C’est hier (1er juin) qu’est sorti le nouvel album « Miami Vice » de DJ Cam signé sur son propre label Inflamable Records. Après plusieurs années passées à Los Angeles, l’un des premiers djs – producteurs français ayant eu un succès international dans les années 90, a fini par déménager à Miami. Et il est évident que la capitale financière et culturelle de Floride lui a donné une inspiration certaine.

Le titre de l’album ne vous aura pas échappé. On a donc à faire ici à son interprétation de la célèbre série des années 80 réalisée par Michael Mann (« Deux Flics à Miami » en français). Les plus jeunes d’entre vous ne se rappellent peut être pas de Don Johnson et de Philip Michael Thomas qui incarnaient les personnages respectifs de Sonny Crockett et de Ricardo Tubbs. Vous vous souvenez  davantage de Colin Farell et de Jamie Foxx qui jouaient dans l’adaptation au cinéma de 2006 qui avait été également signé du même réalisateur.

DJ CAM REVISITE MIAMI VICE

Peu importe, « Miami Vice » recèle une mine d’or d’inspirations pour DJ Cam qui, en tant que grand fan de BO, s’est attaqué musicalement à un monument de culture populaire de la fin du dernier siècle. Il nous en explique la démarche dans cette interview.

 

L’INTERVIEW

Décidément, avec ton projet « Bentley Bass Music – Everglades » sorti l’année dernière, Miami est ta source d’inspiration omnipotente.

Oui c’est vrai. A la différence que « Bentley Bass Music – Everglades » était plus animal, plus sauvage, plus instinctif comme le sont les Everglades, cette immense région subtropicale et marécageuse au sud de la Floride. Quand je suis arrivé à Miami, j’ai trouvé que les Everglades ressemblaient beaucoup à la musique de là bas dans le bon sens du terme avec plein d’énergie et de puissance à base d’infra-bass. De toute façon, ce n’était pas vraiment un album. J’avais composé les morceaux en peu de temps. « Miami Vice » est mon vrai et nouvel album.

DJ CAM REVISITE MIAMI VICE

Et parmi les « icônes » de Miami, c’est donc cette série que tu as choisi. Pourquoi ?

Tout simplement parce que j’étais fan de la série quand j’étais plus jeune. Mais quand je te dis fan, c’est vraiment fan. A l’époque j’achetais tout ce qui concernait la série de la maquette du bateau à celle de la Ferrari Testarossa blanche en passant par les magazines dans lesquelles il y avait des articles sur « Miami Vice » et les revues techniques du compositeur John Hammer dans lesquelles il expliquait comment il utilisait ses claviers.

Pourtant dans le hip hop, on a plus tendance à faire référence au film « Scarface » quand on pense à la ville de Miami.

Oui c’est vrai. Peut être un peu plus en France qu’ailleurs. Mais « Scarface » et sa violence correspondait mieux à l’ambiance de « Bentley Bass Music ». C’est pour cela qu’il y avait un morceau qui portait le même nom. Non « Miami Vice » c’est vraiment un autre délire qui m’a donné plus d’inspiration.

C’était donc limpide dans ta tête.

Carrément. Je connaissais tellement le sujet sur le bout des doigts que limite cela a été plus facile pour moi dans la réalisation des morceaux. C’était vraiment fluide. D’ailleurs la réalisation de l’album s’est déroulée assez vite. Je crois que je n’ai jamais été aussi rapide pour produire un disque de ma vie, tellement j’étais imprégné de la série.

Tu parlais de la méthode de travail du compositeur. As tu cherché à la reproduire ?

Non pas du tout. Premièrement parce que je n’ai pas son talent mais aussi parce que je voulais vraiment faire ma version de la BO avec mes influences et ce qui se fait aujourd’hui. L’album sonne vraiment 2015 et il n’y a pas de nostalgie là dedans. J’ai bien sûr pensé à l’intrigue et aux personnages tout en créant des sons nouveaux.

Comment tu as procédé ?

Je suis reparti d’une page blanche en essayant de ne pas être influencé par la musique officielle. J’ai visualisé les thèmes et les personnages et j’ai composé un morceau pour chaque partie : des thèmes pour les personnages principaux et des thèmes pour les différentes situations ou lieux d’intrigue comme le club de striptease, la conduite dans une voiture de sport la nuit, les enquêtes, les scènes d’amour et même les virées en bateau. J’ai tout repris à zéro avec des sons modernes voir même futuristes.

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Par contre, tu as conservé le thème « In The Air Tonight » de Phil Collins.

J’étais obligé de garder ce morceau. Il faut savoir que c’est devenu un hymne à Miami. Tour le monde le connais là bas et tout le monde kiffe le morceau, que tu écoutes du hip hop ou autre chose. Les mecs passent en caisse et le joue à fond les fenêtres ouvertes. Impossible pour moi de ne pas le mettre sur l’album. Mais comme pour tout le reste, j’y ai apporté une touche personnelle en mode « chopped and screw » qui est une technique des années 90 à base de scratchs ralenti au maximum. Avec un pote on a rejoué toutes les parties du morceau et on les a trituré dans tous les sens. Et comme il n’existe pas d’acapela de cette chanson, j’ai fait chanter mon pote et on a découper sa voix pour donner l’impression que Phil Collins chante sur mon morceau. Personnellement j’en suis très satisfait.

Autres styles qui t’inspirent depuis que tu es à Miami : le dirty south et la trap music.

Le dirty south qui est un des courants majeurs à Miami. J’en écoute des tonnes en ce moment. Pour la trap, oui j’en ai intégré dans « Miami Vice » mais avec mes références à moi. Du bon hip hop des années 90.

Style qu’on retrouve notamment sur les morceaux avec MC Eiht.

Oui en effet. Le fait d’avoir un rappeur sur ces morceaux joue beaucoup sur l’effet trap. MC Eiht est un pionnier du rap américain et il avait joué dans le film culte « Menace II Society ». Son style convenait parfaitement à l’atmosphère de « Music To Drive » et « Street Life ». Mais je tiens à rappeler que ce n’est pas un album de trap. J’ai utilisé la trap pour des thèmes particuliers. Sinon, j’ai aussi fait des sons hip hop plus classiques comme sur « Tubbs Theme » puisque le personnage de Rico Tubbs est originaire de New York. Du coup, j’ai produit un son à la DJ Premier pour ce morceau.

L’album est donc une BO non officielle. Tu sais si Michael Mann a eu écho de ton projet ?

Je ne sais pas mais j’aimerais bien. J’adorerais que lui ou un de ses collaborateurs tombent sur le disque puis m’appellent pour travailler avec eux. Mais bon, je sors mon album dans mon coin tranquillement et on verra.

Tu t’es attaqué à un monument pour les habitants de Miami et pour les gros fans partout ailleurs. Le disque venant de sortir, tu penses que tu ça va leur plaire ?

Je ne l’ai pas fait pour plaire dans le sens que je me suis fait plaisir avant tout. Maintenant j’espère que la démarche sera appréciée et que j’ai respecté l’était d’esprit de la série. Je reste ni plus ni moins qu’un fan qui a toujours rêvé de faire sa propre BO. Par contre, j’ai fait écouter les tracks à des amis vivant aux États-Unis, notamment « In The Air Tonight », et ils ont tous aimé. C’est de bonne augure en ce qui concerne la réaction du public.

« Miami Vice » est rempli de codes visuels. Tu prépares un live à son image ?

Oui je suis en train de bosser sur un live mélangé avec un DJ set. Je prévois de diffuser des vraies passages de la série et j’ai même trouvé des flamands roses en plastique à mettre sur scène. C’est en cours de calage et je devrais revenir en septembre pour défendre le disque en live.

On attend ton retour avec impatience pour voir ça. Rendez-vous en septembre ?

Rendez-vous à la rentrée !

Un dernier mot concernant des remixes de ton tube « Summer In Paris » avec la belle Angun que tu as sorti en début d’année.

Oui ce morceau est des plus connus par le grand public de ma discographie et j’ai trouvé sympa de le remettre au gout du jour avec des remixes réalisés uniquement par des français. C’était très intéressant de confier le titre à des jeunes producteurs de tout bord. Il y a le duo de Reflex qui est plutôt electro, Vect le toulousain qui fait de la future beats, Lifelike est dans la house et il y a aussi le jeune Nikitch qui a signé chez Peterson.

 Tu sais que cela ne te rajeunit pas tout ça…

« Miami Vice » non plus à vrai dire (rires)

C’est pas faux. Merci DJ Cam.

Merci 90bpm !

 

L’album « Miami Vice » de DJ Cam est disponible sur https://play.idol.io/dj-cam-miami-vice-inspired-by-the-serie

DJ CAM REVISITE MIAMI VICE

A se procurer aussi l’édition limitée en CD.

DJ CAM REVISITE MIAMI VICE

 

Et n’oubliez pas non plus le précédent projet de DJ Cam « Bentley Bass Music – The Everglades ».

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