« On s’appelle A State of Mind, ASM pour faire court. Soit 2 MC’s – Green-T et FP, 1 producteur – Fade ». Voilà comment commmence cette interview permettant d’écouter les trois A.S.M, pourvoyeurs de revival funk et d’un hip-hop bien cuivré. Ca parle du golden-age, du rap en 2011, de Wax Tailor un peu, de musique beaucoup, de blaxploitation aussi via Pam, The Mack ou Cleopatra Jones. C’est parti.

Pouvez-vous vous présentez en quelques mots, pour celles et ceux qui ne vous connaissent pas encore ?

On s’appelle A State of Mind, ASM pour faire court. Soit 2 MC’s – Green-T et FP, 1 producteur – Fade. On est potes depuis le lycée et depuis on s’est laissé emporter par ce qu’on aime faire avant tout.

Musicalement, pourriez-vous décrire vos influences?

Notre premier amour est l’âge d’or du hip-hop, le golden-era- A Tribe Called Quest, De La Soul, Souls of Mischief, etc. Après on a commencé à acheter des disques et faire des mixtapes qui incorporaient certains samples de choses plus anciennes, c’est ce que nous a amené vers le funk, la soul, le jazz, le roots-reggae et ainsi de suite. Crown Yard, notre dernier album, est plus d’une exploration des origines de toutes ces musiques bien groovy que l’on aime, plutôt que d’un album straight hip-hop. Ça passe par la production, l’enregistrement et le mixage, ainsi que, plus globalement, par l’entière approche musicale.

Comment pourriez-vous décrire le son ASM?

Quelques pincées de funk, de hip hop, de reggae, de soul, de jazz et d’afro-beat, le tout mixé dans un cocktail rhum-glace pilée et menthe fraîche. A déguster les jours ensoleillés.

Quelle pourrait être la définition du funk pour vous aujourd’hui?

Il est difficile d’isoler le funk dans sa forme originelle, le funk s’est métamorphosé et a évolué dans tant de directions différentes ! Il a influencé presque tous les genres contemporains de « dance-music ». Si tu regardes des artistes comme Dam-Funk, Quantic, ou Femi Kuti, il est évident que ces mecs font des interprétations contemporaines de funk, à leur sauce. En parallèle, tu as plein de trucs plus commerciaux, du hip-hop, de la pop ou de la house, qui sont basés plus ou moins directement sur des bases funk. Je crois qu’on peut dire que le funk est l’une, sinon la pierre angulaire essentielle de la « dance music » moderne. Avec ASM, on est musicalement lus intéressés par les origines, plutôt que des formes modernisés et numériques de cette musique.

Qui sont les gros artistes 2011 à vos yeux?

The Stepkids, Charles Bradley, Pupajim, La Fine Equipe, Biga Ranx, Mayer Hawthorne, sont quelques personnes a qui ont a porté attention cette année et qui ont sorti de bonnnes choses cette année.

Comment vous-êtes-vous rencontré avec Wax Tailor?

On s’est d’abord rencontré  via myspace en 2006/2007. Il nous a demandé une de nos chansons pour jouer dans ses DJ sets. Puis quelques semaines plus tard, il est revenu vers nous en nous balançant une instru pour qu’on pose sur son prochain album. Le lendemain, on prenait l’avion pour l’Allemagne depuis l’Angleterre pour enregistrer. Le résultat est le morceau Positively Inclined. Puis il nous a invité pour jouer sur quelques concerts avec lui, et le reste fait partie de l’histoire…He’s our man !

En tant que MC’s, beatmakers ou musiciens, quelles sont vos avis sur le hip-hop actuel?

Le principal problème est la catégorisation. Il y a tellement de branches différentes et de tangentes musicales aujourd’hui, ça favorise considérablement certaines connotations. En gros, ca peut sembler compliqué et bizarre de voir que tu peux avoir Madlib et Rick Ross tous les deux intégrés sous la même bannière, le genre "hip hop". A nos yeux, le hip-hop de nos jours a toujours la même essence culturelle et le même esprit que ce qu’il a toujours été. On est toujours solidement ancré dans cette optique, ça coule dans nos veines…Mais d’autres personnes ont une vision très différente du hip-hop, basée sur quelques clichés et les vidéos d’Hype Williams… C’est pourquoi je dirais que c’est plus un problème de définition, plutôt que d’un pseudo « abâtardissement artistique ». Nous, on fait ce qu’on a à faire, sans trop réfléchir aux implications du genre, tu vois. Ce qui est important au final c’est comment tu sens le truc, et non pas la définition que tu en donnes.

Playlist du moment (top 10 pistes)

A Tribe Called Quest – We Can Get Down
Charles Bradley – Pas de temps pour rêver
Biggie – lutte au quotidien
Jahtari pi Solo Banton – Musique Addict
Stepkids – Legend dans mon propre esprit
Inner Circle – Enterrement
Bobbi Humphrey – Uno Esta
La Solution Finale – Theme from Brotherman
Tropical Djoli Band – Diadina
Madvillain – Curls

Si Crown Yard était un film ou un mix de différents films, ce serait quoi?

The Big Lebowski meets Wildstyle meets Sweet Sweetback’s Baadasssss Song meets Rockers … et si on pouvait ajouter à tout ça une série TV – “It’s always Sunny in Philadelphia”!

Y’a-t-il un genre de fil conducteur qui lie l’album entier selon vous?

C’est moins un fil q’un liquide en fait…Un liquide souvent de couleur brune, et plus généralement connu sous le nom de rhum.

Coffy ou Foxy?

Foxy niveau film…Mais Coffy pour la BO.

JB ou Parliament?

Wow, c’est  dur là… JB’s.

Super Fly ou Black Caesar?

Black Caesar.

Black Mama ou White Mama  (Grier ou Markov?)

Pam Grier, everytime !

Quel est votre film de Blaxploitation favori?
 
Alors disons qu’à ce sujet on n’est pas forcément d’accord…On va donc te filer un tyop 3 : Across 110th street, Cleopatra Jones, The Mack.

C’est quoi l’histoire de la video Don’t Look Back?

Tout a commencé à partir d’une blague interne au sein du crew ASM. Si tu écoutes l’album, tu vas entendre un skit d’un de nos plus vieux potes qui souhaite intégrer ASM. Ce mec c’est Rob, alias Bobby White. Depuis environ 10 ans, on déconne à son sujet, sur le fait qu’il n’est pas dans le crew, même si c’est un de nos meilleurs amis. Donc l’une des principales idées de départ était d’avoir Rob comme personnage principal, principalement parce que ça nous faisait marrer. Une autre idée centrale était d’avoir se perso qui s’en fout de ce peuvent penser les autres gens, qui fait son propre truc, et va de l’avant avec fierté contre vents et marées. Cet aspect vient lui du contenu et des lyrics de la track. Puis les costumes et la scénographie sont venus naturellement à partir du son et de l’esthétique de l’album, Crown Yard. Tout ça a été géré et réalisé par notre copain Pierre Jampy, qui a également réalisé le DVD du Live de Wax Tailor à l’Olympia et le documentaire sur la tournée. La suite à venir bientôt!

Que doit s’attendre le public en France d’un live d’ASM?

C’est un vrai spectacle! On jour live avec une section de trois cuivres et avec un rai live audio-visuel… On a des vidéos pour chaque chanson, on essaie donc communiquer l’essence de l’album aussi bien par l’image que par le son. C’est très orienté party-funk, un truc définitivement plein d’énérgie, au sein duquel on donne tout ce qu’on a. On y met plein d’amour ! La folie des afters comprise !

Un dernier mot?

Oui, on va utiliser la citation originale de 2005 : « Les gens ont tendance à avoir une vision très étroite de ce qu’est le hip hop, et l’assimilent à ce qu’ils voient sur MTV et entendent sur les radios grand public. Basé sur ce que le grand public ingurgite de force par les grosses machines marketing qui, malheureusement, detiennent un quasi-monopole sur le marché ces jours-ci, il n’est guère surprenant que la plupart des gens pensent que chauvinisme, violence, superficialité et consumérisme sont les bases du hip Hop.A State of Mind est aujourd’hui en croisade afin de casser cette image. Pour ASM, le hip hop est la musique et la créativité et l’amour, l’a toujours été et le sera toujours. Dans le monde de la musique, c’est le real hip-hop survivra même des décennies après que les artistes aient disparus, pas le plastique de télévision qui a été tant surcommercialisé. Rappelez-vous de tout ça, et ne perdez pas votre foi dans l’art. »
Prochaines dates d’ASM via la France :

18/11/2011 – LYON – MARCHE GARE, FRANCE
19/11/2011 – PARIS – LE NOUVEAU CASINO, FRANCE
25/11/2011 – ANGERS – LE CHABADA (10 ans de L’IglOo), FRANCE
02/12/2011 – TOULOUSE – LA DYNAMO, FRANCE
03/12/2011 – POLIGNY – MOULIN DE BRAINANS, FRANCE
08/12/2011 – LIMOGES – LA FOURMI, FRANCE
09/12/2011 – VAUREAL – LA FORUM, FRANCE
10/12/2011 – SABLE SUR SARTHE – LES ARTS SCENIK, FRANCE
15/12/2011 – MARSEILLE – POSTE A GALENE, FRANCE
16/12/2011 – MONTPELLIER – VICTOIRE 2, FRANCE
17/12/2011 – AVIGNON – AKWABA, FRANCE