Nous avions failli à notre mission l’année dernière lorsqu’il avait fallu soutenir le projet « Brooklyn », le premier long métrage du réalisateur Pascal Tessaud, qui racontait l’histoire d’une jeune rappeuse Suisse qui venait tenter sa chance en France. Le projet ne nous avait bien sûr pas attendu pour sortir dans 50 villes dans le pays et récemment en DVD. Il ne nous avait pas non plus attendu pour remporter un grand succès d’estime auprès d’un public large intéressé par le traité réaliste des histoires du réalisateur.

Alors quand nous avons eu écho du nouveau documentaire « Beatbox, Boom Bap Autour Du Monde », nous avons essayé de saisir le bon train pour soutenir ce nouveau projet de ce passionné et activiste de la culture hip hop. C’est donc avec un plaisir non dissimulé et un grand honneur que nous avons pu rencontrer Pascal Tessaud pour lui poser quelques questions sur son nouveau film.

 

L’INTERVIEW

 

Tout d’abord, revenons sur le film « Brooklyn ». Que retiens – tu de cette aventure ?

Que du bon. On a réussi à fracturer un mur car on n’a pas le droit de faire ce genre de film en France sans argent. On a réussi à monter le projet avec très peu de moyens, sans appui des institutions et on a démontré qu’on pouvait s’organiser à plus de 40 personnes et aller au bout des choses et enfin s’exprimer sérieusement.

Ce que je retiens surtout c’est qu’on a réussi à toucher l’humain. Le film a voyagé dans 40 pays, ce qui est rare même pour un film français financé ! Il nous a permis de rencontrer énormément de gens, de dialoguer et débattre avec eux. En France, lors des débats, les salles étaient pleines. À Paris, on a réussi à franchir le périphérique pour toucher davantage de monde. Dans tous les pays où il a été diffusé, on s’est rendu compte que les gens réagissaient de la même façon au même endroit. C’est là qu’on voit que les codes du hip hop, les codes de la vie de la Cité sont universels. C’est en cela que j’estime que nous avons réussi notre taf.

 

« On a réussi à fracturer un mur car on n’a pas le droit de faire ce genre de film en France sans argent. »

 

Notre pays vit des heures sombres avec la stigmatisation des communautés et de la banlieue. « Brooklyn » est sorti dans ce contexte. Penses-tu que ce fût un bon timing pour passer tes messages ?

Le timing n’était pas choisi car « Brooklyn » a été filmé avant les attentats de novembre 2015. Il y a une forme d’innocence dans « Brooklyn ». Les spectateurs ont kiffé la justesse de l’histoire qui ne raconte que la réalité du quotidien d’une banlieue comme Saint-Denis. Le quotidien de gens qui se respectent, se fréquentent au delà des origines et des religions.

Suite aux attentats du Bataclan, j’ai vu les images des rues de Saint-Denis où j’ai vécu, où j’avais filmé. Cela m’a fait très mal car je connais bien cette ville et ses habitants puisque j’ai été animateur pendant des années là bas, j’y vivais encore il y a peu. Saint-Denis est une ville magnifique. Pour écrire « Brooklyn », j’ai puisé dans ma connaissance du terrain. Beaucoup d’éléments dans le film sont inspirés de ma propre expérience et d’histoires de mes proches. C’est une fiction mais tout est personnel. Mon équipe était majoritairement composée de personnes originaires de la ville. Notre équipe était à l’image du film et de ma philosophie : des personnes de tous horizons, sans oppositions ethnique ou religieuse, dans le partage et l’esprit solidaire. Bref la France mélangée et ouverte que j’aime.

Le film traite d’une utopie oubliée qui vient pour moi de la Culture hip hop. Celle du rire, du désir, du défi, du partage, des valeurs du travail pour s’en sortir, bref de l’humanité. Ce monde n’est pas perdu mais les médias ne veulent pas s’y intéresser. Ils préfèrent traquer les islamistes et faire flipper toute la France. C’est en cela que « Brooklyn » est un acte politique qui montre la réalité invisible de nos quartiers. Je suis fier que mon message a été écouté par beaucoup de français et dans le monde entier. Les gens sont toujours surpris par cette réalité que je montre, si éloignée des caricatures journalistiques.

Il t’a fallu 3 ans pour réaliser ton nouveau documentaire « Beatbox, Boom Bap Autour du Monde ». Cela veut dire que tu l’as conçu en même temps que « Brooklyn » ?

Cela s’est en effet chevauché. J’ai commencé le docu sur le beatbox pendant la post-prod de « Brooklyn ». J’ai beaucoup filmé l’année dernière et j’ai attaqué le montage en pleine promo du long métrage. Ca a été chaud, je n’ai pas beaucoup dormi. Sans parler de l’énorme gymnastique intellectuelle pour gérer les deux projets en même temps.

On connaît ta passion pour la culture hip hop mais pourquoi avoir choisi le beatbox ?

Juste avant « Brooklyn », j’étais allé voir une battle de beatbox à Paris. Moi je connaissais les anciens de la scène et j’ai pris une méchante baffe en découvrant la nouvelle génération. C’était hallucinant le niveau. J’ai retrouvé chez eux l’esprit du hip hop des débuts: le métissage, la passion, la fraicheur, le challenge, le dépassement de soi, le désintéressement. Ça me rappelait le slam du début auquel j’avais consacré un documentaire en 2007. C’est un mouvement très pur qui est loin du hip hop d’aujourd’hui qui part en cacahuète et dont la conscience politique est détruite.

Après les difficultés que tu avais rencontrées avec « Brooklyn », tu n’avais pas peur de retomber dans la galère pour ce nouveau projet ?

Je savais que cela allait être dur. J’en ai parlé à ma productrice Nadège Hasson qui m’a suivi dans cette nouvelle aventure. Mais cela restait un challenge car il n’existait pas de films sur le beatbox jusque là en France depuis 30 ans, ce qui est un scandale. Je suis donc parti en mission.

Comment tu t’y es pris pour démarrer ?

Cela n’a pas été facile. J’ai commencé à me rendre à plusieurs championnats tout seul, à Lyon et à Nantes avec une toute petite caméra, où il n’y avait aucun média. J’ai commencé à créer des liens avec des gens, les filmer, comprendre de l’intérieur leur culture.

Puis je me suis rendu au championnat du monde à Berlin qui a lieu tous les trois ans, où j’ai suivi les Frenchies, et principalement Alem, avec une petite équipe. Et il s’avère qu’ils ont tout déchiré en prenant les premières places dans toutes les catégories ! J’ai eu de la chance !

 

PASCAL TESSAUD : APRÈS « BROOKLYN », COUP DE CŒUR POUR LE BEATBOX

 

Le niveau des Français semble élevé. Où se situe la place de la France dans le monde du beatbox ?

La France est la première nation au monde du beatbox devant les Etats-Unis, qui sont bien sûr les pionniers. Alem, BMG, Underkontrol, Wawad, Efaybee, Kim, Alexinho, ils plaisantent plus du tout ! Dans mon film je montre d’ailleurs le rapport entre la France et les US. Là bas tout est une question de business. Ici, on est plus old school. Le beatbox français reste une discipline de rue. Les beatboxers sont dans un état d’esprit de partage et ne cherchent pas à gagner de l’argent. Evidemment, ils aimeraient en vivre mais ce n’est pas l’objectif premier. Le milieu est petit et tout le monde se connaît et se respecte dans l’underground. Le beatbox est aussi très fort en Allemagne. Il y a beaucoup d’événement autour de çà et c’est beaucoup suivi, notamment sur les réseaux sociaux. Il y a des chaines Youtube qui les retransmettent et qui font des millions de vues ! Le beatbox est une langue universelle qui traverse les frontières. Les nouvelles technologies de communication ont permis à la discipline de se relancer alors qu’elle commençait à dépérir dans les années 2000.

Comment tu expliques alors que le beatbox ne soit pas plus mis en avant ?

Les gens issus de la culture hip hop et qui viennent des quartiers n’accèdent toujours pas aux grands médias. Les décideurs ont des origines plutôt rock et bourgeoises. Il y a encore ce blocage culturel et social dans notre pays où on a encore peur de ce qui vient de banlieue. Je ne comprends toujours pas que mon documentaire soit le premier en 30 ans d’existence du hip hop ! Le Beatbox est pourtant une discipline du hip hop hyper spectaculaire. Aux Etats Unis les mecs sont des rocks stars, ici ils sont ignorés alors qu’ils sont champions du monde…

Pour moi cette culture est celle qui réunit le plus les gens. Le Hip hop est démocratique par essence, il suffit juste d’être bons dans ta discipline pour percer. Pas de piston, un breaker, un graffer, un beatboxer doit tout déchirer pour se faire accepter dans le mouvement. Malheureusement, Les décideurs (labels, radios, TV, producteurs) ne font que récupérer les codes qui leur conviennent, le mauvais coté du rap Game, l’argent facile, la culture du clash et l’absence de conscience politique. Ils rejettent l’essence même de ce mouvement horizontal, collectif, à savoir l’émergence de la rue, C’est comme des videurs de boîtes, il font le tri au faciès à l’entrée. On est toujours dans un mode de pensée pyramidale avec les puissants blancs aisés en haut et le peuple métèque en bas. Quelques-uns sont invités à baffrer avec eux, et c’est souvent pas les plus puristes ni les meilleurs…

Mais les choses peuvent changer grâce à des gens comme toi ?

Pour être franc, je n’en sais rien. Ces décideurs sont encore en place pour un long moment. Ils préfèrent fabriquer des stars dociles qui font gagner du pognon avec des valeurs capitalistes que de mettre des enfants de Malcolm X ou d’Angela Davis en avant. Faut pas trop pousser ! Les messages politiques sont encore bien censurés. On le voit très bien dans le cinéma où si tu es enfant d’ouvriers, que tu veux faire des films réalistes percutants sur la vie des tiens, accroche-toi pour réussir ! La culture française reste un bastion aristocratique poussiéreux.

 

« On est une génération de frustrés à qui ont a claqué trop de portes. On s’exprimera autant de fois qu’on en aura l’occasion. »

 

Vous vous accrochez quand même.

On est une génération de frustrés à qui ont a claqué trop de portes. On s’exprimera autant de fois qu’on en aura l’occasion. Pour ma part, c’est une passion le cinéma, j’ai rien lâché. Je ne pourrai pas m’arrêter malgré les difficultés. Le chemin a été long pour que j’y arrive. J’ai quand même fait mon premier court-métrage à 28 ans à l’époque où le HD n’existait pas. On a tellement été brimés qu’on a un vrai besoin de s’exprimer. On fera comme l’ont fait des artistes de rap indé comme Milk Coffee & Sugar. Ils se sont accrochés et ils ont ouvert des portes. En France on est encore en retard par rapport aux Etats-Unis, la contre-culture là-bas a pris le pouvoir, ici on est jeté dans les orties, pas étonnant que ça parte en couille dans le pays, à force de générer une telle frustration générale, ça pète.

Justement, le beatbox vient des US. Tu es allé là bas pour ton documentaire ?

Oui. Je me suis rendu dans le South Bronx, à New York. Je n’étais jamais allé là bas et je suis resté un mois à NY. J’ai réussi à rencontrer beaucoup de gens dont des pionniers comme Rahzel ou Kenny Muhammad, mais aussi de jeunes artistes comme Kenny Urban, Chris Celiz, Napom. Pour faire du beatbox, tu ne demandes l’autorisation à personne, tu as juste besoin de ta bouche. Aller là où est né le hip Hop, dans les ruines dévastées par la misère et la ségrégation raciale, c’est une belle leçon de vie. Les B-Boys ont rêvé et inventé une Contre-culture avec les moyens du bord. Le beatbox est par essence un art pauvre. Pas de thune pour acheter un instrument, ni payer le conservatoire. Tu beatboxes dans ta rue pour accompagner le MC de ton block. Voilà pourquoi c’était important de filmer dans le Bronx, là où tout est né, là où la frustration a été balayée par une fureur d’exister révolutionnaire : le Hip Hop.

 

PASCAL TESSAUD : APRÈS « BROOKLYN », COUP DE CŒUR POUR LE BEATBOX

 

Comment t’ont – ils reçu ?

Cela ne s’est pas fait facilement. Certains étaient méfiants. Ils te testent ! C’est qui cuilà ? (rires) Il a fallu que je leur explique ma démarche, mon parcours de vie, ma culture hip hop, ce que j’avais fait avant, ce que j’attendais d’eux, leur prouver que je ne voulais pas faire du pognon sur leurs dos. Je filme depuis trois ans en bénévole ! Quand j’ai rencontré Rahzel pour la première fois, nous sommes restés 9 heures à discuter. C’était humainement génial. Il me parlait comme un grand frère. Me racontait sa vie, me donnait même des conseils !

Et ensuite ?

Ensuite, tout a roulé. Rahzel m’a fait visiter les lieux des débuts du hip hop dans le Bronx. Il m’a dit : Pascal, juste ici là est né le Hip Hop avec les premières block parties de DJ Kool Herc et Afrika Bambaata ! J’étais en pèlerinage ! Puis J’étais toujours fourré à Brooklyn à la Beatbox house avec les meilleurs de NewYork, je traînais avec eux tout le temps. On est devenus amis. Ce kiff de faire ce film ensemble je crois que cela se ressent dans le docu.

As-tu rencontré des difficultés ? Notamment pour rencontrer les artistes.

Non pas vraiment. Je n’ai juste pas réussi à choper Doug E Fresh qui est un des pionniers du beatbox. Il ne m’a jamais répondu en deux mois de sollicitation. J’ai tout essayé, même jusqu’à aller dans son fast food à Harlem, il n’y était pas ! Cela ne m’a pas bloqué pour autant puisque j’ai réussi à trouver des images d’archive tirées d’un documentaire Hollandais des années 80. Il y a d’ailleurs pas mal d’images d’archive dans mon film. On lâche rien !
« Brooklyn » fût une bonne école de la pugnacité. Quand tu as un objectif, tu vas au bout !

En règle générale, quel a été ton mode opératoire ? Car avec autant d’images à filmer et autant de personnes à rencontrer, il fallait s’organiser.

Les gens font souvent la confusion entre reportage et documentaire. Faire un docu est un peu plus complexe. Pour moi, c’est du cinéma avec une écriture particulière. J’ai suivi des études de cinéma documentaire à l’université de Nancy et j’ai appliqué les techniques que j’ai apprises. J’ai aussi vu beaucoup de documentaires références (Wiseman, Kramer, Depardon, Klein). J’ai compris qu’il fallait avoir une écriture dramaturgique et un regard subjectif. Ensuite, il faut écrire un traitement, un canevas, une forme de dramaturgie qui laisse de l’espace pour l’inattendu et planifier un récit comme pour une fiction. Et après, tu espères qu’il se passe un truc fort dans la rencontre et je dois dire que j’ai eu de belles surprises. J’ai eu la chance que mon écriture soit en phase avec la réalité. Le cinéma documentaire, c’est filmer une rencontre pas juste des gens comme dans le reportage tv. Quand la rencontre se passe bien, tu tiens ton film.

Et niveau montage, ça s’est passé comment ?

Comme j’avais réussi à respecter à la lettre mon plan, il n’y a eu que des changements mineurs. J’ai eu la chance de monter le film avec Jean Paul Etchegaray qui est un artiste, il a le sens du rythme. Ma matière était tellement belle, riche, il suffisait de la sculpter, de la relier en faisant des passerelles permanentes entre la France et les States. J’ai pu atteindre mes objectifs en concrétisant ce que j’espérais. Les beatboxers sont très généreux, ils donnent à la caméra des moments de grâce, des moments spontanés et quand tu as devant ta caméra les meilleurs beatboxers de la planète et bien c’est que du gros kiff à monter !

La musique est aussi très importante. Tu as encore travaillé avec Khulibaï ?

Oui. On se connaît depuis les bancs de la fac de Nanterre. On était les seuls fans de hip hop en philo ! On s’est vite captés ! On a la même culture du hip hop boom bap à la DJ Premier ou J Dilla. « Brooklyn » a été le fruit de notre complicité. On a construit les personnages et les situations en fonction de la musique. J’adore sa musicalité et sa force de travail. Par exemple, sur « Brooklyn », le beatmaker qui devait nous produire des morceaux de trap pour le personnage d’Issa nous a planté au dernier moment. Khulibaï a du réaliser ces cinq titres en à peine quelques jours alors que ce n’est pas son style de musique. Il a su sortir de sa zone de confort pour réussir cette prouesse avant de déposer la copie def au festival de Cannes. D’ailleurs, toute l’équipe du film de Brooklyn a du se transcender pour aboutir à ce résultat. On est allé présenter le film dans beaucoup de festivals et on a gagné le grand prix de meilleure musique originale à Aubagne face à des longs métrages dont la musique avait été réalisée par des grands compositeurs et leurs orchestres symphoniques. C’est pas beau ça ? Merci Khuli !

Pour « Beatbox, Boom Bap Autour du Monde », on a fonctionné pareil. Sauf que cette fois-ci, la musique devait être exclusivement boom bap. J’ai donc dis à Khulibaï de se lâcher. On a donc construit l’habillage musical au fur et à mesure. Il était comme transcendé car en vrai fan du hip hop newyorkais, il connaissait toute l’histoire de la culture, tous les acteurs, tous les recoins de New-York sans jamais y être allé. Quand il a vu mes séquences filmées dans le Bronx, Harlem ou Brooklyn, il a trouvé le son juste puisque que c’est le new-yorkais de Mantes la Jolie !

Le jeudi 8 septembre aura lieu l’avant-première dans une salle de cinéma à Saint-Denis. C’était important pour toi que cela se passe là bas ?

Absolument. Comme je l’ai dit plus tôt, j’aime cette ville. Tous mes films courts métrages, docus et longs ont été projetés à l’Ecran depuis 15 ans, c’est chez moi ! C’était aussi important pour moi que le documentaire soit diffusé dans une salle de cinéma car j’estime que c’est sa place. C’était encore plus important pour moi que la projection soit gratuite. La salle contient 230 places pour permettre au maximum de gens de Saint-Denis d’y assister. Le cinéma doit rester un espace populaire.

Il y aura aussi un débat avec Mic Spawn (champion de France made in Saint-Denis) et une démo si les gens sont sympas ! Et en ouverture de la projection, j’aurai le plaisir de diffuser en avant-première le clip « Amazone » de Huxlay. C’est le fruit d’un atelier de création vidéo que j’ai encadré en partenariat avec le café culturel de Saint-Denis et Les Enfants de la Dalle avec une 20 aine de jeunes de banlieue parisienne. Ça sera leur grande première !

Le documentaire a aussi reçu le soutien de France Ô.

Oui. Une chance pour moi d’avoir rencontré Timothy Myrtil qui m’a soutenu alors que toutes les autres chaines nous avaient fermé les portes. Grâce à lui, j’ai pu boucler le financement pour le documentaire qui sera sûrement rediffusé prochainement sur la chaîne. Arte Distribution l’a aussi acheté pour pouvoir le vendre à l’étranger. Et j’ai récemment trouvé un éditeur pour la sortie en DVD.

Et tu prévois de le projeter aux États-Unis ?

Oui. Le 24 septembre je retourne à New-York pour le présenter en compétition au 20ème HBO UrbanWorld Film Festival, le plus grand festival urbain du pays. Les films sont principalement afro-américains mais aussi étrangers. Je serai le seul frenchy cette année! C’est donc une petite pression d’y diffuser mon film devant tous les beatboxers américains du docu qui seront normalement présents. J’espère que Rahzel sera dans la salle ! ça serait énorme !

Urban World festival, c’est la crème à New York. En ouverture il y aura le deuxième long métrage de RZA du Wu « Coco » sur le Slam avec des Common, Jill Scott, Method man au casting ! ça fait saliver. On voit des films urbains terribles que personne n’oserait produire en France. Voilà pourquoi j’ai réalisé Brooklyn à l’arrache en France, sinon des films comme ça n’existeraient pas en France. Faut plus rien attendre du centre, faire sans attendre. A nous d’être créatif comme dans le rap indé, en mode hip hop !

Où pourra – t – on voir le docu sinon ?

Le 20 septembre au cinéma les Variétés à Marseille pour Marsatac, le 22 septembre au Festival Détours à Bruxelles et puis le 15 décembre à « la Place » Canopée des Halles en ouverture des prochains championnats de France de Beatbox qui auront lieu cette fois à Paris.

Quelles ont été les réactions des beatboxers à qui tu as déjà montré le film ?

Les retours sont super positifs. Ils se sentent enfin valoriser. Cela faisait longtemps qu’ils attendaient ça. Je suis heureux que ça leur plaise car c’est une véritable déclaration d’amour que j’ai fait à leur Art. Je me suis battu trois ans pour que ça existe sans soutien financier.

Qu’est ce que tu retiendras de cette aventure ?

Ce que les beatboxers t’apprennent au quotidien, c’est que si tu as une passion dans la vie qui te fait vibrer, qu’importent les galères, tu es sauvé, tu te lèves le matin avec la banane, avec des objectifs à atteindre. Si tu vis à fond ta passion, tu es sauvé et tu progresses de jour en jour, tu trouves ta place, tu t’épanouis, et dans notre société clivée, raciste, parano et dépressive, c’est un sacré remède au défaitisme, à la frustration, la peur et à l’immobilisme.

J’ai moi aussi appris à me surpasser et à réagir vite aux obstacles. Prendre des risques pour grandir, c’est ce que je retiendrais de mes expériences avec « Brooklyn » et « Beatbox, Boom Bap Autour du Monde ».

 

PASCAL TESSAUD : APRÈS « BROOKLYN », COUP DE CŒUR POUR LE BEATBOX

 

Comme tu es boulimique de travail. Quels sont tes projets du moment et à venir ?

Je suis déjà sur 2 ou 3 projets documentaires mais je ne peux pas en dire plus pour le moment. Je continue à présenter mes films dans des festivals où les gens découvrent la culture urbaine. Cela me donne de la visibilité et me permet d’en faire d’autres. Sinon j’écris un nouveau long métrage de fiction. Je ne m’arrête pas ! Je continue à planter des graines. J’ai appris ça de mon père qui était ouvrier à l’usine Renault et qui se levait à 5H du mat pour aller pointer. Seul le travail acharné paie, pas le crime !

Comptes sur nous pour relayer ton travail. Merci !

Merci à toi !

 

Ne manquez pas l’avant-première du documentaire « Beatbox, Boom Bap Autour du Monde » de Pascal Tessaud le vendredi 8 septembre au cinéma l’Ecran à Saint-Denis.

Toutes les autres dates sur le site beatboxfrance.fr et sur la page Facebook du documentaire.

 

 

PASCAL TESSAUD : APRÈS « BROOKLYN », COUP DE CŒUR POUR LE BEATBOX

 

 

 

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