Klev et Craze, qu’est-ce qu’a apporté Jeff au scratch et au dj-ing selon vous?

Klever: Quand j’étais gosse, le voir à la télévision, et ensuite, tout le personnage de Jeff est fascinant parce qu’il dispose de nombreux talents: être capable de scratcher, être précis, et être un si bon gars si humble. Je pense que ça va au-delà du dj-ing, je pense que c’est la personnalité, la modestie, l’énergie, la passion pour donner à des gens comme nous qui étaient plus jeunes une chance d’arriver et de se faire inviter avec les Allies à l’époque. Emmener des jeunes au studio, les laisser scratcher et s’amuser. Je pense que ce que Jeff a apporté va au-delà du scratch. Je pense que c’est plus que ça. Je pense que c’est la personnalité pour nous permettre d’être ce qu’on est.

Craze: Ouais, ça, voir des gens comme Jeff, voir des gens comme Magic Mike, voir des gens comme Cash Money. A l’époque quand il n’y avait pas internet, et que tu achetais les k7 vidéo et que tu les voyais faire leur truc, ton but était d’être connu comme ça. Tu te disais: « Ces gars sont des djs incroyables et sont connus à la télé ». Il était une de mes idoles à l’époque. C’est ce que je voulais être. Je voulais être à la télé mec (rires)! Je voulais être connu! Je voulais être un putain de dj comme ça! Donc ouais, sans des gens comme lui, je ne serais pas où je suis aujourd’hui.

Jeff, qu’est-ce que tu penses que Craze et Klev ont apporté aux battles et au dj-ing, notamment avec leur crew les Allies?

 

Jazzy Jeff: Je pense qu’il y avait une période où on pensait avoir fait tout ce qu’on pouvait faire aux platines, et ensuite voir des gars comme Craze et Klever venir et amener le truc à un autre niveau a en fait ouvert les portes et ouvert les yeux à quelqu’un comme moi sur le fait qu’il y avait beaucoup plus que tu pouvais faire: la précision, la détermination que ces gars ont montré. Scratcher des deux mains de la même façon, le niveau de scratch, de mix, de blend, et maintenant ils sont dans cette position dans laquelle j’étais où ils amènent beaucoup des nouveaux gars à faire des trucs. Donc c’est mortel. C’est comme une génération qui transmet le truc.

Qui sont les premiers djs à vous avoir influencés?

Craze: Pour moi, à Miami, il n’y avait pas internet à l’époque. Pour moi, c’étaient les gars qui passaient à la radio: des gens comme DJ Laz, Magic Mike, Jazzy Jay, Chuck D, tous les djs de miami bass. Et après quand j’ai trouvé un magnétoscope (rires), c’étaient tous les gars du New Music Seminar, tous les gars du DMC: Jeff, Cash Money, les Rocksteady djs, les X-men. Tous les champions DMC: Cutmaster Swift, Cheese, tous ces gens, Aladdin, tout le monde des k7 vidéo VHS à l’époque.

Klever: Je peux copier ce qu’il vient de dire (rires)? Mon background de battle a commencé un peu plus tard, donc des djs de radio à la radio de mon université qui étaient capables d’être ouverts, de scratcher et de faire du pass pass dans ma ville Atlanta. Il y a un autre dj DJ Toomp, il était le dj de 2 Live Crew, et maintenant c’est un producteur à succès, il était une de mes idoles. Jeff, Cash Money, Q, Craze. Beaucoup de djs de battle des vidéos. DJ Shotgun, il était dj pour Goodie Mob, et il a fait les DMC. Beaucoup de jeunes locaux et beaucoup de poids lourds aussi.

Et toi Jeff, les djs qui t’ont influencé?

Jazzy Jeff: Waouh (rires). J’étais très influencé par des gars comme Grandmaster Flash et Grand Wizard Theodore parce qu’ils étaient parmi les premiers gars qui ont fait que les djs ont eu de l’importance. Flash fut celui qui a fait que les gens ont fait attention au dj. Il a été le premier à sortir un disque de dj. Et ça a été le départ de toute la culture dj. Bien sûr il y avait des gars comme Kool Herc qui étaient les djs qui ont posé les fondations. Mais Flash est devenu le premier dj de show que tu allais voir, que tu regardais, et qui te mettait sur le cul. Flash et Theodore, et beaucoup de gars comme ça.

Vous avez tous participé aux compétitions, le New Music Seminar pour toi Jeff en 1986, les DMC et ITF, plus d’autres battles locales, pour vous Klev et Craze, que pensez-vous du niveau actuel des compétitions par rapport aux années où vous avez été actifs? L’avis général est que ça a globalement baissé.

 

Klever: Je pense que c’est une régurgitation de ce qui a été toujours fait. Maintenant tu as des gens qui produisent leurs propres disques, alors qu’on utilisait les disques d’autres personnes. On devait utiliser quelque chose qui existait déjà. C’était notre choix de prendre les meilleurs disques pour arriver avec les routines. Maintenant, les jeunes font presser leurs disques, et en fait ils arrivent avec les routines avant même d’avoir touché le disque, ce qui est une dynamique différente. Je ne dirais pas que c’est mieux, ou moins bien, mais c’est une approche différente. Je pense qu’il y a un point mort. Je ne sais pas, je n’ai pas suffisamment suivi le truc, je pense que Craze est celui qui peut en parler.

Craze: Je suis les compétitions un petit peu, et je ne dirais pas que le niveau est plus bas, je pense qu’il est plus élevé. Je pense que les jeunes sont plus forts en scratch, en beat juggling, en tout. Je pense que ce qui manque, c’est l’originalité, la créativité, la vibe et le funk.

Klever: L’attitude.

Craze: L’attitude. Mais le niveau de skills est dingue! Je vois des jeunes avoir des patterns de fou, et dériver vers d’autres vibes, utiliser des disques différents, ou inventer un nouveau style. Mais le niveau de skills est dingue. J’ai vu des jeunes de 15 ans scratcher bien mieux que A-trak ou Q-bert quand ils avaient 15 ans. Tu vois ce que je veux dire? J’ai vu des jeunes faire ces beat jugglings de malade, où je ne comprenais même pas ce qu’il se passait! Peut-être que c’est le disque (rires). Peut-être qu’ils ne devraient pas utiliser ce disque (rires). Mais je pense que le niveau de skills est un peu plus élevé. Et en plus, il y a youtube maintenant. Donc si tu veux faire le même scratch que Q-bert fait, tu le pratiques quelques semaines, et tu l’as. Je pense que le niveau de skills est un peu plus élevé.

Et toi comment tu vois le niveau des compétitions Jeff?

Jazzy Jeff: Je pense que des gars comme Craze et Klever ont repoussé les limites si loin qu’on est arrivés à un point où tu dois vraiment puiser dans tes réserves pour arriver avec quelque chose de nouveau. Je pense que la technologie a aidé et causé des dégâts à bien des égards. Je pense que ces mecs utilisent des disques individuels. Je pense que Craze et Klever sont arrivés au moment où les battle breaks ont commencé à être populaires, mais que beaucoup de leurs routines reprenaient les originaux. Et c’était ça le truc, tu le faisais avec des disques en double, et ce n’était pas un disque pré-enregistré. Et je pense que c’est de là que venait toute la vibe. C’est très pré-construit pour beaucoup des gars qui arrivent maintenant. Ils font des trucs incroyables, mais comme Craze et Klever l’ont dit, ce qui manque c’est l’originalité et le fait d’essayer de repousser les limites. Il faut arriver avec quelque chose de nouveau, et pas quelque chose de déjà fait.

Est-ce que gagner les DMC aujourd’hui a la même valeur qu’à l’époque où il y avait toutes les pointures de Aladdin, P-trix, A-trak, à Crazy b?

 

Klever: Ca dépend. Je pense que ça reste le tournoi le plus prestigieux. Quand tu considères les champions du monde, tu ne peux pas enlever ça. Mais pour le marketing et le booking, je m’excuse: non. C’est pas pareil. Je dois dire que j’étais l’une des dernières personnes des DMC à être parvenues à me faire booker. Maintenant, personne n’est booké pour une routine 6 minutes de championnat DMC, les gens veulent une soirée maintenant, c’est un monde différent. Je pense que les DMC sont toujours l’évènement le plus prestigieux à gagner. C’est une question à double tranchant. Je ne pense pas que ce soit aussi prestigieux. Donc non.

Craze, tu penses que gagner les DMC aujourd’hui a la même valeur qu’avant?

Craze: Honnêtement non. Je pense que les gens ont perdu de l’intérêt pour le turntablism. C’était vraiment gros dans les années 1980 et les années 1990, parce qu’il y avait de la fraîcheur. Les gens disaient: « Waouh qu’est-ce c’est? C’est cool ». Et ça arrive encore, mais ça a perdu sa fraîcheur. Mais c’est toujours le championnat le plus prestigieux. C’est toujours un gros truc de dire que tu es champion DMC. Tu es en présence de grandeur. C’est ce que tous les battle djs espèrent. Ca a perdu un peu de son attrait.

Et toi ton opinion Jeff, gagner les DMC a-t-il la même valeur qu’avant?

 

Jazzy Jeff: Non! Vu que je prends de l’âge, j’ai vu ça arriver avant. Tout fonctionne en cycles. En un clin d’oeil, les DMC vont être le plus gros truc, il va y avoir un tas de nouveaux turntablists qui vont affluer dans tous les sens pour conquérir le monde. Quand je vois des évènements comme la battle Redbull, quand je vois des jeux vidéo comme DJ Hero, tout ça fait que des gosses de six ans s’intéressent au turntablism, et leur fait dire: « Ok je suis bon dans ce truc, Maman m’a offert deux platines », et ensuite il va être le prochain Craze et le prochain Klever. Tu dois attendre quelques années de plus, car tout fonctionne en cycles. Tu vois, la musique est comme ça.

Klever: Exactement. La danse, le graffiti…

Jazzy Jeff: Je transmets le truc, et j’espère que je serai là quand ça reviendra.

Klev, beaucoup de gens ont réellement apprécié ton show aux DMC world 2001. Tu penses que tu aurais dû gagner contre Plus One?

 

Klever: En 2001, est-ce que je pense que j’aurais dû gagner? Bien sûr que oui. Et quand je dis ça, ce n’est pas par arrogance, ni par excès de confiance. Je pensais que c’étaient deux sets différents, et tous mes gars savent que c’était écrit, que ça devait se produire parce que l’Europe n’avait pas gagné de titre depuis longtemps, mes gars avaient le titre depuis longtemps, les Américains l’avaient depuis un moment, et Craze ne défendait pas son titre, j’étais là pour les Etats-Unis. J’ai fait le truc le plus dingue, je l’aime encore beaucoup. Plus One a fait un grand 6 minutes. C’était écrit. C’est encore un peu dur à avaler, mais c’est comme ça, c’est comme ça.

Quels ont été vos plus grands compétiteurs de battle lors des années où vous avez été actifs?

 

Klever: C’est une bonne question.

Jazzy Jeff: Tu sais quoi, j’ai un peu oublié tout ça. Je viens d’une époque très lointaine des DMC et aussi du New Music Seminar. C’était drôle, parce que quand j’étais à la finale du DMC USA, 70 % des djs étaient des djs de disco et ils étaient vraiment furieux parce que moi et peut-être deux autres djs, nous étions les premiers djs à pouvoir introduire des cuts et des scratchs aux DMC, et les djs de disco étaient furieux parce qu’ils se disaient: « Comment on va battre ces gars? ». Quand j’étais au New Music Seminar, on avait 30 secondes. La durée au New Music Seminar était de 30 secondes pour montrer ce que tu peux faire. 5 minutes, c’était une éternité pour moi! C’est complètement différent. Et je n’avais pas vraiment ces compétiteurs. Quand j’ai gagné le New Music Seminar tu vois, Cash a gagné l’année d’après, et Cash a pu aller en finale aux DMC World.

Tu me dis que la durée au New Music Seminar était de 30 secondes, tu as noté d’autres évolutions dans les compétitions de 1986 à 2010?

 

Jazzy Jeff: Absolument. Je pense que la durée était l’un des choses les plus importantes, pouvoir s’assoir et voir une routine complète. Tu ne peux pas vraiment faire une routine en 30 secondes: tu prends un disque, un bout, tu le cutes (rires). Tu as tout de prêt, et je ne m’échauffe pas, j’y vais directement. La durée était l’un des meilleures choses. Je suis particulièrement attentif à la technique et je me rends compte que je pense que le pire dj du monde a une routine qu’il peut faire et où il peut tuer. Et en 30 secondes, il peut la faire. Donc il peut tricher en fait. Tu ne peux pas tricher en cinq minutes, tu dois montrer qui tu es en cinq minutes.

Que pensez-vous du concept de la battle Redbull Threestyle, où vous êtes juges et jouez en dj set, par rapport aux autres compétitions comme les DMC?

 

Craze: Je pense qu’avec la battle Redbull, il s’agit plus des djs généralistes, des djs de soirée. C’est une combinaison de tous les trucs, il ne s’agit pas d’être un monstre technique. Je pense que ça met un petit peu plus l’accent que les DMC sur le fait de faire bouger une foule, ce qui est une bonne chose.

Klever: Je pense la même chose. Si tu m’avais demandé un peu avant, j’aurais levé mon majeur à ce truc pour être vraiment honnête. Pour moi, quand tu dis battle, les battles pour moi, c’est toi et moi, sur 6 minutes ou 2 minutes ou peu importe, on coupe des têtes. Mon esprit a évolué, et j’ai commencé à apprécier des trucs à cause de mon implication dans le dj-ing maintenant: j’aime jouer, j’aime faire danser les gens, être un sélecteur, et scratcher. Maintenant je regarde ça d’un bon oeil, en me disant que c’est cool pour les gens qu’ils se lâchent. Tu as un peu plus de temps que dans une compétition normale, mais ça te permet d’être technique, et ensuite de montrer tes skills de mix et puis de montrer tes skills de sélection, et si tu veux ramener des gimmicks, tu peux ramener des gimmicks. Je pense que c’est quelque chose de vraiment cool, et honnêtement peut-être qu’il faudrait plus de structures dans le genre, parce que peut-être que les DMC sont trop fermés pour les gens. Je pense que c’est cool.

Jazzy Jeff: Je pense vraiment que c’est très bien. C’est différent. Je pense que les DMC ont leur place. Je promeus tout ce qui va permettre aux djs d’être meilleurs, parce qu’il y a des djs qui sont nuls comme turntablists, et des djs qui sont nuls comme djs de soirée. On a besoin de ce genre de compétition pour montrer aux gens ce que ça requiert vraiment. Je pense que c’est vraiment quelque chose de bien. Je pense que l’évolution du dj n’a jamais été aussi grande. Tu as beaucoup de djs qui sont en position de faire passer un bon moment aux gens. Et en fin de compte, la définition d’un bon dj de soirée est quelqu’un qui fait passer un bon moment aux gens, et qui pense à lui après.

Avec les Allies et les Scratch Perverts, Klev et Craze, vous avez aussi organisé la battle All Star Beatdown, une compétition que vous vouliez être par les djs pour les djs..

 

Craze: On voulait que ce soit une battle de dj par les djs pour les djs. On savait ce qu’on voulait pour structurer les battles, on savait ce dont on avait besoin, on savait ce qu’on voulait. Ca n’était pas comme les ITF ou les DMC. Il ne s’agissait pas de scratcher pour nous. On voulait inviter les djs qu’on pensait être les plus méritants. Parce que dans certaines compétitions, les gens ont de la chance, tu vois ce que je veux dire (rires)? Les gens ont de la chance, et ils vont en finale à cause de la réaction de la foule, les juges étant saoûls et stupides.

Klever: Impartiaux (rires).

Craze: Impartiaux (rires). Donc on voulait inviter les gens qu’on trouvait être les meilleurs au monde pour concourir.

Tu penses que les juges ne sont pas compétents?

 

Craze: Quelques juges aux DMC étaient des managers, ils comprenaient les cuts, mais ils ne comprenaient pas les cuts comme nous les comprenons, ils ne comprenaient pas les beat jugglings, comme nous comprenons les beat jugglings, comme nous le vivons, tu vois ce que je veux dire (rires). Comme nous le faisons tous les jours. On a commencé à être addicts aux battles. Et on choisissait le vainqueur parce qu’on a commencé à donner de l’argent, tu sais tout (rires). Dédicace à P-trix.

Craze, tu as eu conscience de créer un nouveau mouvement dans les DMC en introduisant de la drum n bass dans tes sets?

Craze: Je n’ai pas essayé de créer un nouveau mouvement. J’ai essayé de montrer aux gens ma vibe, tu vois ce que je veux dire. C’est ce qu’ont toujours commencé à faire des gens comme Raida, Q-bert, tous les gens que je voyais et que j’analysais. Ils ont apporté le style west coast et g-funk. Les X-Ecutioners ont apporté le style new yorkais. Et pour moi c’était l’endroit où j’étais à l’époque. Je voyageais beaucoup en Europe, je jouais dans ces clubs qui avaient des salles de drum n bass, j’étais vraiment fasciné par le son, je n’avais jamais entendu ce truc aux Etats-Unis. C’était en fait l’endroit où j’étais à ce moment, je n’ai pas essayé d’introduire quelque chose. J’ai essayé de montrer aux gens ma vibe.

Klev j’ai lu que tu disais que la drum n bass était morte, vous pouvez donner votre diagnostic sur l’état actuel de cette musique vu que Dilinja est une référence pour Craze?

 

Klever: Je ne sais pas comment cette phrase est sortie. Je devais être saoûl en disant ça. Je ne suis pas un dj de drum n bass. A ma connaissance, ça n’est plus comme avant. Je ne pense pas que ce soit mort. Peut-être dans une routine, si tu utilises un disque de drum n bass maintenant. J’essaierai de ne pas trop boire à l’avenir (rires). Donc non, je ne pense pas que ce soit mort, ce n’est définitivement plus comme avant.

Qui sont les producteurs de drum n bass que vous préférez?

 

Craze: Je suis un gros fan de Dilinja. Dilinja et Sub Focus.

Votre avis sur l’état du hiphop actuel, notamment le rap indépendant?

Jazzy Jeff: Je pense que les artistes indépendants sont très bien, en particulier avec le rôle d’internet. Ca permet aux gens qui font la musique d’avoir beaucoup de contrôle et de pouvoir. Je pense que l’industrie est morte, et pour qu’elle renaisse, elle doit être complètement détruite et être reconstruite, parce que la structure n’a rien à voir avec la musique, avec la créativité de la musique, elle est seulement régie par l’argent. Tout le monde a besoin d’argent pour survivre, mais je pense que quand tu commences à sacrifier la créativité pour de l’argent, c’est ce qui explique le début du rôle d’internet et de la musique, parce qu’il y avait des gens qui étaient frustrés de ce que l’industrie leur donnait, et internet avait plus à offrir, et les gens ont commencé à regarder ça. Donc je pense qu’il y a du bon et du mauvais. Mais du point de vue de quelqu’un de nouveau, ce n’est pas mauvais pour Soulja Boy, parce qu’il ne voit pas de différence. Il regarde ça comme le meilleur truc du monde. Mais pour quiconque a été là avant, tu as une chance de voir la différence. Donc il y a du bon et du mauvais.

Klever: Je vais être honnête mec. J’ai écouté beaucoup de hiphop underground. En ce qui concerne le hiphop récemment pour moi, je ne sais pas, c’est nul mec. Mais le truc est que quand j’écoute quelque chose à la radio dans ma voiture ou n’importe où, mes oreilles se penchent automatiquement sur la production: les sons de batterie, les patterns des charleys. J’apprécie écouter certains morceaux de r’n’b, certains morceaux de crunk ou peu importe parce que ça me donne des idées pour la programmation de batteries, les tonalités de ligne de basse. C’est bizarre, je n’écoute même pas les paroles, j’écoute la programmation. Donc ça peut m’amuser encore, mais pour en parler sérieusement c’est nul.

Craze: Je pense en fait que le hiphop en ce moment va mieux! Parce que si tu regardes les charts, c’est Eminem, Kanye West, Nicki Minaj, trois gens qui, je pense, ont des skills, tu vois ce que je veux dire. Et c’est tout ce dont il s’agit pour moi: avoir des skills. Je ne parle pas des beats, excepté pour l’album de Kanye. Je pense que l’album de Kanye est incroyable. En fait, j’écoute du hiphop espagnol en ce moment comme ce groupe qui s’appelle Calle 13, et qui sont sur ma playlist parce que les gars sont des lyricistes de fou. Je pense que pour le hiphop, il y a beaucoup de trucs, que tu dois chercher. Mais pour ce qui est de la radio en général, c’est nul.

Craze et Klev, vous êtes connus pour exceller respectivement en beat juggling et en scratch, qui sont les beat jugglers et scratcheurs qui vous ont influencés? Develop de votre crew les Allies a été important en beat juggling à une époque..

 

Klever: Develop, Craze et A-trak pour moi. DJ Noize et Shine, quelques uns des djs danois pour les jeux de mots et la propreté. Ils sont mes héros du beat juggling. Qui d’autre? Il y a d’autres personnes que je connais, mais ce sont les gars qui ressortent. En scratch, évidemment Q, D-styles, beaucoup de gars de la Côte ouest, les Picklz, Mix Master Mike bien sûr, Jeff, Cash. J’étais dans ce crew il y a longtemps Third World Citizens, et il y avait ce gars DJ Faust. C’était un monstre et un gars si modeste. J’aimais le voir scratcher.

Craze: Je peux nommer toutes mes idoles (rires). Pour le beat juggling: Develop. Scratch: Q-bert. Diss et jeux de mots: Noize. Body tricks: Roc Raida. Et en général: A-trak.

Jeff, la légende dit que tu as inventé le chirp. Qui sont les scratcheurs qui t’ont influencé?

 

Jazzy Jeff: Il n’y avait pas vraiment beaucoup de scratcheurs en particulier à l’époque. J’avais en fait peur de faire beaucoup des trucs que je faisais en public parce que je ne pensais pas que quelqu’un comprendrait parce qu’il n’y avait pas beaucoup de gens, tu vois, tu voyais Grandmaster Flash et Theodore. Grandmaster DXT fut la première personne à pouvoir faire quelque chose de rythmique, et je pense, que le truc drôle pour moi est que j’avais un set de platines dans ma salle à manger, donc ma mère cuisinait, je pratiquais, et c’était plus important pour moi de plaire aux oreilles de ma mère, et c’est de là, que je pense, est venue une grande partie des rythmes. Je voulais être une partie du disque, je voulais être comme un batteur, si le disque jouait le beat, je voulais être dans ce beat, et c’est de là qu’est venue une grande partie des rythmes. Donc ça n’était pas beaucoup de gens qui faisaient ça avant, et c’est l’une des raisons pour lesquelles je ne suis pas vraiment bon pour m’octroyer le crédit de quoique ce soit, parce que je pense que c’était un désert, il n’y avait personne, et tu faisais des trucs, et si ça reste, et je n’avais aucune idée que ça resterait dix ans après, c’est resté! On veut des noms dans le scratch, donc quelqu’un vient dix ans après en disant: « Tu as fait le chirp! », et je me dis: « C’est quoi le chirp? » (rires). Tu ne faisais pas vraiment attention à ça. Et c’est pourquoi je pense que c’était flatteur de réaliser que ces gars ont pris la culture après nous, et l’ont vraiment définie, ils ont été ceux qui ont pu la nommer, et la structurer, et qui ont créé les battles. On n’avait pas les k7 vidéo, et tous les trucs similaires à regarder. Il y avait une époque où j’étais un peu furieux, où je regrettais de ne pas être arrivé un peu plus tard. Et c’est arrivé un jour pour moi. On a fait ce truc, quand Will et moi avons sorti le disque, on était en tournée, je n’avais aucune idée de la culture dj, tu vois: « Tu as fait une routine sur scène! ». Tu rentres chez toi d’une tournée, quatre ans après, et c’est une k7 vidéo, tu te dis: « Mais qu’est-ce qu’ils foutent! » (rires). Mais c’est comme ça que c’était, que tu réalisais que c’était le lancement de quelque chose. Malheureusement je n’avais pas un Klever à côté de moi, et moi et Cash étions bons potes, mais tu vois, Cash est arrivé deux ans après moi, donc on n’a pas eu cette sorte d’interaction, la personne que tu peux regarder faire ça.

Tu n’étais pas conscient d’inventer le chirp, comment ça s’est passé?

Jazzy Jeff: Le truc drôle, parce que c’était si tôt dans le hiphop, quand on a sorti notre premier disque, parce que Philadelphie était si prolifique en djs, on a fait un show à Richmond en Virginie, et j’ai fait une routine de dj, devant 5000 personnes. Et après avoir fini, tout le monde était debout et me dévisageait. Et j’ai presque pensé à la scène de « Retour vers le futur ». Ils n’avaient aucune idée de ce que je faisais, c’est ce qui a commencé avec « The Magnificent » quand Will disait: « Jeff fais ça », et que je le faisais. Tu devais simplifier pour le public. Tous les djs étaient impressionnés. Mais tu sais tu as 5000 personnes qui se demandent ce que je fais, je ne suis pas du tout impressionné. Donc ce qui s’est passé est que je leur expliquais ce que j’allais faire, et ensuite je le faisais. Donc c’était une de ces routines où je scratchais le son en le faisant sonner comme un chant d’oiseau, Will disait: « Eh Jeff! Regarde tous les oiseaux », et je le faisais, Will levait la tête, et il disait: « Eh regarde Jeff! Fais le son d’oiseau ». Mais je ne pense pas que c’était pour le show, pour que les gens se fûssent dit: « Waouh! C’était cool, regarde ce qu’il a fait! ». Il s’agissait plus d’éduquer les gens, parce qu’à l’époque les gens n’étaient pas vraiment conscients de beaucoup des nouvelles réponses sur ce que beaucoup de djs faisaient. Les gens connaissaient les scratchs, les gens ne connaissaient pas le transform. La seule raison pour laquelle ils le connaissaient était les dessins animés. Donc tu devais donner un nom à tout ce que tu faisais de manière à le faire comprendre aux gens qui n’étaient pas djs. J’ai toujours l’habitude de dire que les djs font des routines de djs pour d’autres djs. Et j’ai toujours dit que je pense que la routine que Craze a faite, ma mère pourrait la regarder, et elle l’apprécierait parce qu’il a fait tellement de trucs qui transcendaient les autres djs. Les djs pouvaient la comprendre et réaliser combien elle était technique, mais il l’a faite d’une manière qui a touché d’autres djs. Et je pense que c’était toujours quelque chose qui était vraiment important, et transmettre la culture à d’autres gens.

Comme tu parles du transform, tu l’as aussi popularisé en étant le premier à en placer sur disque..

Jazzy Jeff: Il y avait un dj à Philadelphie qui s’appelait DJ Spinbad, c’est la première personne que j’ai entendue faire quelque chose comme ça. C’était très primitif, sans rythme. Comme je dis, tout ce qui a été fait est toujours basé sur le rythme. Une fois que tu sais le faire et le mettre sur disque, ou que tu sais le faire, et que tu y ajoutes un peu de funk et de vibe, tu vois il y a un gars qui venait dans mon immeuble, et qui disait: « Merde ça ressemble à un transformer qui s’ouvre », et c’est comme ça que ça s’est passé. Je pense que tout ce que chaque dj a fait, en ce qui concerne le scratch, est toujours né de Grand Wizard Theodore. C’est pris, transformé et changé. L’évolution de chaque scratch a commencé avec Theodore, et ça se transmet. Craze fait quelque chose, et quelqu’un le prend, Klever le prend et y ajoute sa touche. Et les gosses dont Craze parlait, qui font les scratchs les plus incroyables, tous ceux-là sont repris de la personne d’avant, en y ajoutant leur propre style, et ça se transmet. C’est la même chose dans le basket-ball: Dr J était très fort, Michael Jordan a suivi, a fait des trucs que Dr J a faits, il était le plus fort, Kobe a suivi, il a fait des trucs que Michael Jordan a faits, c’est comme ça pour tout.

Suivez-vous la scratch music – la composition aux platines – telle que la pratiquent D-styles avec « Phantazmagorea » ou Birdy Nam Nam, ou telle que l’ont pratiquée les Invisibl Scratch Picklz en live?

 

Jazzy Jeff: Absolument. Etant un fan de la culture, tu essaies de suivre tout ce qui est nouveau et frais.

Klever: Je ne dirais pas que l’album de D était en avance sur son temps, mais qu’il a été fait avec le coeur et son cerveau. D-styles a beaucoup d’obscurité à donner (rires). L’album de Q fait aux platines « Wave Twisters » était dingue également. Mais ce qui a pu vraiment m’influencer avec Craze sur « Scratch nerds » aussi, était « Demolition Pumpkin Squeeze » de Q-bert. Je considère ça comme de la scratch music. Je le considère comme le numéro un de la tape scratch music. Il y avait plusieurs morceaux mortels sur « Return of the dj » de DJ Bomb.

Craze: Pour moi, « Demolition Pumpkin Squeeze » était un film. C’est ce qui m’a rendu fan de scratch, parce que j’étais en train de triper dans ma chambre en me disant que ce truc était dingue. Et la manière dont Q a réalisé le mix en plaçant des cuts off beat, j’ai trouvé que c’était incroyable parce que je me suis dit que le mec était un alien. C’était si incroyable. Et sur « Wave Twisters », il a amené le délire psychédélique loin, mais je suis ce que font Birdy Nam Nam, je suis ce que font C2C, et je pense que c’est vraiment mortel comme musique aux platines. Mais je veux entendre des beats de fou, de la musique aux platines de fou. J’entends ce qui se fait avec beaucoup de disques, des cuivres, des flûtes, et je trouve ça mortel, mais j’attends qu’on aille encore plus loin dans la scratch music.

Entre ce qu’ont pu faire Birdy Nam Nam et D-styles sur « Phantazmagorea » entièrement aux platines, et des morceaux scratchés plus traditionnels avec sampleur et solos de scratch comme ce qu’a pu faire Jeff sur Nuyorican Soul ou le EP « D-day » des Allies sur lequel Craze apparaît – mais pas Klev -, où pensez-vous que se trouve l’avenir de la scratch music?

 

Klever: J’ai vu Birdy Nam Nam jouer en live et entendu quelques enregistrements. Je parle d’eux parce que je les ai vus, mais ça pourrait être un autre crew qui défonce. Il n’y a pas de limite, ça peut aller n’importe où en utilisant les sons. Je pense que DJ Radar est un chef d’orchestre.

Craze: La scratch music progresse. On n’est jamais au top de quoique ce soit, tout peut être mieux, comme je l’ai dit je veux entendre des beats de fou.

Qu’est-ce que vous avez voulu apporter avec vos breakbeats sur Ammo Records par rapport à ce qui peut sortir sur le marché des breakbeats?

 

Craze: « Bully Breaks » est sorti pour ma routine de 2000 en skipless. Je n’ai pas été à l’origine des disques faits pour les routines, mais j’ai sorti mon disque pour cette routine (rires). J’avais la routine en tête, mais il n’y avait pas de disque adéquate, donc j’ai dû faire mon propre tool. Et c’est pour ça que je l’ai fait.

Quels sont les breakbeats que vous trouvez les plus utiles pour votre travail?

 

Craze: Très certainement les battle breaks dirtstyle, j’en ai utilisé beaucoup lors de mes battles.

Klev, qu’est-ce que tu as voulu apporter avec tes breakbeats avec Shotgun?

 

Klever: On voulait faire partie de la communauté. On voulait faire des disques de qualité avec des phrases à scratcher, des très bonnes boucles pour que les gens soient créatifs, des beats de malade pour que les gens puissent gagner des battles avec. On voulait générer des champions: c’est ce qu’on voulait faire.

Vous mixez tous des styles différents..

 

Klever: Plus de la house maintenant. Je peux tout mixer, mais je me structure plus sur la house maintenant.

Craze: Du Meringue, de la cumbia (rires). Je plaisante. Je change tous les mois. J’ai mes disques de miami bass. En ce moment d’autres vibes tropicales. Je ne peux même pas te dire ce que je mixerai le mois prochain. J’utilise des samples de hip house pour ce disque que je fais sur mon label Slow Roast, mais ensuite je sors aussi un ep de dubstep sur mon label. Je suis partout: l’année prochaine, je mixerai probablement du meringue, de la salsa, de la cumbia…

Jazzy Jeff: Je suis ouvert en ce qui concerne la musique. Je ne la catégorise pas. Le truc drôle est que j’ai joué beaucoup de trucs vraiment commerciaux – c’est peut-être la deuxième fois que je l’ai fait -, mais j’ai commencé à jouer de la musique commerciale, comme un pari que je pourrais prendre tous les hits, aller dans un club, et être l’un des meilleurs djs commerciaux parce que je pensais que si je pouvais aller dans un club, et scratcher, je pourrais montrer de la technique à des gens qui ne sont pas habitués au scratch. Mais j’ai toujours été dans l’underground, qu’il s’agisse du hiphop, du funk, de la soul, de la house. J’aime la musique, du moment qu’elle me plaît, tout va bien.

Il y a des dj sets qui vous ont impressionnés récemment?

Jazzy Jeff: Je ne pense plus être impressionné par des gens qui prennent des disques que personne a entendus, parce que c’est devenu le style. Tu as des gens qui veulent jouer des disques inconnus pour pouvoir être cool. D’un point de vue de la production, tu peux dire quand quelqu’un a soigneusement choisi ce disque et l’a utilisé là où il faut. C’était drôle parce que je suis très ami avec les Masters At Work, Kenny Dope et Louie Vega. Je suis allé à la Winter Music Conference, il y a de ça peut-être douze ans, et c’était absolument incroyable, pour moi, de voir 250000 personnes se rassembler, à Miami, avec 6000 personnes à leur soirée, et je voyais Kenny et Louie jouer un set de deux heures de toute la musique qu’ils ont produite. Et je me suis dit que c’était absolument incroyable. Tu vas au studio, et tu produis des disques, et tu peux sortir et jouer tes disques. Je voyais ces gars faire des tonnes et des tonnes d’argent, qu’ils utilisaient pour produire leurs disques, ensuite ils vendaient les disques, parce qu’ils jouaient les disques, les gens les aimaient, et ils continuaient! Et je me disais que c’était un cercle que personne ne cassait. Et ils le faisaient en indépendant. Dans le hiphop, on n’a pas ça. Pour moi il n’y a que dans la house que tu peux en fait créer ton propre créneau. Et je pense que maintenant, ça commence à se produire: des djs qui font leurs propres edits, des djs qui sortent leurs propres morceaux qu’ils peuvent jouer, et les gens peuvent les apprécier, pas seulement en tant que dj, mais en tant que producteur. Tu as des gars comme A-trak maintenant qui en fait produit des disques, et c’est drôle parce qu’il y a des gens qui regardent A-trak plus comme un producteur que comme un dj. Je pense toujours que ça va ensemble. Je pense que si tu es dj, tu vas automatiquement devenir producteur à un moment donné.

Klev, Craze et Jeff, vous avez été respectivement djs pour The Cool Kids, Kanye West, et Fresh Prince, est-ce que vous pensez-avoir pu exposer le scratch et le dj-ing à une échelle plus large que celle des spécialistes, et pensez-vous que le scratch et le dj-ing s’ouvrent au reste du monde?

Klever: Complètement. On n’a pas vraiment contribué avec The Cool Kids, ni Craze avec Kanye. Mais pour Fresh Prince et Jeff, ils ont vraiment été des précurseurs. Tu as des jeux vidéo, tu as des sonneries de téléphone avec du scratch, tu as des dessins animés pour les enfants, tu as des publicités avec du scratch: le scratch est là. Mais je ne pense pas qu’on ait contribué donc non. J’ai plus à dire pour Craze, mais je vais le laisser parler de son exposition avec la tournée (rires).

Craze: J’ai dû arrêter, parce que je n’avais pas d’exposition (rires). Quand A-trak était avec lui, oui, ils ont contribué au scratch, parce qu’il était une grande partie du show. Quand j’était en tournée, je portais un masque, j’étais comme dans une tranchée. On n’a pas vraiment fait quelque chose pour la communauté, on a juste joué de la musique pour Kanye.

Jazzy Jeff: Tu sais quoi, on était un groupe, donc c’était un élément du groupe. Il y avait un dj, il y avait un rappeur, et il y avait un human beat box. Tout le monde contribuait. Il y avait des fois où du point de vue du show, on était plus reçus comme un dj et un human beatbox qu’on ne l’était. Parce que c’était plus une mise en scène qu’il y avait dans tout l’aspect d’être un dj et d’être un human beat box. Mais je ne pense pas que nous considérions ça comme une contribution à quelque chose, je pense que c’était un groupe, c’était ton job.

Votre réaction au décès de Roc Raida?

Jazzy Jeff: Oh mec! C’était vraiment, vraiment dur, tu vois. J’avais parlé avec lui il n’y a pas longtemps. Il avait déménagé à environ 35 minutes de là où j’habite maintenant. Ca te fait comprendre que tu dois faire vraiment attention à apprécier les gens parce que tout arrive n’importe quand.

Klever: C’était terrible. Je n’étais pas du tout proche de lui, mais on a chillé ensemble plusieurs fois. Je sais qu’il m’aimait bien, et j’admirais vraiment ce gars. C’était terrible, c’était terrible.

Craze: Ouais, pour moi, je n’ai jamais vraiment connu de décès, qu’il s’agisse d’un grand décès dans ma famille, d’un grand décès dans mes amis. C’était la première expérience de décès pour moi. Et en plus de ça, c’était l’un de mes héros, c’était l’un de mes bons potes. On ne chillait pas ensemble tous les jours, mais il m’aimait beaucoup, et je l’aimais beaucoup. C’était l’un de ces trucs que tu ne prévoyais pas. Je me rappelle qu’on était en Italie, et j’ai dû courir dehors, parce que j’étais submergé par l’émotion, je commençais à pleurer parce que je me demandais ce qu’il se passait. C’était si surréaliste pour moi: je me disais que ce gars ne pouvait pas partir. C’était fou pour moi. Et en plus de ça, le fait d’être un être humain si bon, c’était un ami, c’était l’un de mes héros. Ca m’a flingué pendant une minute. Et comme je l’ai dit, c’était l’un des meilleurs êtres humains, c’était un mec en or (rires).

Il y a des djs en France que vous appréciez?

 

Craze: Birdy Nam Nam (rires).

Klever: Mon gars Kaze, et Birdy Nam Nam.

Craze: Kaze.

Jazzy Jeff: Je n’en connais pas (rires)!

Dans quel état est l’Amérique depuis que les républicains ont gagné les législatives?

Craze: Ils sont mauvais (rires)!

Klever: Ils ne scratchent pas, et ne sont pas djs. Je ne leur donne pas beaucoup de mon argent de toutes façons, donc qu’ils aillent se faire foutre.

Craze: Ils sont mauvais.

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Ces interviews croisées ont été réalisées dans le cadre de la finale du Redbull Thre3style 2010, dont le vainqueur fut Dj Karve. Toutes les informations sur l’événement passé ici, et pour l’édition 2011, par là !