Rappelez-vous, il est plus de 19h en France et déjà plusieurs milliers de supporters sont dans les rues et convergent vers le rond point des Champs Élysées pour célébrer la victoire des Bleus en finale de la coupe du monde de football. Ça crie, ça chante, les couleurs tricolores sont de sortie. Mais voilà, comme d’habitude, plus le temps passe et plus l’euphorie laisse place à la casse et aux confrontations avec les forces de l’ordre. Ce qui se passe aujourd’hui avec le mouvement des gilets jaunes chaque samedi.

C’est dans ce cadre que Chevalien a choisi de tourner son dernier clip « Bleu Blanc Blood ». Parmi la foule, assis sur une voiture retournée ou dans les fumées lacrymogènes, l’inventeur de la « Bath Music » entonne ses rimes, vêtu dans des tons de circonstance, avec une couleur de cheveux à la Griezman mais avec des chaussettes et des chaussures immaculées de peinture d’un rouge sang.

Car est là toute la contradiction de la célébration de nos couleurs. Dans un espace temporel très court, nous pouvons passer de la ferveur à la violence, de l’euphorie au chaos, du vivre ensemble au chacun pour soi. Un environnement instable où peut se mouvoir facilement le rappeur tourangeau. Son style est toujours aussi spécial, mystérieux et pesant. Bien assez pour nous déboussoler une fois de plus. D’ailleurs, on ne sait pas si ses larmes en fin de vidéo sont provoquées par de la tristesse ou par les gaz.

« Bleu Blanc Blood » est annonciateur d’un album pour 2019, quelques mois après son mini-album « Sunderground ».

 

Vous pouvez vous le procurer sur les plateformes habituelles.