L’album « Machine À Écrire » en 2014 avait permis au rappeur Montpelliérain Lacraps et au producteur des Yvelines Mani Deïz de collaborer ensemble sur un long format. Une expérience qui leur avait tellement plu qu’ils ont décidé de remettre ça sur un disque commun « 42 Grammes ». L’association est à l’image des deux artistes, généreuse, franche et sans concession.

Sorti en digital et en CD dans un premier temps en début d’année, l’opus a été plébiscité au point que le label La Classic a pris la décision de nous offrir une édition vinyle disponible depuis le début avril. Un beau cadeau qui nous permet de découvrir ou redécouvrir les 2 x 21 tracks de l’album.

On en parle dans cette interview avec l’un des protagonistes en la personne de Lacraps.

 

 

L’INTERVIEW

 

Vous vous connaissez depuis longtemps avec Mani Deïz et vous aviez déjà collaboré ensemble, notamment sur la mixtape « Machine à écrire ». Quand exactement vous avez eu l’idée de réaliser un projet en vos deux noms ?

Notre collaboration sur « Machine à écrire » s’était parfaitement passée. On était restés en contact et on s’était envoyé un ou deux sons. On s’est dit ok pour un projet qu’on signerait de nos deux noms. On est super contents du résultat.

C’était votre volonté d’avoir une place équitable dans le projet.

Oui c’est normal car on a décidé de lancer le projet ensemble. Je tiens à préciser que pour l’album Mani Deïz est beatmaker et pas DJ. Pour moi, la combinaison beatmaker – MC est primordiale. En France on a tendance à mettre en arrière plan les producteurs alors qu’aux États-Unis, c’est eux les stars régulièrement.

42 grammes est le poids cumulé de vos deux âmes pour signifier votre association. Par contre, l’artwork du disque est troublant puisqu’on y voit vos tombes avec comme année de décès 2016. Ça voudrait dire que vous enterrez vos carrières solos pour ne faire qu’un seul duo ?

L’objectif était de montrer notre fusion. On garde bien sûr nos identités et nos parcours artistiques respectifs. On a juste voulu reprendre le concept de cette vieille légende scientifique qui veut que le poids d’une âme se situe à environ 21 grammes, comme dans le film d’Alejandro González. On voulait mettre en avant l’association des deux, l’addition qui donne un résultat de 42 grammes. On ne laisse pas tomber nos carrières solos mais on sait que notre collaboration va s’inscrire dans le temps. On ne sait pas quelle forme cela va prendre mais on faire d’autres choses ensemble dans le futur.

Généralement dans une collaboration beatmaker vs MC, le beatmaker envoi les instrus au MC qui pose dessus. Dans le cadre de votre collaboration étroite, comment ca s’est passé ?

Mani Deïz a eu carte blanche mais on a beaucoup échangé avant qu’il se mette à la production des sons. On s’est même aidé mutuellement dans les choix musicaux. C’est vraiment une collaboration à deux. Mais en règle général, je lui fais confiance à 100%. La plupart du temps, c’est moi qui m’adapte.

Tu y vas au feeling ?

C’est une question de goût, c’est tout. Si la prod me plait, je kicke. Je kiffe plus le boom bap. Ce n’est pas réfléchi.

 

« …j’aime bien l’ambiance hip hop des 90s … Ça peut paraître rébarbatif mais on n’est pas dans la compétition. »

 

Il a aussi compris que tu étais plus dans une vibe 90s.

Oui j’aime bien l’ambiance hip hop des 90s. Pas de trap et pas de styles nouveaux. Ca peut paraître rébarbatif mais on n’est pas dans la compétition. Mais cela ne veut pas dire que je ne vais pas faire des morceaux plus modernes dans le futur.

L’album comporte 21 titres et ses 21 instrus. Cela parait énorme par rapport à ce qui se fait aujourd’hui.

Tu as deviné que c’était par rapport aux 21 grammes de l’âme. On a conscience que c’est très fourni et j’avoue que cela paraît « old school » de faire ça alors que c’est la mode des EPs. On a cherché l’équité avec Mani Deïz avec le même nombre de titres. On a surtout cherché le partage et la générosité par rapport au public.

Il y a eu un tel succès avec le digital et le CD que vous avez décidé de rééditer l’album sur vinyle ?

Exactement. L’engouement était tel qu’on a voulu offrir quelque chose de soigné avec quatre pictures disques dans un coffret uniquement disponibles sur le site du label. On a aussi sorti plusieurs goodies comme des t-shirts ou des casquettes.

 

LACRAPS & MANI DEÏZ : LE FOND ET LA FORME

 

On voit que vous soignez votre identité visuelle. C’est aussi le cas pour vos clips qui sont plutôt nombreux. Pour vous l’image semble aussi importante que le fond.

Le fond est important mais c’est l’image qui prime aujourd’hui. Sans clip, on aurait quatre fois moins de visibilité. Et la visibilité, c’est ce qu’on recherche en priorité et c’est ce dont on a besoin pour faire connaître notre musique et faire passer nos messages.

Qui s’est occupé de la réalisation ?

Je fais pas mal de montage moi-même, notamment pour les vidéos de freestyle. Pour « 42 Grammes » on travaille avec Le Labo sur l’ensemble des clips. On a produit quelque chose comme cinq ou six clips dont le dernier est celui de « R.A.P (Rien A Perdre) » il y a deux semaines. Si je peux en clipper d’autres, je le ferai car je suis « jusqu’au boutiste ».

 

 

Tu caches toujours ton visage dans ces vidéos. Pourquoi ?

Je cherche à mettre en avant mes textes avant tout contrairement aux jeunes qui ressentent le besoin d’exister en se montrant.

 

« Je ne me considère pas comme un influenceur ou un leader. Je rêve d’éveiller les consciences tout simplement. »

 

Des textes qui se veulent impactant et politiques.

Tout est politique, qu’on soit 3000 ou 300 000. Alors je saisi la chance que j’ai de dire ce que je pense. Je ne me considère pas comme un influenceur ou un leader. Je rêve d’éveiller les consciences tout simplement.

 

 

Parle-nous de La Classic, ton label et ton crew.

On est une famille. On se voit tous les jours et on fait tout ensemble. Il n’est pas impossible qu’on sorte un projet tous ensemble bientôt. J’ai « recruté » chacun des membres. C’est à dire que ce sont des gens que j’ai rencontrés et dont j’ai apprécié les qualités humaines et les énergies. C’est sur ces critères que je leur ai proposé de rejoindre le crew. A nous tous, on s’occupe de tout dans ce label parce qu’on est complémentaires.

Tu viens de parler d’un éventuel projet tous ensemble. Justement quelles sont les prochaines sorties du label ?

On va sortir bientôt le premier disque de Sega et on est ravis d’avoir parmi nous Starline, une jeune rappeuse de 16 ans qui est super forte. Son album va sortir cette année et va s’intituler « Vivae ». On aura aussi des actus pour Nedoua et Melis dont plusieurs morceaux sont déjà prêts. Il faudra compter sur La Classic cette année !

Pour notre plus grand plaisir. Merci Lacraps !

De rien. Merci à toi.

 

 

 

L’album « 42 Grammes » de Lacraps et Mani Deïz est disponible sur toutes les plateformes de téléchargement légal ainsi que sur le site de La Classic.

 

LACRAPS & MANI DEÏZ : LE FOND ET LA FORME

TRACKISTING :

01. Tracklist (feat. DJ Rolex)
02. 21 Grammes
03. 42 Grammes
04. Double Dragon
05. Sous Pression
06. 63 Grammes (feat. Sega)
07. Interlude 1
08. Écoute-moi
09. Mon ressenti
10. 84 Grammes (feat. Nedoua)
11. La Galère
12. 105 Grammes (feat. DJ Rolex)
13. R.A.P (feat. DJ Rolex)
14. 126 Grammes (feat. Melis)
15. Loin d’Être Inséré
16. 147 Grammes
17. Interlude 2
18. Sans Titre
19. Dernier Voyage (feat. Char & Paco)
20. Bordel (feat. Nedoua, Melis, Sega & Yé)
21. Insurgés

22. Tracklist (instrumental)
23. 21 Grammes (instrumental)
24. 42 Grammes (instrumental)
25. Double Dragon (instrumental)
26. Sous Pression (instrumental)
27. 63 Grammes (instrumental)
28. Interlude 1 (instrumental)
29. Écoute-moi (instrumental)
30. Mon ressenti (instrumental)
31. 84 Grammes (instrumental)
32. La Galère (instrumental)
33. 105 Grammes (instrumental)
34. R.A.P (instrumental)
35. 126 Grammes (instrumental)
36. Loin d’Être Inséré (instrumental)
37. 147 Grammes (instrumental)
38. Interlude 2 (instrumental)
39. Sans Titre (instrumental)
40. Dernier Voyage (instrumental)
41. Bordel (instrumental)
42. Insurgés (instrumental)

 

Share This