PLUS DE 50 ANS QUE LES BLOCS EXISTENT. FAF LARAGE (ACCOMPAGNÉ DE SÉBASTIEN DAMIANI) RACONTE L’HISTOIRE DU SIEN.

 

 

 

Ceux qui ont grandi ou vivent encore en banlieue ont déjà vu une barre de cité s’écrouler sous les charges explosives. Dans certains cas, il s’agissait peut-être de notre propre immeuble. Qu’on le veuille ou non, voir ce tas de béton disparaitre, c’est voir un pan de notre histoire qui s’efface. Notre enfance, la vie de nos parents et de notre famille etc. Partout en France et particulièrement dans les grandes villes, la banlieue a traversé les années avec des visages différents. De l’urbanisme à outrance dans les années 70 pour loger les ouvriers aux abords des métropoles aux différents heurts avec la police de notre époque, en passant par les successions de vagues migratoires. Quoi qu’il en soit, les cités et les banlieues se sont fait happer par la pauvreté pendant près de 50 ans et les autorités n’ont pas su ou voulu les aider.

C’est le thème qu’ont voulu nous narrer Faf Larage et Sébastien Damiani avec le morceau « Bloc B » à travers la voix d’un immeuble sur le point de se faire sauter. A quelques minutes de sa mort, il se remémore toutes ces années où il a vu évoluer le quartier et ses habitants. Et selon lui, les choses se sont compliquées au fur et à mesure même si les bons souvenirs sont nombreux. Comme on le devine, l’immeuble en question existait et il semblerait que ce soit celui de l’enfance de Faf Larage dans la cité de Air Bel à Marseille. C’est sûrement la véritable démolition de la tour de béton qui a poussé le rappeur à écrire le morceau, submergé de nostalgie.

Après avoir fait une parenthèse pour remercier et soutenir les héros qui luttent contre l’épidémie du covid-19, le duo reprend le cap avec « Bloc B » qui un extrait du premier de leurs 3 volumes d’instrumentaux et de storytelling inédits rangés sous le nom de « Music Factory ».