« La destinée d’un être vivant et conscient est déterminée par la totalité de ses actions passées, de ses vies antérieures », c’est la définition du karma. Ce karma qui est clairement en faveur de Chilla depuis près d’un an. Depuis ses premiers morceaux à succès, la rappeuse connait un parcours fulgurant mais surtout pas précipité. En effet, pour en arriver là, Chilla a pris son temps, a fait preuve d’humilité, a constamment soif d’apprendre les cordons du métiers et ne demande qu’à parfaire sa musique.

Du coup, son premier EP du même nom est sorti en novembre dernier et constitue la carte de visite d’une artiste dont la progression ne cesse de croitre. On a eu le plaisir de la rencontrer à une semaine de son passage à Mains d’Oeuvres du coté de Saint Ouen.

 

CHILLA : LE (TRÈS) BON KARMA

 

L’INTERVIEW

 

Ton EP « Karma » est sorti il y a 6 mois quasiment jour pour jour. Quel premier bilan en tires-tu ?

6 mois très chargés tant en émotions qu’en termes de planning. C’est vrai qu’aujourd’hui je peux prendre un peu de recul car quand les choses s’enchainent, on a la tête dans le guidon et on a du mal à réaliser ce qui nous arrive. Ça a été 6 mois de découverte, découverte de la promo, l’apprentissage de gérer une exposition plus grande, la découverte des retours aussi de la part des gens, qui dans l’ensemble ont été vraiment positifs, la découverte des tournées etc. J’ai beaucoup appris car c’était 6 mois de premières fois. Du coup, cela m’a mis plus à l’aise dans la création de mes projets à venir.

C’est assez fulgurant comme parcours.

C’est vrai que tout est allé très vite et que les médias ont été très réactifs et très intéressés par mon profile. Mais ce n’est pas comme si j’étais passée 6 fois par jour en rotation en radio ou que mes clips étaient diffusés 10 fois par jour en télé. Mes titres ne sont pas forcément grand public et on n’a pas connu de buzz qui nous aurait échappé.

 

« Mon producteur Tefa m’a toujours dit qu’il fallait prendre notre temps … qu’on n’était pas là pour faire un tube tout pété … pour disparaitre derrière. »

 

C’est pas plus mal car ce genre de buzz retombe assez vite.

Oui exactement. Mon producteur Tefa m’a toujours dit qu’il fallait prendre notre temps pour installer mon univers et pour m’imposer dans le milieu, qu’on n’était pas là pour faire qu’un tube tout pété pendant un an pour disparaitre derrière. C’est pour cela que j’étais étonnée qu’il y ait autant de choses pour le premier projet. Je me suis même demandé si tout n’allait pas trop vite. Maintenant que la promo s’est un peu calmée, je me rend compte que j’ai encore du temps avant d’arriver à maturité pour assumer la suite.

En termes de plébiscite, il y a évidemment cette pub pour Apple pour laquelle tu as composé le titre « Dans Ma Ville ». Tu peux nous raconter l’histoire de ce projet et ton ressentis ?

Avec mon premier projet que j’estime très jeune et très naïf avec quelques petites imperfections, je n’imaginais pas que mon univers pouvait intéresser une grande marque. Je suis encore au tout début de mon aventure. On a juste reçu un mail un jour de la part d’une agence de production, dont le réalisateur était Axel Morin, qui nous a proposé de représenter Lyon sur les 3 villes prévues pour la campagne (avec Paris et Marseille). J’ai été impressionnée de voir qu’on venait me chercher pour ce que j’étais. J’étais ébahie et je ne pensais pas être assez mure pour assumer ce genre de campagne. Et puis en discutant avec eux, il s’avère que le projet m’a parlé tout de suite. Il s’agissait pour moi d’écrire un morceau qui parle de Lyon dont 30 secondes exploitables en vidéo sur iPhone. Je leur ai envoyé le morceau en 24h. Ils ont tout de suite aimé et m’ont juste demandé de modifier à peine deux phrases car j’étais un peu trop dans la discrétion au départ. C’était génial car j’ai eu toute la liberté qu’une artiste peut espérer dans ce cas de figure. On est donc allés tourné le titre à Lyon sur iPhone et j’ai trouvé ça super ludique. C’était assez gratifiant pour moi car j’ai dû enregistrer moi-même mes voix sur smartphone alors que ce n’est pas mon métier à la base. Ce fût 3 semaines assez intenses.

Le résultat est réussi et l’exposition énorme.

Je ne pensais pas que la campagne allait être de cette envergure. Je pensais que cela allait se limiter à une banderole sur Youtube de temps en temps mais je n’imaginais pas que j’allais passer à la télé. Du coup, on a eu de très bons retours. Ça a été une expérience formidable car à aucun moment je ne me suis sentie oppressée, à aucun moment je me suis sentie obligée de faire les choses. Et au final, le résultat est magnifique. Axel Morin est un réalisateur incroyable.

 

 

Autre événement, ton apparition aux Molières 2018.

C’est Zabou Breitman qui m’a contacté après m’avoir découvert sur France 2. Elle avait aimé mes morceaux « Sale Chienne » et « Si J’étais Un Homme ». Elle avait été aussi touchée par mon univers et mon coté sauvage. Elle voulait donner un coup de peps à cette cérémonie qui peut paraitre trop classique en me demandant de l’aider à l’ouverture afin de détendre l’atmosphère d’entrée. Elle m’a demandé de rapper l’Alexandrin du Monologue d’Hermione dans le « Andromaque » de Racine pour montrer qu’il n’y a qu’un pont entre les arts finalement.

L’association rap et théâtre est pour le coup inattendu.

Je t’avoue qu’au début j’étais un peu perplexe, je ne savais pas comment me situer par rapport au théâtre qui n’est pas l’art qui m’attire le plus. En fait, j’ai rencontré Zabou qui est une personne extraordinaire, très ouverte, très bienveillante, qui m’a mis en confiance en me proposant de faire quelque chose au second degré et en m’assurant que les alexandrins étaient simples à interpréter. Bref, ce projet a été pour moi une expérience humaine avant tout. Et encore une fois, on est venu me chercher pour me proposer quelque chose. C’était encore très valorisant.

 

 

Parlons de ton avenir proche. Tu seras à Mains d’Oeuvres le 22 juin, puis dans plusieurs festival cet été. Ta formule live a – t’elle évoluée depuis tes débuts ?

Pour moi, la scène reste un exercice encore récent puisque cela fait un an que j’ai fait mes premiers concerts. C’est depuis le début d’année que je suis vraiment partie en tournée pour présenter l’EP. Ces 6 derniers mois, j’ai pris beaucoup de confiance et j’échange vraiment avec le public. Mon objectif est qu’il ressente les messages que le lui transmet. Pour le moment, je tourne avec mon DJ mais j’ai bien l’intention de rendre le show plus acoustique et organique dans l’avenir avec des musiciens. Pour l’instant, mes sets sont très hip hop, le coté organique pourrait élargir mon éventail musical.

Tu vas ensuite enchainer avec les festivals, dont les Francofolies. Comment tu les appréhendes ?

Les Francos c’est particulier car cela rentre dans le cadre du projet « Proses » de Issam Krimi (ndlr : le créateur de Hip Hop Symphonique et du Mouv’ Live Show) avec qui j’avais déjà collaboré. Je serai aux cotés d’un quatuor classique et de Dtweezer. Ensemble nous allons reprendre certains de nos morceaux et dans les intervalles, on parlera d’œuvres littéraires qui nous ont touchés. Pour cette partie, je serai aux cotés de S.Pri Noir. C’est quelque chose qui me parle vu que j’ai débuté très jeune au violon.

Et si on va plus loin dans l’année niveau concerts ?

Je recommencerai à tourner à partir de septembre et avec « Proses » je viendrai à l’Institut du Monde Arabe à Paris en novembre. Plein de petites dates que vous pourrez consulter sur les pages.

Et au niveau des prods ?

Je suis en train de bosser sur des maquettes. J’espère que tout va se déclencher rapidement car nous sommes dans une époque où les artistes doivent être productifs. Mais je veux m’assurer de faire de la qualité. J’espère sortir quelque chose avant 2019 ou au pire début 2019. Il y aura une petite actualité dans les prochaines semaines et peut-être un nouveau titre à la rentrée scolaire. Mais je ne peux pas en dire plus.

Merci pour toutes ces infos et cette interview. On a largement dépassé le temps imparti et tu as fait preuve d’une grande disponibilité.

C’est moi qui vous remercie.

 

 

Retrouvez Chilla en concert le 22 juin à Mains d’Oeuvres (Saint Ouen).

CHILLA : LE (TRÈS) BON KARMA

 

L’EP « Karma » est quant à lui toujours disponible en streaming et à l’achat sur l’ensemble des plateformes.

 

CHILLA : LE (TRÈS) BON KARMA

TRACKLISTING :

01. Si J’étais Un Homme
02. Aller Sans Retour
03. Trouble
04. Millionnaire (feat. Sofiane)
05. Moral
06. Sale Chienne
07. Je Viens de Nulle Part
08. Tant Pis
09. Carpe Diem
10. Chico

Suther Kane (sous licence exclusive chez Millenium / Capitol) – Novembre 2017

 

 

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