Avec son premier album « Viene De Mi » en 2013, l’ensemble des critiques l’avaient intronisé « Reine de la nu cumbia ». Ce qui n’était pas faux puisque cette musique, qui tire son essence de la Colombie, est très répandue en Argentine, pays d’origine de La Yegros.

Mais le style de la chanteuse est beaucoup plus large puisqu’il va puiser ses influences dans l’ensemble des musiques traditionnelles sud américaines. Le fil conducteur reste tout de même l’aspect solaire ainsi que celui du digital dans ses chansons. Tout cela véhiculé par une personnalité haute en couleur et un sens du show indéfectible, et ce, malgré la diversité des thèmes.

Avec le nouvel opus « Magnetismo », On attend de La Yegros à la fois une confirmation de cette belle énergie qu’elle a su installer et aussi un rayonnement plus fort de son aura. C’est peut être dans cette optique qu’elle a décidé de signer chez Soundway, le label afro – latin – soul de Miles Cleret qui s’aventure depuis quelques temps dans les sonorités plus électroniques. Un choix judicieux qui va sûrement lui permettre de toucher encore plus de public. Son talent fera le reste.

 

L’INTERVIEW

 

Après ton premier album, les médias t’ont appelé la « Reine de la nu cumbia ». Même si c’est un peu exagéré, comment tu définirais vraiment ta musique ?

Je définirais ma musique tout simplement par le mélange de la musique électronique avec les musiques folkloriques Argentine.

Ils t’ont sûrement appelé comme cela car tu as su émerger de cette scène électro. Qu’est ce qu’elle représente en Argentine ?

La scène électronique en Argentine n’est pas si grande que ça. Cela avait commencé il y a quelques années avec ZZK, le label sur lequel était sorti « Viene De Mi ». A l’époque ils étaient précurseurs et on fait un peu grandir la scène mais cela reste encore assez confidentiel.

 

« Tina Turner a un look et une attitude très « black », très « Africain ». C’est à ça que je me suis le plus identifié, plus qu’à la musique. »

 

Tu as parlé de tes influences folkloriques Argentines mais ton idole reste Tina Turner. C’est pas vraiment latin comme inspiration.

Tina Turner a un look et une attitude très « black », très « Africain ». C’est à ça que je me suis le plus identifié, plus qu’à la musique. Les vibrations Africaines font partie à part entière de ma musique et de mes influences artistiques. Elle a aussi une énergie, un sens du show et une connexion avec son public qui me parle. Je m’inspire beaucoup d’elle sur scène notamment.

Il y a-t-il d’autres artistes comme elle qui t’ont marqué ?

Bjork est une autre de mes grandes inspirations. C’est une chanteuse très novatrice et complète. J’adore sa personnalité, son jeu de scène, sa musique très particulière et reconnaissable. J’adore tout ce qu’elle est tout simplement.

Le nouvel album est donc signé chez Soundway Records. Le fait de signer chez eux était – il une façon pour toi de toucher un plus large public Européen même si le premier album avait bien marché en Europe ?

En réalité c’est Soundway qui s’est intéressé à nous et nous a contacté pour nous proposer de sortir l’album chez eux. Bien sûr cela nous a permis d’ouvrir de nouvelles portes et d’accéder à des endroits où nous n’étions pas allé jusque là. Mais on n’a pas vraiment réfléchit d’une manière stratégique là dessus. Ils se sont juste intéressé à notre musique et on s’est dit que ça serait une nouvelle aventure que de travailler avec eux.

Comment ça s’est passé concrètement ?

Quand tu sors un nouveau disque après avoir connu un petit « succès », cela se sait assez vite. Pour « Magnetismo », on avait reçu quelques propositions de labels et on a laissé le soin à notre manager d’évaluer ces propositions. Soundway a été la proposition la plus excitante pour nous et on a dit ok.

Le premier album avait pris quatre ans de préparation. « Magnestismo » a pris moins de temps. C’était parce que tu as acquis plus d’expérience et plus de confiance ?

Pour le premier album on était vraiment tout seul. On avait pas les appuis et les soutiens d’aujourd’hui. Cela avait donc pris du temps. Néanmoins, cela nous avait tout de même permis de prendre tout notre temps sans trop de pression. Pour celui là, le fait d’être constamment en tournée nous a mis dans une certaine dynamique qui se prêtait plus à l’écriture et à la composition de l’album. Après la tournée, on est rentré tout de suite en studio pour enregistrer. Cela s’est fait plus naturellement finalement.

On connait ton fil conducteur qui est l’énergie et la couleur pour traiter de tous les aspects de la vie, que ce soit les choses joyeuses ou tristes. « Magnetismo » est vraiment dans la continuité de cet état d’esprit.

Les thèmes que j’évoque dans mes chansons comme l’amour, la douleur ou la solitude, sont des sentiments qu’on retrouve à chaque période de notre vie. Ils sont humains et seront toujours présents en nous. C’est pour cela que je continue toujours d’en parler et il est certain que j’en parlerai dans mes prochains disques. Cela m’inspire, ce sont les choses de la vie !

King Coya est encore à la production. Vous avez été mariés pendant des années mais vous êtes aujourd’hui séparés. Vous avez donc développé une complicité. Y’a t-il une différence notable entre travailler avec son mari et travailler avec juste son producteur ?

Évidement il y a une grande différence mais pas dans le travail. On se connait depuis tellement d’années. Je connais très bien ses méthodes de travail et son professionnalisme. J’ai eu pleinement confiance en lui dans son process de production. C’est très rassurant de pouvoir travailler avec quelqu’un à qui tu fais une confiance quasiment aveugle. C’est mon ex – mari mais il reste mon « socio musical ».

En Europe quand on parle de cumbia, on ne peut pas s’empêcher de penser à des producteurs comme Quantic ou des labels comme Sofrito. Est-ce que tu aimerais travailler avec ce genre de producteurs dans l’avenir ?

Je ne me suis pas vraiment posé la question pour le moment. Évidemment si des opportunités se présentent dans l’avenir, je serai ouverte à de nouvelles collaborations. Pour le moment, je suis très contente de bosser avec King Coya avec qui je prévois de travailler encore un bout de temps.

Comme pour le premier album, prévois tu de sortir un EP de remixes ?

Oui j’aimerais beaucoup faire des remixes de cet album par des artistes français ou sud – américains. Je vais attendre un peu que le disque vive de lui même et ensuite on étudiera les opportunités et les propositions de remixes. Je sais pas encore ce qu’il va se passer mais ça viendra en temps et en heure.

Sur scène, tes habits sont à l’image de ta musique : colorés. On croit savoir que tu collabores avec un styliste qui t’a conçu des robes pour les concerts.

J’accorde beaucoup d’importance à ma garde – robe et à la manière d’assembler les couleurs. Car mes robes font partie à part entière du show. Pour ma nouvelle tournée, je me suis associée avec la créatrice Espagnole CeliaB qui nous a aidé à mettre en couleur nos vêtements de scène. J’adore ce qu’elle fait car cela correspond parfaitement à ma philosophie.

 

« Avec la musique, mes vêtements sont une façon de transmettre notre énergie et notre culture. »

 

LA YEGROS : LE MAGNÉTISME EN COULEURS

 

Tes vêtements ne sont ni plus ni moins que la représentation visuelle de ta musique.

Oui tout à fait. Avec la musique c’est une façon de transmettre notre énergie et notre culture. En tout cas j’essaye de transmettre une joie et quelque part un esprit festif.

Tu as commencé une série de plusieurs dates en France avec un nouveau show. Peux tu nous en parler davantage ?

Avant on avait un spectacle à géométrie variable où on pouvait changer le nombre de musiciens. Cette fois-ci, comme il s’agit de présenter officiellement l’album, on tourne avec une formation fixe de quatre personnes avec l’accordéoniste Alejandro Flanov, le percussionniste Gabriel Ostertag et le guitariste David Martinez.  On adore faire des concerts et on est très contents d’en faire autant en France.

 

« J’adorerais faire une tourner en Argentine… Mais c’est plus difficile d’aller jouer là bas car les festivals sont différents et surtout moins nombreux qu’en France. »

 

Prévois tu de faire une tournée chez toi en Argentine ?

Oui j’adorerais faire une tournée en Argentine et ainsi jouer dans mon pays de naissance. Mais c’est plus difficile d’aller jouer là bas car les festivals sont très différents et surtout moins nombreux qu’en France. On verra bien. Je me concentre pour le moment sur les concerts en Europe. C’est déjà pas mal.

On donne donc rendez-vous à ton public sur la route alors. Merci pour cette interview.

Oui rendez-vous à l’un de nos concerts. La liste est disponible sur mon site et sur les réseaux sociaux. Merci beaucoup !

 

 

L’album « Magnetismo » est disponible sur toutes les plateformes de téléchargement légal et sur le site de Soundway Records

LA YEGROS : LE MAGNÉTISME EN COULEURS

TRACKLISTING

01. Magnetismo
02. Carnabailito
03. Atormentada
04. Chicha Roja
05. Hoy
06. Suenitos
07. Arde
08. Déjate Llevar
09. Fragil
10. Lejos

 

Regardez également le documentaire « Un Voyage Musical » réalisé par Pablo Mensi pour ZZK, qui raconte l’histoire du mouvement culturel argentin de cumbia digitale, en suivant les pas du groupe La Yegros lors de sa première tournée en Europe en 2013.

 

Et voici les dates de tournée de La Yegros :

– 25/03 au VIP (Saint Nazaire)
– 01/04 à la Gaité Lyrique (Paris)
– 02/04 au Deux Pièces Cuisine (Blanc Mesnil)
– 03/04 au Village du Festival Chorus (La Défense)
– 06/04 à la Belle Electrique (Grenoble)
– 07/04 au Temps Machine (Joué Les Tours)
– 14/04 au Paul B (Massy)
– 19/04 à l’Aéronef (Lille)
– 20/04 au 106 (Rouen)
– 22/04 au Rich Mix (Londres)
– 27/04 au Rock School Barbey (Bordeaux)
– 30/04 au 6 Par 4 (Laval)
– 04/05 aux Passagers du Zinc (Avignon)
– 05/05 au Transbordeur (Villeurbanne)
– 29/06 au Fil (Saint Etienne)

 

 

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