Décidément, Marseille ne cesse de remplir nos colonnes en ce moment. C’est bien normal, en musique, les DJ Djel, CM Jones, Chinese Man, La Méthode (interview prochainement) et autres Shurik’n occupent le devant de la scène cette année. Cette fois-ci, nous allons nous intéresser à un autre art, le 7ème avec la rencontre avec la réalisatrice Bania Medjbar, pure enfant des quartiers nord de la cité phocéenne.

C’est donc là que se déroule l’intrigue de son nouveau film « Le Crime Des Anges » dont la cinéaste, également directrice de casting, vient de terminer le tournage cet été, en mode guérilla, comme Pascal Tessaud avec son film « Brooklyn ». Un art de la débrouille qui s’est imposé à elle et qui finalement rejoint ses valeurs de solidarité, d’engagement, de tolérance et d’authenticité.

Bien que « Le Crime Des Anges » s’annonce comme une perle, le travail n’est pas terminé et Bania Medjbar sollicite aujourd’hui notre soutien par le biais d’une campagne de crowdfunding visant à assurer le montage du film.

On a eu le plaisir de rencontrer cette grande dame du cinéma indépendant qui nous parle de son premier long métrage.

 

LE "CRIME DES ANGES" DE BANIA MEDJBAR : UN MEILLEUR CIEL DANS LES CITÉS

 

L’INTERVIEW

 

Bonjour Bania. Peux-tu te présenter ?

Je suis réalisatrice et j’ai un autre métier : directrice de casting. Je suis née en 62 dans les quartiers nord de Marseille. J’ai grandi dans un milieu populaire dans une très belle cité. J’ai fait des études et ensuite j’ai travaillé dans l’éducation pendant six années, mais ma passion pour le cinéma était trop forte, j’ai changé de direction en faisant une école de cinéma à Toulon. Et depuis je travaille sur des plateaux de cinéma. En parallèle, j’ai démarré mon apprentissage de réalisatrice en 1996 avec des films documentaires et des courts métrages.

Tu as grandi où à Marseille ?

J’ai grandi dans les quartiers Picon – Busserine.

Quand on est comme toi d’origine kabyle de milieu ouvrier, j’imagine qu’il n’y avait pas beaucoup de modèle de réalisateurs autour de toi ? Comment vient-on au cinéma dans ce contexte ?

Moi mon premier modèle c’était François Truffaut. Il n’habitait pas mon quartier ! (rires) Mais comme j’avais des insomnies et que mes parents m’autorisaient à regarder la télévision le soir, j’étais une fan du « Cinéma de Minuit ». Je me suis formée au cinéma dès l’âge de 10-12 ans devant la télévision vers minuit. Le vendredi soir et le dimanche soir. Effectivement je n’avais pas de modèles vivants mais la télévision était une fenêtre sur le monde, et dans le monde il y avait le cinéma.

Et tu t’es dit à 12 ans : « c’est ce que je veux faire » ?

Quand j’ai vu « Les Quatre Cents Coups » de Truffaut, je me suis dit, c’est un medium qui me parle ! Ça a été le premier déclic.

Regardais-tu les premiers films de fiction tournés en banlieue comme « Le Thé Au Harem d’Archimède » de Mehdi Charef ou « Hexagone » de Malik Chibane ? Les premiers maghrébins à tourner des films en France dès la fin des années 80 ?

J’ai adoré le film de Mehdi (Charef). Il était tellement juste sur notre génération que je m’y suis identifiée. J’avais 23-24 ans, il parlait des jeunes comme nous. Je reconnaissais mes potes à l’écran. Mais moi c’est vraiment le Cinéma de Minuit qui m’a donné envie : Fellini, Pasolini, Ettore Scola, Truffaut, Cassavetes, Renoir, Fritz Lang, Pialat, le jeune cinéma indépendant américain, moins les films français je dois l’avouer.

Quel a été ton premier geste de cinéma ?

Au sortir de l’école en 1989, j’ai voulu faire un film toute seule et j’ai pris une caméra familiale, j’ai tourné un petit court métrage « le Pitchoun » pour un concours de la ville de Marseille. Et j’ai gagné le Grand prix (rires) face à des cadors du cinéma qui avaient de grosses caméras Betacam. C’est le cinéaste marseillais Paul Carpita « le rendez-vous des Quais » qui m’a remis ce prix.

C’est l’histoire d’un enfant riche de 5 ans qui s’ennuie, fugue et prend un bus. Il se perd dans un quartier pauvre mais joyeux. Il fait la rencontre d’ados qui lui font vivre la fête de quartier.

Ta famille te laissait aller dans cette direction sans problème ?

Lorsque j’ai pris la décision de me diriger vers le cinéma, j’étais déjà adulte. Rien ne pouvait m’arrêter. Mais quand je vivais chez mes parents, je ne parlais pas de cette passion. Je prenais des cours de cinéma par correspondance en cachette. Personne ne le savait ! Je le faisais le soir après le boulot.

Quelle a été ta rencontre avec le cinéma dit urbain ou de banlieue ?

J’ai rencontré Jean Pierre Thorn sur le tournage de « Je t’Ai Dans La Peau » sur lequel j’étais stagiaire. Un an plus tard, il m’appelle pour être assistante monteuse à Paris. Et je suis devenue ensuite son assistante réalisatrice sur tous ces films urbains tournés à Lyon jusqu’en 94. Il m’a appris beaucoup de choses.

 

« Chaque fois que j’écris, je reviens sur mon terreau de création : le monde de l’enfance … Mes personnages sont issus de ce monde, de mon enfance. »

 

On se rappelle de ses documentaires « Faire Kiffer Les Anges » et « On Est Pas Des Marques De Vélo » sur la danse hip hop. Quand on découvre tes courts métrages « Impressions De Voyage », « Quand Le Vent Tisse Les Fleurs » et « Des Enfants Dans Les Arbres », ils sont tous tournés dans la rue à Marseille. Pourquoi ?

(rires) Si je fais des films, il faut qu’ils me soient nécessaires. Chaque fois que j’écris, je reviens sur mon terreau de création : le monde de l’enfance. Accéder à une forme d’innocence. C’est ma conception de l’art. Mon décor, mes personnages sont issus de ce monde, de mon enfance. J’ai grandi dans la cité en bas de chez moi, j’ai du mal à faire des films qui se passent à l’intérieur. On vivait tous à l’extérieur. On était en sécurité. Le soleil, du monde, la collectivité. J’aime donc beaucoup tourner en extérieur en lumière naturelle.

Peux tu nous présenter l’histoire de ton premier long métrage « Le Crime Des Anges » ?

C’est l’histoire d’Akim, 25 ans, d’une famille maghrébine dans le quartier de la Busserine, dans les quartiers nord. Un peu oisif, il est en conflit avec sa grande sœur Nadia, 35 ans, écrivaine publique dans la cité. Ils n’ont pas les mêmes conceptions de la société. Deux systèmes de valeurs se confrontent. Akim n’adhère pas aux valeurs de la République parce qu’il n’y croit plus en fait. Nadia, elle, ne déclame que ces valeurs. Leur conflit conduit à la rupture. On suit ses deux personnages. Chacun devra changer, bouger pour grandir.

 

« Dans les cités … ils veulent tous avoir un meilleur ciel … je pense que le ciel de départ est plus sombre dans les cités populaires que dans le reste du pays. »

 

Pourquoi avoir choisi un titre si dramatique « Le Crime Des Anges » ?

Ça vient d’une phrase de Fernando Pessoa que j’aime beaucoup qui dit « le crime des anges, c’est d’avoir voulu un meilleur ciel ». Il parlait des artistes, des créateurs. Dans les cités, c’est la même chose, ils veulent tous avoir un meilleur ciel, comme si le ciel de départ était sombre. Sans être dans la victimisation ni le misérabilisme, je pense que le ciel de départ est plus sombre dans les cités populaires que dans le reste du pays.

Dans le film tu abordes les réseaux de la drogue des quartiers nord ?

Je ne fais pas un film sur le deal mais sur le glissement de la petite délinquance au banditisme. Pour moi un jeune de cité a plus de chances qu’un autre jeune de la ville de tomber dans les bras des réseaux ou des intégristes. Bien entendu, Il y en a beaucoup qui font des études, qui sont brillants et qui arrivent à s’en sortir, comme cette Nadia. Mais il y a quand même pas mal de jeunes, malheureusement, qui, parce qu’ils ne trouvent rien, aucun avenir à leur vie, n’arrivant pas à se projeter à 3 semaines, tombent dans les bras du banditisme. Au départ pour des petites sommes, puis pour prendre du pouvoir, se sentir exister, ne plus être un looser de la société, ils trouvent une place dans ces réseaux, malheureusement, ces places n’amènent pas loin. C’est soit la prison, soit la mort.

Donc ton film est un cri de colère ?

Je ne sais pas si c’est un cri de colère, c’est juste ma vérité. Beaucoup de militants parlent de ce problème, ils ont raison. Moi je le fais en cinéma. ça fait longtemps que j’ai commencé ce projet, je ne l’ai jamais lâché. Il faut prendre des dispositions. Il faut faire quelque chose pour ces jeunes.

Pourquoi avoir choisi l’autoproduction ? Par défaut ou par envie de liberté ?

Quand j’ai essayé de le faire dans le système, on me demandait de changer énormément de choses. Pour répondre à une demande, à une vision de ces lieux-là, de ces gens-là. Et moi je n’y arrivais pas. Moi j’aime la complexité des êtres. Dans « Le Crime Des Anges » il y a beaucoup d’humour aussi. C’est tout le paradoxe de la vie. Il ne faut pas juger définitivement ces personnes, les condamner comme le mal absolu mais essayer de les comprendre en somme, voir leurs failles. Moi ce qui m’intéresse c’est le réel et ses complexités. Comme je ne rentrais pas dans les bonnes cases, à un moment donné j’ai dévissé !

Donc tourner en mode cinéma guérilla, ce n’était pas ton envie de départ ?

Ah non, je ne voulais pas du tout ! (rires) Quand je faisais des documentaires, c’était de la guérilla, mais ça n’avait rien à voir, en terme d’énergie, d’argent, de mobilisation, de temps. C’était pas difficile. Mais le film guérilla tel que je l’ai vu en France avec « Donoma », « Rengaine », « Rue des Cités », « Brooklyn », c’est autre chose. Je ne voulais pas y aller. J’ai vu ce qu’ils ont traversé pour faire leurs films, je me suis dit : jamais je ne ferais ça ! Impossible. Trop de souffrance, trop de sacrifices.

Pourquoi avoir changé d’avis alors ?

Je voulais vraiment faire partie de la « société du cinéma », être acceptée et avoir des financements pour faire mon film comme tout le monde. Il s’avère qu’ils n’ont pas soutenu ce projet. Ce n’est pas un discours victimaire du tout. Ils ont fait leurs choix, moi je fais ce que j’ai à faire.

Le parallèle avec les labels de musique, notamment de rap, est flagrant !

Effectivement, je n’avais pas fait le rapprochement avant. Et je me suis retrouvée malgré moi à la marge et dans le hip hop ! (rires) au niveau de la façon de faire comme le rock’n roll dans les années 60. C’est un film street et libre !

 

LE "CRIME DES ANGES" DE BANIA MEDJBAR : UN MEILLEUR CIEL DANS LES CITÉS

 

Dans ton film, il y a beaucoup de jeunes qui n’avaient jamais joué dans un long métrage. Le cinéma guérilla, c’est aussi ça : ouvrir des portes à des débutants ?

A un moment il faut être cohérent, on fait un cinéma dans la rue. Il faut aller prendre des gens dans la rue. Ils sont jeunes, ils sont des quartiers. J’ai craqué pour eux. Je les trouvais sublimes. Et je ne voyais pas pourquoi j’allais chercher des acteurs ailleurs.

Peux-tu présenter ton casting ?

Le personnage principal Akim est joué par Youcef Aghal. Il a grandi dans la cité de la Busserine, là où j’ai grandi (rires). Il veut être comédien et réalisateur. C’est la première fois qu’il porte un premier rôle sur ses épaules. C’était extrêmement jubilatoire de « cueillir la fleur », de travailler ensemble comme des alliés, à infuser un personnage pendant plusieurs mois. C’était formidable ! Il a une palette de jeu incroyable. L’équipe me disait : « mais c’est James Dean ! » et lui il ne connaissait pas James Dean. C’est le crime des Anges.

 

LE "CRIME DES ANGES" DE BANIA MEDJBAR : UN MEILLEUR CIEL DANS LES CITÉS

 

Il y a d’autres jeunes autour de lui : Daouda Danarir, Hamza Bagghour, Elia Frehia et Saaphyra, deux jeunes rappeurs marseillais. Le personnage féminin est interprété par Ysmahane Yaqini, qui est une grande comédienne de théâtre (Compagnie Irina Brook etc) à Paris. Elle incarne vraiment bien le personnage de Nadia. C’est son premier rôle principal sur un long métrage. Ça va être une révélation. Il y a également de très bons comédiens, Frank Libert, Jean-Jérôme Esposito, Fred Restagno, Mike Nguyen et Moussa Maaskri (Bye Bye, La French, Malavita, L’immortel, Deux frères, A bout portant etc.). Ce dernier est un très grand comédien qui a grandi lui aussi dans le même quartier que moi. On se connaît depuis qu’on a 20 ans. Il joue le rôle du grand bandit. Un très beau rôle à jouer. Moussa avait joué dans mon premier court métrage « Quand le vent tisse les fleurs » (sélectionné à la quinzaine des réalisateur au Festival de Cannes), on a tous les deux des choses à dire sur Marseille.

 

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Et tous les gens sont bénévoles sur ce film ?

Tout le monde. Toutes les associations que je connais m’ont aidé. Elles m’ont prêté un bureau pour tourner, un camion. Ça a été une grosse solidarité marseillaise. 44 comédiens ! Dont la moitié des quartiers.

C’est un véritable péplum ! (rires)

Non un film collectif. Avec dix professionnels du cinéma, formidables et talentueux, qui ont donné de leur temps et de leur énergie sans contrepartie pour que ce film existe. Tous les prestataires du cinéma de ma région m’ont également soutenu.

 

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Tu as un gros soutien pour la composition du Score du film !

Oui, j’ai la chance d’avoir le soutien précieux d’Imhotep, le beatmaker d’IAM. On s’est rencontrés, on a le même âge, la même vision du monde et on partage exactement la même philosophie. D’ailleurs, Imhotep vit toujours dans les quartiers nord. C’est une personne digne, engagée, discrète et talentueuse. J’ai été étonnée qu’il accepte de faire la musique de mon film sans moyen, je n’aurai même pas osé lui demander. Il n’a pas réfléchi longtemps, il avait aimé mes courts métrages. Pour un marseillais, IAM, ce sont des légendes vivantes, donc l’avoir à mes côtés, c’est incroyable !

Comment vas-tu travailler avec lui ?

Il va me faire des propositions libres avec des beats hip hop et Je lui ai fait écouter des musiques classiques, car j’aime beaucoup le classique. On n’a pas encore défini la façon de travailler dans la mesure, où, en ce moment, il est occupé à enregistrer l’album d’IAM, mais pour l’instant ça se passe très bien.

 

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C’est pas un peu risqué de tourner en sauvage avec des Kalachnikov dans les rues, sans aucune autorisation en plein état d’urgence ?

Je ne voyais pas ce risque moi. J’ai tourné dans un hôpital qui était sous vigipirate, en cachette avec des Kalachnikov et des pistolets, mais c’était des faux hein ? Mais ils ressemblaient vraiment au vrai ! (rires) Moi je n’avais pas peur d’aller en prison, j’étais prête à le faire.

Et pourquoi ?

Parce que pour moi la prison c’est rien à côté d’un film guérilla ! (rires) Je me suis dit : Je vais faire dix jours !

Tu étais vraiment déterminée !

Guérilla, j’ai compris que c’était à tous les niveaux. C’est un état d’esprit. Si tu es gêné, frileux, tu restes chez toi! C’est la guerre réellement! Artistiquement j’entends. J’avais mal au ventre. Mais en fait je me suis aperçue que j’étais plus malade de ne pas tourner ce film (j’avais fait comme un ulcère) que quand je l’ai tourné. J’ai transformé la douleur en énergie du « Faire ».

 

« C’est dans ce vide (socio – culturel) crée par les institutions que germent la délinquance ou l’intégrisme. »

 

Tu trouves que l’élan de solidarité que tu as connu plus jeune dans les quartiers nord existe toujours ? Ou bien le tissu associatif des quartiers s’abîme et laisse la place à la délinquance ?

Il y a un maire Front National dans les Quartiers nord, là même où j’ai grandi. J’ai l’impression qu’en effet cette accession est le point d’orgue de tout un démantèlement qui a commencé il y a plusieurs années en fait. Lorsque j’étais animatrice éducatrice, on nous donnait vraiment les moyens de travailler pour faire du social. Mitterrand avait compris que les cités allaient exploser. On a crée à l’époque une dizaine d’associations dans nos quartiers. Et tout le monde pouvait faire à son niveau ce qu’il avait à faire. Dès les années 90, les choses ont changé. Et elles sont allées de pire en mal avec Chirac, et Sarkozy laisse tomber ! Et après les années 2000 ça a été terminé. Démantèlement total de tout ce qui est Culture, bibliothèques, soutien scolaire, les sorties. Moi ce sont les sorties qui m’ont ouvert les yeux lorsque j’étais jeune ! Visiter des musées, aller au cinéma. Tout a été démantelé dans le social, on ne leur donne plus les moyens de fonctionner dans les centres sociaux. Il y a quelques permanents, il n’y a plus d’animateurs ! Pas d’emplois. Ce tissu-là a été démantelé, il ne reste plus que des bénévoles qui tiennent à bras le corps, essayent de faire des choses, mais qui, eux-mêmes, sont dans de grosses difficultés. Faire du football, c’est très bien, mais il n’y a plus de choix, plus de culture, plus de social, plus de lien. C’est dans ce vide crée par les institutions que germent la délinquance ou l’intégrisme.

 

« Il faut du dialogue, de la prévention, de la création, des échanges, des projets collectifs. Ici Notre jeunesse meurt en silence. »

 

Faire ce film est donc pour toi une forme de résistance ?

Notre film, c’est une manière de continuer cette chaîne de solidarité du monde associatif, les mamans, les jeunes, les assos, tout le monde nous a soutenu pour que ce projet existe. Ils m’ont dit on va t’aider ! Je raconte leurs histoires aussi. Si ce n’est pas leurs propres fils, c’est le voisin, c’est le cousin, toujours dans un environnement très proche.

En dix ans il y a eu 300 morts en règlements de compte dans nos quartiers. Par rapport à la guerre en Syrie, c’est rien bien sûr, mais pour les familles qui perdent leurs enfants, c’est dramatique. C’est concret. Et les mamans qui jouent dans le film, elles connaissent toutes ça. C’est pour ça qu’elles et les jeunes ont voulu faire ce film avec nous. Cette population est totalement abandonnée par les pouvoirs publics. Résoudre ces problèmes exclusivement par la sécurité ne changera pas les problèmes. Il faut du dialogue, de la prévention, de la création, des échanges, des projets collectifs. Ici Notre jeunesse meurt en silence.

Quand sortira le film en salle ?

Je n’ai pas encore fini le film. Nous avons lancé une campagne de crowdfunding sur le site Kisskissbankbank pour aider à financer la post production : Montage, montage son, mixage, étalonnage, DCP. C’est cher de faire un film, même indépendant. J’en appelle donc à toutes les personnes qui ont envie que notre film existe et sorte un jour en salle, nous avons besoin de prolonger cette magnifique chaîne de solidarité qui nous a permis de faire ce film à l’énergie contre vents et marées. C’est important que nous puissions nous-mêmes nous exprimer donc on a aujourd’hui besoin de vous, merci !

Compte sur nous pour soutenir ton beau projet. Merci.

 

Participez à la campagne de crowdfunding de Bania Medjbar et de ses jeunes sur KissKissBankBank pour l’aider à finaliser son film !

 

LE "CRIME DES ANGES" DE BANIA MEDJBAR : UN MEILLEUR CIEL DANS LES CITÉS

 

Suivez également l’évolution du film sur la page Facebook du projet.

 

 

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