Le 13 février prochain, les soirées What The Funk feront leur retour. Un retour après presque un an d’absence malgré une présence soutenue depuis 2003 avec la programmation de nombreux artistes de toutes les scènes grooves de Quantic à DJ Numark (Jurassic 5), de Alice Russell à DJ Day (Do Over), de The Jungle Brothers à DJ Maseo (De La Soul), de Breakestra à ESG.

Un retour tout particulier puisque ce sera de nouveau La Maroquinerie qui accueillera cette nouvelle session. La Maroquinerie que What The Funk avait occupé de 2004 à 2009.

Autre nouveauté, les tauliers que sont Soulist (qu’on connait aussi pour son duo Souleance) et Freeworker (animateur du Future Basics Radio Show) sont rejoints par une nouvelle équipe composée d’habitués des platines de la capitale : DJ Vas (fondateur de Kojak), Pierre Wax (22Tracks), Julien Lebrun (patron du label Hot Casa Records) et le duo SLKT et Jodeli de Around The World.

Pour nous expliquer tout ça, Soulist et Freeworker répondent à nos questions.

 

 

L’INTERVIEW

 

Avec le 13 février on en sera à combien de sessions ?

Freeworker : On en sera à la 109ème en plus de 12 ans. On ne compte pas 2015 où il ne s’est pas passé grand chose.

Cela nous fait une session tous les mois en moyenne. Pas mal.

Soulist : Merci. On est plutôt fiers de ce qu’on a accompli. On est surtout contents d’avoir pu rencontrer une multitude d’artistes qu’on adore et d’avoir eu l’adhésion du public pendant toutes ces années. Maintenant, d’autres organisateurs à Paris font aussi bien voir mieux. Mais on est fiers parce qu’on a construit ce projet à deux.

Freeworker : D’autant plus que pendant 3 ans, je crois que c’était entre 2006 et 2009, on cumulait WTF avec d’autres soirées et projets comme la programmation des vendredis à l’OPA, d’autres résidences comme aux Disquaires, les dates de Soulist et la radio.

 

« On se devait de se renouveler … Il ne faut pas se leurrer, tout va très vite en matière de vie festive et en matière de musique … On ne pouvait plus se reposer sur notre « ancienneté » sans évoluer nous même. »

 

Ce rythme soutenu est-il la raison pour laquelle vous étiez moins présents en 2015 ?

Soulist : C’est un ensemble de choses. Mais pour être tout à fait honnête avec toi, c’est parti de la passe d’arme qui s’est opérée au Nouveau Casino, notre dernier lieu de résidence, qui est partie sur une autre politique de programmation. De là s’est engagée une réflexion sur une nouvelle formule tout en gardant l’esprit de la soirée.

Freeworker : Après plus de 10 ans, on se devait aussi de se renouveler. Comme Soulist l’a dit, il ne s’agissait pas de revoir notre essence mais plutôt de réfléchir sur des choses qui pourraient coller à notre époque. Il ne faut pas se leurrer, tout va très vite en matière de vie festive et en matière de musique. L’offre Parisienne est dense avec de gros événements et leurs grosses programmations, des salles à forte capacité qui sont devenues de vrais lieux de vies avec plusieurs niveaux, plusieurs ambiances et des terrasses pour fumer, des labels et artistes qui organisent leurs propres soirées, La scène électro qui est prédominante qui plait à un public jeune volatile. On ne pouvait plus se reposer sur notre « ancienneté » sans évoluer nous même.

Le mot « funk » dans votre nom ne vous a pas porté préjudice finalement ?

Soulist : Sûrement. Quand on a commencé en 2003, on s’était appuyé sur l’imagerie de la funk en programmant des figures de cette scène comme Keb Darge, Quantic Soul Orchestra, Breakestra etc. D’ailleurs, avant de s’appeler « What The Funk », la soirée avait pour nom « La Moumoute ». Mais très vite, on a intégré tous les courants « grooves », hip hop, disco, beats music, future beats, electronica etc. C’est à dire toutes les musiques qu’on écoute au quotidien.

Freeworker : On a aussi programmé des gens comme Boombass de Cassius, ESG, K-Os, Madlib, Fulgeance ou Mr Scruff. Non le mot « funk » est à utiliser comme le mot « rock » pour dire que ça défonce, ou que c’est super.

 

« On est arrivés à la Maroquinerie à l’époque où la Bellevilloise n’avait pas encore ouvert ses portes. Il fallait vraiment avoir du courage pour grimper la pente de Ménilmontant. »

 

Le retour de votre résidence se fera à la Maroquinerie. Un endroit qui vous tient particulièrement à cœur. Pourquoi ?

Soulist : Même si nous avions commencé au Nouveau Casino et que nous étions passés par le Batofar, la Maroquinerie a été l’endroit où la soirée à vraiment grandit et a forgé son identité. C’est là que nous avons organisé le premier concert d’Alice Russell, le dernier concert Parisien de la soul diva Lyn Collins (ndlr : choriste de James Brown), le retour de Sidney (H.I.P.H.O.P.) qui avait laissé tombé les platines etc. C’est là aussi qu’on a forgé de belles amitiés avec des artistes et avec le staff de la Maroquinerie qui nous a tellement aidé et soutenu, même encore aujourd’hui.

Freeworker : On est arrivés à la Maroquinerie à l’époque où la Bellevilloise n’avait pas encore ouvert ses portes et où n’y avait pas autant de restaurants et de bars dans ce quartier. Il fallait vraiment avoir du courage pour grimper la pente de Ménilmontant, surtout l’hiver. Je me rappelle qu’on avait fait à peine 150 personnes pour la première là bas, une catastrophe… Mais l’équipe de la Maro, à commencer par son programmateur Xavier, nous a donné notre chance et on s’est vite rattrapé.

 

Quels sont vos meilleurs souvenirs de cette époque ?

Soulist : Il y en a beaucoup. Coté concerts, je retiendrai le premier live d’Alice Russell qui était inconnue du grand public et qui avait fait sold out. Coté soirée, j’ai bien aimé la venue des DJs français historiques que sont Dee Nasty, DJ Chabin et Sidney. Tout le monde avait joué le jeu en s’habillant old school. Un mec était même venu avec un ghettoblaster géant. Sans compter tous les danseurs qui venaient à chaque fois mettre le feu sur la piste.

Freeworker : Mes meilleurs souvenirs ont aussi été des « galères » auxquelles on a du faire face. Par exemple, la fois où Soulist s’est fracassé le crane contre un rebord du plafond. Il pissait le sang mais voulait absolument mixer. Un danseur lui avait prêté sa casquette et il est parti sur scène. On avait fini ensuite aux urgences à 7h du matin. Je me rappelle aussi le premier passage de Cut Chemist. Il y avait tellement de monde qu’on a du aider le staff de la Maroquinerie au bar, aux vestiaires ou à l’entrée. Une expérience qui nous a beaucoup rapproché. Et enfin, quelque chose que Soulist ne veut pas dire mais c’était toutes les fins de soirées où l’équipe de la Maro, encore une fois, descendait pour les derniers morceaux. A chaque fois, Soulist nous sortait des musiques improbables et tout le monde communiait dessus. C’était magique.

Parlons du présent. Vous proposez donc une nouvelle formule ?

Soulist : Oui. Comme je l’ai dit tout à l’heure, on ne change pas l’esprit de la soirée qui montre un panorama complet des musiques grooves. On a voulu s’entourer d’autres DJs qui représentent bien ce panorama, qui sont pour nous de bons DJs et qui ont à mes yeux la culture du mix. C’est à dire une approche cohérente de la musique et une capacité à faire lever un dancefloor.

On a tout d’abord Pierre Wax, qui est un peu mon mentor. C’est quelqu’un que je respecte beaucoup de part sa culture et de part son historique dans le monde des soirées Parisiennes. Il reste une référence pour nous.

On a aussi DJ Vas qui avait fondé le groupe electro Kojak au début des années 2000. C’est quelqu’un dont le métier est le mixage et le mastering. Il est aussi spécialiste des remixes, edits et autres reworks. Il est vraiment capable de mixer plein de choses avec la même intensité et la même exigence.

On a Julien Lebrun, qui est un des tauliers de l’excellent label Hot Casa Records. Très bon DJ qui nous trouve toujours des pépites venues d’ailleurs.

Et enfin, on a le plaisir d’avoir SLKT et Jodeli de Around The World, collectif qui donne un peu de fraicheur parmi les jeunes organisateurs et djs.

 

Freeworker : On ne révolutionne rien. On fait juste en sorte de construire un collectif à géométrie variable qui sera capable de s’adapter selon nos envies et de se déplacer dans divers endroits à Paris ou en France.

 

« On veut rester agiles en allant là où les gens vont apprécier la musique. »

 

Cela veut dire que la Maroquinerie ne sera pas votre nouveau lieu de résidence ?

Soulist : Pour l’instant, il n’est pas question de faire de la Maroquinerie notre lieu de résidence. On veut rester agiles en allant là où les gens vont apprécier la musique. On ne se refuse rien. On voulait juste marquer le coup avec ce lieu qui nous tient à cœur. On veut tout d’abord poser nos nouvelles bases et les tester. On a beau avoir plus de 10 ans d’expérience, on se replace comme des « challengers » pour nous remettre constamment en question. Tout cela pour faire kiffer les gens et nous mêmes.

Merci d’avoir répondu à nos questions et rendez-vous le 13 février !

Soulist : Merci beaucoup et oui rendez-vous à la Maroquinerie. Ça va être une belle fête.

 

Et pour s’en assurer, la nouvelle équipe de What The Funk vous offre des places pour cette belle soirée !

Vous avez jusqu’au vendredi 12 février 12h pour nous envoyer un mail
sur ilove90bpm@90bpm.com
(tirage au sort parmi tous les participants).
Bonne chance !

 

Toutes les infos sur la soirée dans notre agenda ou sur la page Facebook de l’événement.

 

WHAT THE FUNK : RETOUR VERS LE FUTUR

 

 

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