ÉPISODE 1 : METHOD MAN & REDMAN @ WANDERLUST

 

Et tout cela débarque sur 90bpm.com, si Maati Benjelloun l’avait prédit, Paco Rabanne trônerait dans ton salon. Fraichement débarqué de sa medina natale de Casabancal situé dans un Royaume enchanté, Maati (se prononce Maté) n’a rien à voir avec une tasse sud-américaine qui ferait passé Angel Di Maria pour Robinson Crusoé. Le hasard des rencontres c’est que des éditeurs combatifs croisent des chroniqueurs sous pseudo et bonne étoile pour te relater des ambiances urbaines sous toutes leurs hautes coutures. « T’as prévu quoi ce week end ? » « Je n’ose pas te le dire. ». C’est beaucoup trop ghetto pour être avouable dès la 1ère semaine, mais tu finis par dire fièrement et non sans dissimuler un sourire malinois originaire de Staten Island « Je vais voir Method Man & Redman dans un endroit mal famé ! ». Le tour est joué, l’affaire est dans le sac, le sac est sur le dos, t’es mandaté pour jouer les reporter de guerre.

Bien entendu, t’as essayé d’engrainer une collègue, mais c’était peine perdue. Il n’y a finalement plus que toi sur terre pour creuser les derniers retranchements énergétiques du cadre moyen beriziani. Un héritage casabancli porté haut et fier en étendard et popularisé par Lorie dans « C’est le week end ! ». Tu sors de chez toi, sapé comme jamais parce que jamais personne n’ose s’habiller comme ça que l’on sache, et …merde, t’avais oublié un rendez-vous avec un pote de longue date. Ok tu bifurques, direction les petites rues des Grands Boulevards, tu t’attends à une ambiance pintée dans un de ces sports-bar à la mode australienne. Faux. Tu te retrouves dans l’antichambre de l’Opéra entouré de costards congolais sur petits blancs du 78. Tu survis, car la vodka redbull te fait sourire et te conditionne pour la suite. Franche rigolade avec le toulali Moulay Ismail en se remémorant des histoires de saut à la perche, sans matelas, dans une piscine à débordement.

Tu pensais arriver avant minuit, tu ravaleras ton ambition. Mais t’es chaud patate en paillotte en arrivant au Wanderlust mais tu demandes ton chemin parce que ton côté « arr3obi » n’a jamais disparu. Et là c’est la tuile, le molosse sécurisant t’interdit l’accès à la liste VIP, t’es censé être dessus, oui tu es bien déçu. La queue publique te ramène presque jusqu’à la gare d’Austerlitz, que faire Marie-Claire ? Le vice bien sûr ! Tu t’approches d’un type swaggé en passe de rentrer et d’un aplomb bien de chez nous lui assène « Mec, tu veux rentrer gratuit ? Fait moi passé avec vous ». Les portes du bonheur s’ouvrent, et tu découvres deux futurs copains et une nana déjantée sans même t’apercevoir que tu seras encore en train de triper avec eux dans 24h. Le quatuor se forme, rentre « finger in the noise » non sans snobisme en annonçant ton blaze pré-déposé sur le papyrusse sacré.

BOOM. Ambiance de feu, la terrasse post moderne sur les quais de Seine se chauffe et se déhanche. Bien heureux qui comme Maati prefère ça à un Zénith à moitié vide. La pression monte devant le DJ prétextant la pause drogue des 2 artistes pour balancer du son. Le temps de boire un peu de potion, tu sens que tes idoles ne sont pas loin. Method Man jeune néophyte, c’est le membre fondateur du Wu Tang Clan le plus charismatique. Son acolyte Redman n’est plus ni moins qu’un Andy Warhol du hip hop new-yorkais aux talents obscurs et au sourire magique du à la verdure de sa consommation.

Le pavillon est full, plus que blindé. Tu te fraie un chemin de traverse pour tenter de te placer aux 1ère loges. Les artistes sont annoncés, le publique de braise s’enflamme d’un coup d’un seul comme on déverserait du napalm sur un barbecue en pleine kermesse. Très rapidement, ton concert se transforme en finale du Top 14 ou les 30 messieurs et dames se mêlent en cœur pour sauter sur des rythmiques écoutées en boucle dans les années 2000.

Car si le duo n’a jamais réellement quitté la scène hip hop américaine, et malgré un excellent album intitulé « Meth Lab » sorti en 2016, Method Man et Redman forme bel et bien un duo d’anciens connus et reconnus de tous. Des personnages générationnels en somme. Les classiques s’enchainent, le publique crie « Wu Tang, Wu Tang » à tue-tête en l’air, et Method Man de se mouiller « Next Time, i will bring you all the Wu Tang Clan ! ». On t’attend au tournant. Redman se jettera dans la foule tel un rocker. Method Man économisera son français avec des « Ca va ? » d’extraterrestre venu en paix avant de rendre hommage à feu son ami ODB. Those niggaz love Paris, et Paris vous aime les gars. Extraits du 36th Chambers, How High 1 & Da Rockwilder, Y.O.U. … Maati Benjelloun en a pris plein la gueule et ses mirettes pour pas un sou.

Au bout d’une heure, t’es tellement en phase avec tes dieux que t’as à peine remarqué la mauvaise qualité du son laissant entendre l’absence totale de balance et d’ingé son digne de ce nom. Qu’à cela tienne, à la tienne aussi, la soirée bat son plein dans ton cœur d’adulescent. Le mode jolly jumper est enclenché par tous les massive de la place. Certains repartirons mouillés, l’américain est généreux en Cristalline. Tu rapporteras quelques vidéos de piètre qualité, aucun tweet ni post pour prouver quoi que ce soit, tu ne saurais même pas comment enclencher le fameux live Facebook sur ton nouveau smartphone européen. Satisfait au plus haut point, tu te délectes ensuite d’une sélection rap français rare et qualitative fournie par DJ James pour t’amener jusqu’au lever du jour.

Merci La Rafinerie, Merci le Wanderlust, Merci M. Meth et smily Redman, Merci 90BPM pour ces grands souvenirs de gosses. Il y avait match ce soir ? RAF.

Maati Benjelloun

 

 

 

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