Ils font partie des artistes qui viennent d’assurer les premières parties des six dates de Muse à l’AccorHotels Arena de Paris la semaine dernière. Sans nul doute une formidable exposition en France pour Phantogram qui n’est pourtant pas le premier groupe venu, à l’instar des autres premières parties qu’étaient X Ambassadors et Nothing But Thieves.

Ce qui dénote un peu, et ce qui justifie cette interview sur notre site, c’est que le style du duo composé de Josh Carter et Sarah Barthel contient des passerelles solides avec le groove. Pas étonnant que le label BBE les avait signé pour leur premier album « Eyelid Movies » en 2010.

Si on parle de grosse exposition, on ne peut pas passer à coté de leur collaboration avec Big Boi en 2015 sous la bannière de Big Grams qui avait sorti un EP éponyme très plébiscité. Une association qui était née de l’intérêt que leur avait porté la moitié de Outkast suite à un visionnage inattendu d’une de leurs vidéos (merci les recommandations Youtube). Nous avons pu revenir avec eux sur ce projet ainsi que le parcours de Phantogram dans cette interview.

 

PHANTOGRAM : UNE MUSIQUE « OUTSIDE OF THE BOX »

 

L’INTERVIEW

 

Tout d’abord, comment se sont passées vos premières parties de Muse à Paris cette semaine ?

Josh Carter : Super bien. On s’est beaucoup amusé. C’était la première fois qu’on jouait dans une si grande salle et devant autant de gens à Paris.

Vous êtes quatre sur scène. C’était un peu difficile d’occuper une si grande scène non ?

Sarah Barthel : Pas vraiment. On a déjà l’habitude de se produire sur de grandes scènes. Le seul challenge était de jouer avec cette arène circulaire qui tournait et avec tout ces gens autour. D’habitude, on est plutôt en face du public. Et puis, Muse ne sont que quatre aussi mais ils ont les drones en plus.

PHANTOGRAM : UNE MUSIQUE « OUTSIDE OF THE BOX »

Parlons de Big Grams qui est votre dernier projet discographique avec Big Boi. Vous étiez apparu sur son album « Vicious Lies & Dangerous Rumors ». C’était pour vous tous un premier test pour savoir si votre collaboration pouvait être pérenne ?

JC : On peut dire ça dans un sens. On était allé rencontré Big dans un de ses deux studios à Atlanta. On a eu un bon feeling avec lui et on a senti tout de suite qu’on pouvait faire des choses ensemble. Au début, on ne s’attendait qu’à faire un seul morceau avec lui et on s’est retrouvé à en faire trois sur son album. Ça s’était tellement bien passé qu’on a eu l’idée de monter le projet Big Grams.

C’était en 2012. Pourquoi avoir attendu si longtemps pour sortir ce disque ?

SB : De notre coté, on préparait notre album « Voices » et surtout on avait passé près d’un an à le présenter en tournée. De son coté, Big était sur une tournée avec Outkast. C’est fin 2014 – début 2015 qu’on a pu se trouver un créneau libre ensemble pour travailler sur le disque.

Vous avez fusionné vos noms d’artistes pour obtenir « Big Grams ». Une façon pour vous de ne pas être influencés par chacune des parties ?

JC : Exactement. On voulait faire quelque chose de vraiment nouveau, de vraiment frais, en faisait abstraction de nos passés artistiques. On a voulu faire qu’un plutôt que de faire un versus. Big Boi était tout à fait dans le même feeling.

 

« Phantogram n’est pas vraiment un groupe d’electro – rock et on ne peut pas dire que Outkast soit un groupe strictement hip hop. On a l’habitude de faire de la musique « outside of the box ». »

 

Du coup, comment vous qualifieriez le disque : hip hop ou electronica ?

JC : Personnellement, le disque est hip hop. Mais cela reste de la musique tout simplement. Parce qu’au départ, Phantogram n’est pas vraiment un groupe d’electro – rock et on ne peut pas dire que Outkast soit un groupe strictement hip hop. On a chacun l’habitude de faire de la musique « outside of the box ». Nos styles et nos influences sont très divers finalement.

Depuis le début, on vous a catégorisé comme un groupe electro – rock. Ce n’est plus le cas.

JC : On comprend cela car les gens ont toujours besoin de donner une étiquette, surtout pour les journalistes. On peut nous catégoriser dans l’electro – rock, l’electro – pop, le hip hop ou même la RnB, pas de soucis. Moi j’ai tendance à nous définir comme un groupe d’experimental – pop mais ce n’est pas important.

Vous formez Phantogram depuis des années. Est-ce que vous avez changé votre façon de travailler avec Big Boi ?

JC : On a toujours eu l’habitude de travailler seuls avec Sarah dans notre studio. Pour Big Grams, c’était très différent. Notamment parce qu’il y a eu beaucoup de gens qui sont intervenus sur le disque. Il y a aussi pas mal de travail à distance et un voyage à Los Angeles. On n’était pas habitué à avoir autant de gens autour du projet.

Cela vous a paru difficile ?

SB : Non pas difficile en soi. C’était plutôt un challenge pour nous car c’était quelque chose qu’on n’avait jamais fait auparavant. Le fait de collaborer avec quelqu’un, qui est qui – plus -est un des plus grands artistes contemporains américains, était très excitant. Il fallait juste qu’on s’assure que Big et les autres soient satisfaits de notre apport alors que d’habitude on travaille tous les deux sur la même page. C’était une nouvelle expérience qu’on a bien aimé.

Big Grams est – il un projet pérenne ? Prévoyez – vous de sortir un album bientôt ?

SB : Oui nous allons résolument sortir d’autres projets en tant que Big Grams, que ce soit sous forme d’EPs ou d’albums. On ne sait pas encore. Mais que ce soit Big Boi ou nous mêmes, nous allons aussi continuer à sortir nos propres productions.

L’EP est bon et les fans de Big Grams en veulent plus.

JC : Oui on a conscience de tout cela. On fera d’autres choses avec Big Boi c’est certain. On a déjà pas mal de concerts à faire comme des festivals aux Etats-Unis. Pour l’instant, on termine notre prochain album et Big fait de même avec son nouveau disque.

 

« Notre prochain album sera une rencontre entre les Beastie Boys et Moguai. »

 

Justement, pouvez-vous nous en dire plus sur le nouvel album de Phantogram ?

JC : Ce sera un album qui rentrera dans le cadre de l’évolution naturelle de notre musique. Nous allons explorer de nouveaux territoires musicaux tout en gardant notre identité. Certaines sonorités seront plus minimales. On peut dire que ce sera une rencontre entre les Beastie Boys et Moguai. On est vraiment impatients de vous le faire découvrir.

Dernière question. Vous prévoyez de revenir en Europe et en France cette année, en tant que Phantogram ou en tant que Big Grams ?

SB : Oui. Ce qui est sur c’est qu’on veut revenir. On n’en sait rien pour le moment. Rien n’est réellement prévu avec Big Grams. D’ailleurs si vous connaissez des tourneurs, n’hésitez pas à leur proposer (rires).

On espère que cette interview sera un bel appel aux tourneurs justement. Merci Phantogram.

SB : Merci pour cet appel. A bientôt.

 

 

L’EP « Big Grams » est disponible sur iTunes et toutes les autres plateformes de téléchargement légal.

PHANTOGRAM : UNE MUSIQUE « OUTSIDE OF THE BOX »

TRACKLISTING :

01. Run For Life
02. Lights On
03. Fell In The Sun
04. Put It On Her
05. Goldmine Junkie
06. Born To Shine (feat. Run The Jewels)
07. Drum Machine (feat. Skrillex)

 

En attendant le nouvel opus, l’album « Voices » de Phantogram (2013) est toujours disponible sur le iTunes.

PHANTOGRAM : UNE MUSIQUE « OUTSIDE OF THE BOX »

TRACKLISTING :

01. Nothing But Trouble
02. Black Out Days
03. Fall In Love
04. Never Going Home
05. The Day You Died
06. Howling At The Moon
07. Bad Dreams
08. Bill Murray
09. I Don’t Blame You
10. Celebrating Nothing
11. My Only Friend

 

 

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