Le terrorisme à travers le monde fait les dégâts que l’on connait depuis plusieurs années. C’est un fait et même une société comme la France doit y faire face d’une manière récurrente. Les autorités bien sûr mais aussi de nombreuses familles qui sont confrontées à des situations où leurs propres membres décident de rejoindre les rangs des organisations terroristes. Même si ces situations sont les résultantes de faits sociaux, politiques et religieux, peu de rappeurs vont finalement piocher dans ce vivier d’inspirations. Pas par peur ni effet de mode mais le sujet reste délicat et il faut dire que les médias nous inondent déjà bien assez au quotidien.

Le rappeur Taipan a décidé de mettre les pieds dans le plat avec « Fichier S » en s’arrêtant plus particulièrement sur ce mécanisme qui pousse certains ressortissants français à s’enrôler au sein des organisations terroristes. A travers une lettre du jeune Kevin adressée à sa mère, Taipan décrit le parcours d’un jeune homme qui perd pied progressivement et qui se laisse attirer par les idées extrémistes au point de rejoindre les rangs militaires de Daesh. D’abord fier de ses actes en publiant notamment des photos sur les réseaux sociaux, Kevin réalise peu à peu l’enfer dans lequel il s’est embarqué et finit par rentrer retrouver sa mère. Mais à son arrivée en France, il se fait arrêter par la police qui l’envoie en prison. Prison dans laquelle il fait la rencontre de recruteurs.

Si le ton se veut « léger » avec des paroles comme « La bonne nouvelle c’est que je vais faire du sport. », « Y’a plus d’activités ici qu’à la MJC en bas de la tess » ou encore « J’ai 80 likes sur ma dernière photo de profile, c’est cool, j’ai grave la pêche », c’est parce que Taipan veut juste décrire un résonnement des plus simple et direct et non pas philosophique. Chaque être humain peut basculer sous la pression du quotidien (pauvreté, pression sociale, rejet des autres, aliénation par les médias et les réseaux sociaux etc.) et pour les plus jeunes, n’avoir pas conscience de la gravité de leurs actes (Kevin parle de « s’inscrire chez Daesh »).

Taipan ne souhaite pas relancer la polémique. Il nous délivre juste sa vision de l’enrôlement et la récupération qui peuvent toucher chacun d’entre nous.

 

 

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