A l’heure ou les pionniers français de la scratch music Birdy Nam Nam annoncent leur retour, il ne faudrait pas oublier que le Scratch Bandits Crew avait emboité le pas juste derrière (en 2002) avec tout autant d’individualités fortes et de qualité visuelle.

Si ce n’est que les platinistes Lyonnais ont toujours mis leur formation au service de leur musique. En effet, on peut véritablement parlé d’un groupe à géométrie variable tant le nombre de ses membres a muté au fil des années. Certes, le départ de certains membres étaient étroitement lié à leurs occupations personnelles mais pas que. A chaque projet, le crew couche sur papier ses envies et y colle en face les ressources humaines. C’est pourquoi on ne trouve que Supa Jay et Syr sur le nouvel album « Stereo 7 » sorti récemment.

Un projet en duo qui est néanmoins étoffé par l’apport de toute la famille de Chinese Man Records (Chinese Man, Deluxe, Taïwan MC), label sur lequel SBC a signé l’opus. Une géométrie qui s’ouvre sur l’extérieur et qui offre aux Lyonnais une nouvelle dimension.

 

L’INTERVIEW

 

Vous avez choisi de n’être plus que deux sur « Stereo 7 ». Pourquoi ?

Supa Jay : La principale raison est que à la fin de la dernière tournée que nous avions fait à trois, on a commencé à faire des choses avec Syr. Et l’idée de travailler en duo a émergée tout naturellement. Après tant d’années à enregistrer et tourner à plusieurs, on avait trouvé la formule plus souple et plus simple. De là est né « Stereo 7 » qui renvoi au travail en duo.

Syr : On ne va pas se mentir non plus. On avait aussi besoin de renouvellement et de rebondir sur quelque chose de nouveau en matière d’approche artistique tout en restant dans la continuité de la couleur musicale du groupe.

Dites-nous si on se trompe mais la technologie du djing vous a permis de le faire non ?

SJ : Bien vu. C’est vrai que lorsqu’on a commencé on était sur vinyles. Chaque membre s’occupait d’un élément du morceau alors qu’aujourd’hui avec les systèmes numériques de DJing, une personne peut s’occuper de plusieurs éléments. On n’aurait pas pu le faire il y a dix ans.

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Vous trouvez donc que c’est plus efficace d’être à deux ?

SJ : Absolument. On a toujours cherché à proposer une musique efficace et pertinente, sans ajouts superflus. Notre musique sur le précédent album était plus calme alors qu’on était trois. Sur « Stereo 7 » elle est vraiment plus punchy. Au niveau de la composition, on est aussi moins dispersé. Moins on est et plus on est efficace dans la réflexion et la prise de décision.

Et paradoxalement, vous n’avez jamais été aussi entourés.

SJ : Même si on a toujours été entouré, par les graphismes et les VJs qui nous suivent depuis le début, on peut dire qu’on s’est « ouvert » à l’extérieur en effet. De toute façon, on n’a jamais manqué de dialogue et d’idées à ce niveau là. En rejoignant Chinese Man Records, on avait aussi conscience de renforcer notre entourage.

Vous connaissiez déjà les gars du label et vous aviez déjà joué sur les mêmes scènes que Chinese Man. Ca y’est le mariage est consommé.

Syr : On les connait depuis des années et on s’est croisé dans pas mal de festivals. On a eu l’occasion de faire quelques unes de leurs premières parties également. Quand on a fait les premières maquettes de « Stereo 7 » on a voulu avoir leur retour. Et au fur et à mesure des échanges, ils nous ont proposé de signer l’album. Ce n’était pas forcément volontaire mais on est honorés qu’ils reconnaissent notre travail.

Qu’est ce que vous apporte Chinese Man Records ?

SJ : Ils nous apportent avant tout un renouveau en termes d’accompagnement professionnel. On profite de leur savoir faire parce qu’ils sont un cran au dessus au niveau de leur aura auprès du public d’aujourd’hui. Ils nous aident autant qu’ils nous inspirent. On en avait besoin pour se renouveler et évoluer avec notre public.

Syr : Sans oublier qu’on apprécie vraiment les hommes qui composent l’équipe.

Il y a eu un « cahier des charges » quand vous êtes arrivés au sein du label ?

SJ : Pas du tout. Chinese Man Records nous a laissé toute la liberté pour réaliser l’album. On a tous la même vision de la musique et cela s’est fait très facilement. On a su garder nos différences pour faire en sorte que les deux projets s’imbriquent naturellement.

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L’entourage réside aussi dans les featurings qui sont plus nombreux que sur les précédents disques.

Syr : C’est vrai. Ce sont des gens qu’on souhaitait depuis longtemps faire figurer sur l’album. Ce sont des gens qu’on a croisé ces dernières années et qu’on a appris à connaitre. Je tiens à préciser qu’on a enregistré à chaque fois avec les artistes en personne. Cela nous tenait à cœur de garder cette relation humaine plutôt que de tout faire par Internet. Je ne dis pas qu’on s’est passé d’Internet car mine de rien les sessions de studio prennent du temps et le processus de production est complexe. Il a bien fallu affiner les morceaux via le web mais on a souhaité privilégier les échanges directs quitte à faire des kilomètres. C’est la générosité et la disponibilité de chaque artiste qui ont permis au projet d’aboutir.

C’était le cas pour Gavlyn et Oh Blimey ?

Syr : Oui. On savait qu’elles passaient en France et on avait fait tout un travail préparatoire en vue de leur arrivée. Ça s’est fait en deux jours entre la session studio à Marseille, le clip et la release party à Lyon. Elles se sont vraiment rendues disponibles pour nous permettre de faire ça en un minimum de temps. C’est tout cela qu’on montre dans la vidéo.

 

D’ailleurs la notion de duo est très importante. Et elle se retrouve même dans les guests qui participent pour la plupart à deux.

SJ : Effectivement, on a essayé autant que possible de renforcer l’idée de « stéréo » même avec les artistes. On a Blitz The Ambassador et Cyph4, Youthstar et Taïwan MC, Gavlyn et Oh Blimey mais aussi A State of Mind avec leur deux Mcs.

Quid de la scratch music plutôt instrumentale d’habitude ?

SJ : Il est vrai que la balance entre musique instrumentale et musique avec voix a un peu changée. Encore une fois, c’était une volonté de notre part d’évoluer avec ce qui se fait aujourd’hui, même si ce n’était pas calculé. Mais on s’est quand même laissé cinq morceaux instrumentaux sur lesquels on a pu se défouler. Cinq sur onze titres, c’est pas mal non ?

Vous n’avez donc pas perdu votre crédo de départ.

SJ : Non. On s’est toujours refusé à faire des boucles simples sur lesquelles on met des paroles. On a fait en sorte que le travail sur platines et machines soit complémentaire avec les voix. Les samples, les scratchs et les voix sont au même niveau.

La cassette sur la pochette du disque résume bien ce que vous êtes en 2015. Un nouveau départ avec les fondations du début.

SJ : Oui. La cassette est réalisée dans une version « 2.0 ». Elle renvoie autant à l’aspect analogique de nos débuts qu’aux codes de notre époque. Comme notre musique, nos visuels se veulent identifiables et toujours tournés vers la modernité. Même si notre musique est cataloguée musique électronique, on a aussi joué sur les codes du street-art et du hip hop d’où l’on vient.

C’est l’artiste Brusk qui a réalisé le visuel. Un travail de dingue encore une fois.

SJ : On bosse depuis des années ensemble et il participe à notre show sur scène au même titre que VJ WSK, le motion designer Icecream et plus récemment la vidéaste Elodie Matcha. Ces gens font partie intégrante du Scratch Bandits Crew.

Il parait que vous avez peaufiné le spectacle dans des salles vides ?

SJ : C’est vrai. On a répété le show dans des salles vides avant de le présenter au public. Il fallait tout faire concorder entre la musique et les images. Notamment les vidéos de Elodie Matcha qui avait filmé quelques uns de nos featurings pour les projeter sur scène. Cela nous a permis de proposer un spectacle encore plus immersif au lieu de ne montrer que deux mecs mixer sur scène.

Vrai show qu’on va pouvoir voir un peu partout en France.

SJ : Oui on a commencé à faire la tournée des festivals et on aura plusieurs autres dates à la rentrée notamment à la Maroquinerie à Paris en octobre.

Merci beaucoup messieurs.

SJ : Merci beaucoup.

Syr : Merci à toi.

 

L’album « Stereo 7 » est dans les bacs sur iTunes et en vinyle/CD sur le site de Chinese Man Records

Toutes les dates du Scratch Bandits Crew sur leur page Facebook

 

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