissures sur les trottoirs et sur des murs ou encore sur des plaques de rues. Ils ont même parcouru le quartier de Hollis en utilisant Google Street View pour ne pas se déplacer pour rien.

Un travail de fourmi, « d’archéologues » du hip hop qui est à saluer.

 

Photo by Glen E. Friedman
Photo by Glen E. Friedman
Photo by Michael Ochs