Que ce soit à bord de TTC, en tant qu’orfèvre d’OST ou en solo, cela fait une quinzaine d’années que Para One participe en toute discrétion aux doux mouvements du paysage électronique français (le PEF). Point d’orgue d’une carrière élégamment remplie, Para One vient de faire paraitre son deuxième album « Passion », un album important pour la scène française assemblant ses « souvenirs du futur ». L’occasion idéale pour un entretien taillé dans le coeur de la bête.

Pour commencer, j’aimerais clarifier une légère confusion : "Passion", c’est ton deuxième ou ton quatrième album?

Para One : Bah techniquement, j’ai fait la B.O de "Naissance Des Pieuvres" et puis il y a l’album de "Slice & Soda" l’an dernier… C’est même plus que mon quatrième si on compte toutes mes collaborations et le boulot avec TTC mais même si j’ai l’impression d’avoir produit plein d’albums, c’est mon deuxième album solo. On peut dire que c’est mon troisième album solo parce que "Naissance des Pieuvres", je le considère comme un album à part entière.

 

Oui du coup, je me demandais si tu considérais ces albums là comme des œuvres à part entières…

Para One : Oui bien sûr mais c’est pas le même investissement. Ça reste très fort mais tu n’as pas à défendre "ton son". Tu dois t’adapter, ce n’est pas le même type de projet…

 
Mais ça reste des albums de Para One?

Para One : Oui oui, je les compose en tant que Para One.


 

Il y a quelques semaines j’ai discuté avec Teki (l’interview ici) qui me teasait un peu ton album en m’expliquant que Passion était un résumé de tout ton boulot depuis le début de ta carrière. Tu te retrouves là dedans?

Para One : Ouais c’est assez vrai. Je ne sais pas si ça résume toute ma carrière parce qu’il manquerait des choses dans Passion. Je ne sais pas non plus si on peut vraiment parler de carrière parce que c’est un assemblage de boulots différents mais c’est un album qui résume toutes mes obsessions. Une bonne partie du moins. Il y a vraiment ma signature et en même temps il y a un nouveau son, des écritures, des nouvelles approches. Donc, c’est à la fois un renouveau et un retour à l’essence de ce que j’ai envie de dire en fait.

 

Justement, résumer toute une carrière dans Passion, ça donne un résultat protéiforme, du moins délicat à appréhender. Comment toi tu le décrirais cet album?

Para One : Hummm… Ça c’est ton boulot… haha… C’est dur à décrire avec des mots parce que je l’ai déjà décrit en musique, donc par définition je l’ai déjà fait mais je pense que ça reflète bien mon approche de la musique depuis toujours où je souhaite qu’il y ait des changements très rapides, beaucoup de choses brusques, de la souplesse aussi et puis… pas forcément de la pop mais de la musique accessible, des choses généreuses, de la musique qui fait plaisir à écouter. Je voulais qu’il y ait ce glissement perpétuel, qu’on ne sache pas trop si l’on est dans ce schéma accessible ou dans une expérience et que ça bascule d’un truc à l’autre tout au long de l’album. Donc, j’ai fait cette sorte de montage entre les morceaux ou entre les parties dans les morceaux, qui répondent à une certaine logique qui est contenue dans l’album, que moi je ne comprends même pas vraiment. C’est comme si l’album m’avait demandé d’être fait comme ça, qu’il y avait des choses indicibles et qu’il m’avait demandé de les faire sortir.

 


Mais tu avais quand même une ligne directrice en tête lors de la conception?

Para One : La seule ligne directrice que j’avais était d’être le plus personnel et le plus sincère possible. Je me suis rendu compte en le faisant que j’avais des tas de choses chaleureuses et optimistes à dire, pas de drame ni de mélancolie. Peut-être une touche de mélancolie mais avec une petite distance qui me permet de faire une musique moins chargée, qui ne prend pas l’auditeur en otage et qui se laisse écouter de façon plus aimable.

 

Justement en parlant d’albums plus aimables, on entend souvent ces temps-ci de la part de producteurs de house, cette envie de produire "un album qui s’écoute à la maison". C’est quelque chose que tu as ressenti lors de la conception de Passion?

Para One : Ouais. Totalement. C’est quelque chose que je voulais vraiment. Je voulais qu’il soit domestique. Et je voulais aussi que cet album soit un dialogue : qu’il vienne d’une personne et qu’il s’exprime à destination d’une autre personne. Tandis que l’album d’avant, je voulais qu’il parle à tout le monde, c’est pour ça qu’il partait dans tous les sens. Alors que dans celui-là, j’ai dit ce que j’avais à dire mais il est fait pour être reçu par quelqu’un, comme une seule antenne, un seul récepteur. Et la maison c’est cet endroit où tu peux recevoir tranquillement et écouter des choses en secret. Cet album est comme un secret qui est dit à quelqu’un.


 


Avec Marble vous envoyez pas mal d’EP et de singles via Soundcloud ou autre, pourquoi passer au format long? Il y a bien deux conceptions différentes selon ces deux formats?

Para One : C’est surtout parce qu’il y a deux vitesses, je pense. Il y a déjà la scène, pas seulement au sens de concerts mais le fait qu’il y ait des producteurs présents pour faire des remix, des edits et donc des morceaux faits pour être joués. On sort des maxis en quatrième vitesse pour les jouer vite en soirée parce qu’on a besoin de fraicheur. Ça, c’est la vitesse Marble, au niveau des maxis, où on a toujours réenvie de nouveau, où on passe très vite à autre chose et où on oublie très vite ce sur quoi on vient de travailler. C’est une vitesse qui peut être gênante pour pas mal de musiciens de ma génération parce que c’est pas là dedans qu’on a grandi. On a grandi avec des albums qu’on attendait, qu’on désirait, qu’on allait acheter… Mais j’aime ce rythme aussi parce que c’est le rythme des soirées, des tournées, tu rencontres quelqu’un que tu aimes bien et une collaboration peut très vite déboucher. L’album est plus un rendez-vous, qui est plus rare, plus précieux, où l’on se dit qu’on a besoin d’une nouvelle esthétique, qu’on a pas le temps de la développer sur maxi parce que personne ne comprendrait où je veux en venir sur un format aussi court. Et avec un format long, ça me laisse le temps, comme je le fais ici, de m’expliquer sur mes intentions, ce que je ne pourrais pas faire avec un EP, où tu dis juste que c’est à prendre ou à laisser, si vous aimez pas, tant pis. Tandis qu’avec l’album, il y a un désir d’être aimé, de se révéler sous une nouvelle forme. Pour ça, l’album est un format pertinent alors qu’il n’est plus pertinent commercialement. Objectivement, les gens achètent les morceaux les uns après les autres sur iTunes, pas d’albums en entier. Après je pense que ça fait longtemps qu’on a conscience de ça. L’album est simplement une vraie occasion de développer une vraie idée.

 


Est-ce que l’histoire ne se répète pas finalement? On est dans le même schéma d’idée que les 33 et 45t?

Para One : Bien sûr! Totalement ouais. Je suis d’accord avec toi, c’est l’évolution numérique de ça. Après il faut penser aux raisons de tout ça. Le vinyle ça impliquait un format, ça impliquait une durée, c’était un investissement de temps. Après il y a eu le CD et en maison de disques, les gens qui ont connu ça me l’ont raconté, il y avait cette idée de maximiser l’espace disponible sur CD, tu as 70 minutes, c’est dingue, et du coup on avait des albums trop longs parce qu’on cherchait à maximiser à mort, en remplissant jusqu’à la gueule. Aujourd’hui, on sort parce qu’on a envie de sortir un album, c’est plus une obligation. On ne peut plus faire d’albums aujourd’hui. Moi j’aime ce format là et j’ai encore envie de l’exploiter mais ça se trouve je ne ferai que des EP ou des singles.

 

Et est-ce que les mentalités actuelles ne participent pas aussi à ça? Tu sais dans la Chicago Juke, ils ont pour habitude de dire "we don’t do records, we do tracks".

Para One : Bien sûr. Mais ça c’était déjà le cas à l’époque de Dance Mania à Chicago. Moi je n’ai pas cette logique, même si j’aime bien en faire parfois, qu’il y ait de la matière pour les DJs et pour danser. Mais j’expérimente plus ça avec mes DJ sets où on est plus dans la musique pour le corps, où on lâche le cerveau, on y va, il y a un kick, un drum… On y va à fond. Tandis que l’album, tu es dans une démarche d’auteur, tu as envie d’écrire un truc, de te poser, d’y réfléchir.



 

Justement, chez Marble, vous ne pressez plus parce que c’est plus un emmerdement qu’autre chose, ça coute plus que ça ne rapporte. Mais toi qui es attaché à l’objet-album, tu n’es pas déçu de ne pas le voir pressé?

Para One : Bah justement, on va presser l’album. En vinyle et CD, je les trouve magnifiques d’ailleurs. Donc je ne suis pas encore triste parce qu’on continue de le faire, mais on le fait plus pour les mêmes raisons. On ne presse plus pour exploser les scores de ventes mais parce qu’on sait qu’il y a des gens pour qui c’est important d’avoir un objet. Ce que je peux comprendre parce que je fais partie de ces gens là, dans une certaine mesure hein, mais j’aime bien. Les vrais beaux albums que je possède, je les ai acheté en vinyle. Mais ce n’est pas un truc de collectionneur, c’est juste que j’aime l’objet avec une belle pochette, en grand. J’imagine toujours les miennes conçues pour un 33t. Même si c’est pour un maxi digital, je l’imagine sur un vinyle.

Qui a fait cette jolie pochette, d’ailleurs?

Para One : C’est un concept venant de Surkin. C’est lui qui a trouvé l’illustration mais ça vient d’un peintre américain, qui a peint ça en 92, donc ce n’est pas du tout une commande, mais il l’a peint au carré, c’est un hasard. Et c’est vrai qu’avec Surkin, on voulait évoquer le rap des années 90 donc le parental advisory c’est imposé immédiatement et du coup dès qu’on a trouvé le gimmick, on s’est dit qu’on n’allait pas mettre mon nom ni le titre de l’album. Je voulais juste que ça soit cette belle peinture, assez émouvante parce qu’elle est à la fois sublime et kitsch. Je la trouve belle parce qu’elle évoque l’alliage analogique digital qu’il y a dans l’album, on ne sait pas si c’est du vrai, du faux, du beau, du cheap…


 

Et tu crois que l’ère digitale – même si aujourd’hui on vend au format FLAC – ça a participé à une baisse d’exigence chez l’auditeur? En gros, si on se contente de peu avec un MP3, pourquoi acheter un album de bonne qualité?

Para One : Ha je ne suis pas d’accord avec ça. Faut pas mélanger la qualité d’écoute de l’audiophile – qui s’allonge dans un canapé en cuir en écoutant un vinyle – avec l’amour de la musique. Je pense que les gens, via leur iPhone ou autre, peuvent télécharger rapidement un titre parce qu’ils ont craqué dessus et je pense que l’amour de la musique n’a jamais été aussi présent. Elle les accompagne quotidiennement et même si du point de vue de la qualité technique de reproduction il y a quelque chose qui se perd, si ça peut rendre quelque chose accessible, moi je suis pour. Je préfère perdre en qualité d’écoute et gagner en interaction avec les gens. Après c’est vrai que la désacralisation qu’à impliqué le MP3, c’est que tu as 4000 MP3 que tu as téléchargé le mois dernier et en réalité, tu en écoutes trois. Mais bon… Juste pour ces trois qui t’émeuvent et transmettent quelque chose, moi je suis pour.

 

A un moment dans l’album, il y à un extrait de film où quelqu’un dit : "I like to remember things my own way and not the way they are". Est-ce que cette phrase ne symbolise pas totalement l’ambition que tu avais sur cet album concernant tes souvenirs musicaux?

Para One : Bien sûr! Cette une relecture de mes souvenirs, de choses que j’ai vécues, de choses que j’ai écouté. Cette phrase dit beaucoup de choses sur le contenu de l’album et sur la manière dont j’ai approché les choses. Si tu regardes, quelqu’un comme DJ Orgasmic, qui est extrêmement nerd et très très actif – hyper curieux, il a envie de tout écouter, de passer d’un truc à l’autre – ça se sent dans sa production, la moindre influence va rentrer immédiatement dans sa musique et ça c’est quelque chose que je trouve admirable. C’est une notion d’instantané que moi je n’ai pas. Je sais que moi j’ai toujours eu un problème avec ça : face à un nouveau courant, je vais mettre deux ans à l’intégrer à ma musique. Il faut qu’il fasse partie de mes souvenirs, de mon passé pour qu’il devienne une influence. J’ai du mal à être dans l’instant présent et à ingérer immédiatement quelque chose qui passe. J’ai besoin qu’une influence s’imprime dans le passé, pour qu’elle devienne classique avant que je m’en imprègne. Je suis quelqu’un de très classiciste dans le sens où j’ai envie de produire quelque chose de marquant immédiatement mais qui va s’inscrire dans le temps, se graver dans le marbre, sans faire de mauvais jeu de mot avec notre label. J’ai besoin de ça. Tu vois ce que j’ai aimé par-dessus tout, c’est les productions de DJ Premier dans les années 90 : tu avais l’impression que ça sonnait tout de suite classique. Et c’était très moderne, très nouveau de cutter de la soul, du jazz de cette façon là, c’était le son moderne. Toute la house de Chicago, de NYC, ce sont des classiques et tu le sens tout de suite.

 
Du classique à venir en quelque sorte…
Para One : ouais c’est ça…
 

C’est quelque chose que tu as cherché à reproduire dans Passion?

Para One : Pas vraiment. C’est quelque chose que j’ai fantasmé en fait. J’ai l’impression de l’avoir quelques fois touché du doigt, à quelques occasions, et je pense que via cet album j’ai réussi à le faire un peu plus que d’habitude. C’est pour ça que je ne me sens pas en porte-à-faux. Il n’y a pas de malentendu, l’album est vraiment ce que je voulais qu’il soit et c’est pour ça que je suis aussi fier de le défendre et que j’ai pas peur de décevoir qui que ce soit parce que c’est de la pure sincérité.

 

Et cette histoire de "R&B futuriste" que j’ai lu dans la bio…

Para One : ha c’est pas moi qui en parle, c’est un ami qui a écrit ça pour nous. Je ne me serais pas parmi de décrire avec autant d’éloges mon album. Haha. On peut tout se permettre hein, mais là en l’occurrence, je ne l’aurais pas fait. Cela dit, je valide sa vision mais ce n’est pas la mienne.

 

Du coup – c’est une question qu’on se pose beaucoup en ce moment – mais comment fait-on pour être futuriste en 2012?

Para One : Je pense qu’il y a une grosse ambiguïté sur cette notion de futur. Je sais que Teki Latex défend ça bec et ongles depuis douze ou treize ans. Moi aussi, je suis très attaché à cette vision du futur mais je suis plus attaché à la vision en elle-même qu’au futur. C’est à dire que je ne pense pas réellement que mon album sera la pop qui passera à la radio dans trente ans mais j’aime la vision charmante et touchante d’un avenir imaginaire. Quand tu regardes bien le travail d’artistes dans l’art, les illustrateurs ou la BD avec Moebius par exemple, il y a des visions du futur qui ont façonné le futur à force d’être des visions charmantes et attachantes. Même si le futur n’est pas ça et que les voitures ne volent pas dans le ciel, le design des voitures d’aujourd’hui qui ne volent pas dans le ciel s’inspire du design des voitures qui volaient dans le ciel dans notre imaginaire. Je trouve que le futur c’est la zone de l’imaginaire et de l’espoir. C’est pour ça que j’aime bien imaginer le futur et que je suis assez en paix avec ce que je fais parce que je ne veux pas revenir aux bois, aux champs et à la guitare ou au matériel tangible. J’aime les robots, j’aime les ordinateurs, j’aime que la société se dématérialise, ça me gène pas du tout tant qu’on ne perd pas en émotion et en chaleur, ça veut dire finalement qu’on ne perd pas l’essentiel. Je pense qu’il y a une place pour la chaleur chez les robots, chez les machines. J’adore la science-fiction, le cinéma d’anticipation au même titre que le Warp fin 90’s. Il y avait ce truc chez tout le monde, une espèce d’avant garde, d’extrême modernité qui amène des textures synthétiques, fabriquées et qui ne perdaient pas en chaleur finalement. Elles étaient faites pour pleurer ou pour être heureux finalement. Et puis même, si ça s’est avéré pas être aussi fou que ce que l’on pensait, vivre les 80’s en fantasmant l’an 2000 ça a été un truc marquant pour moi.



 

Et de quoi tu es le plus fier dans cet album finalement?

Para One : je crois que la bonne surprise pour moi ça a été qu’à la base cet album s’annonçait comme très bizarre et expérimental, et je me suis rendu compte que la pop est sortie toute seule. Et ça c’est ce dont je suis fier, parce que quand on me dit que cet album est accessible, j’entends pas que je suis allé dans la facilité – ni dans la difficulté pour le plaisir de la difficulté – je suis allé dans le naturel et ça m’a dit quelque chose sur moi-même qui me plait. Je me dit que je suis pas un mec complètement torturé non plus et que j’ai des choses fraiches et généreuses à donner. Quelque part de savoir ça, ça m’aide à vivre. On peut le dire.

 

Lorsque tu parles de piocher énormément dans le passé, moi j’ai plutôt le sentiment qu’il est hyper ancré dans le présent cet album…

Para One : Bah j’espère. J’ai testé le futur avec TTC et le passé avec Slice & Soda, c’est le premier album où j’ai le curseur placé au bon endroit. C’est à dire que j’arrive vraiment à être ici et maintenant. Pour moi, cet album ne peut exister qu’aujourd’hui. Il a des références du passé, des fantasmes du futur mais finalement il ne peut exister qu’aujourd’hui. Y compris dans ma vie et dans la scène actuelle. Il n’aurait pas été pertinent il y a deux ans, il n’aurait pas été pertinent dans deux ans… J’espère qu’il n’est ni trop en avance, ni en retard.

 


Pour finir, une question à un ancien étudiant de la FEMIS : est-ce que le cinéma a encore une part dans ta musique?

Para One : Pas dans ma musique mais dans ma vie, bien sûr, le cinéma a encore une place importante. J’ai réalisé le clip de mon album, je vais en réaliser d’autres. C’est quelque encore très vivant en moi et très inspirant. J’ai un vrai idéal avec ça.

 
Et du coup, si Passion était un film, lequel serait-ce?

Para One : Ça c’est une bonne question…hmmm… sans doute un documentaire en VHS de biologie sur la tectonique des plaques que tu mates les volets fermés chez toi parce que tu as bu de la bière avec tes potes à midi en bouffant un kebab et en tombant amoureux d’une fille et que tu te dis que tu te fais trop chier. Et en même temps tu as ce documentaire avec cette musique un peu bizarre tout au synthé et ça t’emmène quelque part malgré toi.

 

Propos recueillis par Mathias Deshours