Partout où ils passent ils remplissent les salles avec leur hip hop acoustique unique en France. Rencontre avec 20syl, Greem et Yann le manager du groupe nantais Hocus Pocus, le lendemain de leur seconde scène parisienne consécutive à la sortie de l’album 73 touches.

Partout où ils passent ils remplissent les salles avec leur hip hop acoustique unique en France. Rencontre avec 20syl, Greem et Yann le manager du groupe nantais Hocus Pocus, le lendemain de leur seconde scène parisienne consécutive à la sortie de l’album 73 touches.

Présentation des membres du groupe et résumé de votre carrière depuis votre première mixtape en 95  :

Greem : Alors pour commencer il y a 20syl qui manie le microphone (en anglais dans le texte ndlr) et les machines, moi même DJ Greem et les zicos qui nous suivent en live : Mathieu au clavier, Hervé à la basse, certains concerts Stéphanie la flûtiste, David le guitariste et hier au Tryptique nous avons eu le plaisir de recevoir Chloé, la chanteuse qui chante sur "J’aimerais". On aime bien aussi inviter les autres musiciens qui ont posé sur l’album, comme les cuivres, les claviéristes.. quand on peut organiser quelque chose avec des guests c’est toujours du bon!
20syl : En 95, donc notre première mixtape enregistrée sur un quatre pistes cassette avec un Expender. On reprenait "Casse Noisette" en guise de sample (rires)
A la base nous étions juste deux musiciens, je jouais la ligne de basse, la batterie et tout était sur Expender. En 97, on a rencontré Greem, c’est aussi l’année de notre premier sampleur, on a commencé à faire quelques morceaux et à bosser sur l’album Seconde Formule sorti en 98. A cette époque il y avait un autre Mc qui s’appelle Cambia. Après l’album on a essayé de faire quelques scènes mais la formule ne fonctionnait pas terrible, nous n’étions pas très à l’aise sur scène 2 MC’s-1 DJ….
On a donc un peu abandonné cette formule, j’ai continué à faire des prods de mon côté, Greem a poursuivi avec C2C, avec DJ Atom dans un premier temps puis en 2000-2001 on a commencé à bosser avec des zicos et l’on a compris qu’il y avait quelque chose à faire niveau scène, on a donc enchaîné quelques scènes.
En 2000-2001, il y a eu aussi la création du label et la sortie du premier maxi On &On : "Malade" puis le 8 titres. En fait on a gagné le tremplin MCM session c’est grâce à cela que l’on a pu éditer le 8 titres ("Acoustic HipHop" ndlr) que l’on considérait plus comme une maquette que comme un album abouti et qui restait assez brut..Puis il y a eu le second maxi avant le 73 touches.
Greem : L’Acoustic HipHop Quintet a été édité à 1000 exemplaires, 500 était réservé pour démarcher et pour la promo, 500 pour la vente. On ne le pensait pas très abouti du coup nous avons été très étonné car les gens en redemandaient à la Fnac… il y a donc eu repressage de 3000 ou 4000 exemplaires.
Yann : 5000
Greem : Euh le manager confirme 5000 (rires)
20syl : Et tout ça sans aucune promo, seulement du bouche à oreille et aucun réseau de distribution.

Pouvez vous nous expliquez l’origine du nom du groupe, Hocus Pocus ?

20syl : Hocus Pocus c’est une formule magique un peu comme abracadabra, ça veut dire tour de passe passe, "There’s no hocus pocus" c’est une expression courante en anglais qui signifie il n’y a pas de passe passe, pas de triche. Sur la première cassette, on avait enlevé le H de Hocus par souci de démarcation puis on l’a rajouté pour la symétrie du mot. Mais il n’y a pas de rapport avec le film de Disney, on s’appelait comme ça avant que le film sorte…

Vous faites parti d’un collectif de DJ C2C et d’un groupe de rap, qu’est ce que l’un apporte à l’autre?

Greem : Ca s’illustre par exemple sur le morceau "Feel Good" avec la touche scratch music, t’as des sons diversifiés, t’as une identité qui est propre au scratch donc ça enrichit les productions classiques. D’un autre sens avec Hocus Pocus, cela nous apporte des connexions avec des musiciens, le fait que 20syl produise ça nous aide pour Coup2cross et puis on peut éventuellement faire des dates ensemble.
20syl : Pour la musicalité c’est surtout au niveau des prods que j’ai senti la différence, avant d’avoir bossé avec des musiciens et après. Dans C2C, la différence est simple il n’y a pas d’instruments acoustiques, c’est juste des platines…


Vous venez de Nantes et vous vous décrivez vous même comme "un courant d’air provincial qui balaie les stéréotypes", quel recul cela vous apporte t’il par rapport à ce qui se passe à Paris ?

Greem : Le fait de vivre à Nantes nous apporte surtout un confort de vie que l’on ne pourrait pas avoir à Paris : à Nantes il y a moins de stress, on peut se voir plus facilement pour bosser. Quand on vient sur Paris, c’est pour le côté "business promo" ce qui a tendance à nous saoûler un peu.
20syl : On a l’impression qu’à Paris les journées sont moins longues, on perd du temps dans les transports, c’est compliqué de mettre en place des journées où on est vraiment productif, tandis qu’à Nantes on prend notre temps, on prend du recul comme tu dis on n’est pas influencé par le mouv’ car c’est vrai lorsque tu es à Paris tu es souvent dans un milieu business où tu te montes vite la tête avec les grosses tendances du moment qui sont bien marquées ici alors qu’à Nantes on fait ce qu’il nous plaît.
Greem : Je crois que l’on a de la chance d’avoir le côté artistique à Nantes mais tu es obligé de passer par Paris pour tous les contacts, le business. On & On a son siège à Paris et pour l’instant ça fonctionne pas mal comme ça, ensuite je pense qu’il y a toujours des inconvénients, chaque fois on est obligé de se ramener ici parce que tout se passe là, les contacts, les connexions. A Paris, on aurait peut-être eu plus de featurings je sais pas….

L’album s’appelle 73 touches, pourquoi un album dédié au Rhodes ?

20syl : On a d’abord trouvé le nom du morceau 73 touches et l’on a pensé que ce titre était assez représentatif de l’ensemble de l’album puisqu’on utilise le Fender Rhodes tout au long. Les touches symbolisent aussi les différentes couleurs de sonorités malgré l’opposition touche noire/blanche…


Combien de temps avez vous mis à réaliser cet album ?

20syl : Cela a pris à peu près 1 an 1/2 depuis la phase d’écriture des textes, l’élaboration des sons et la phase administrative qui a rallongé la sortie de l’album.


Il y a assez peu de plages sur l’album : c’est un choix ?

20syl : On n’a pas eu envie de rallonger inutilement l’album pour que les gens qui l’achètent puissent se dire "On en a eu pour notre argent"…On a trouvé qu’il y avait un certain équilibre avec les morceaux présents donc on a décidé de ne rien rajouter, il était cohérent avec 13 tracks, d’ailleurs il y a peu près 5 morceaux qui ont été rejetés.


Processus de création de l’album avec utilisation des instruments et des machines  :

20syl : Si l’on parle de cet album 73 touches, on a crée toutes les bases de morceaux à deux, moi, plus derrière les machines, et Greem derrière les platines à faire de la recherche de scratchs éventuels. Sur la base : beats/percussions/sample/basse, parfois aussi des bases de piano qui n’étaient que des idées mais que des vrais pianistes ont repris derrière, on a fait intervenir des musiciens : trompette, flûtes traversières,contrebasse, guitare pour enrichir les compos de base et réussir à faire des constructions plus élaborées et obtenir la diversité que l’on recherche.
Voilà c’est le processus de création de l’album en général. Maintenant quand on est en formation acoustique et que l’on crée, c’est vrai que ça fuse dans tous les sens pendant la répétition. Chacun envoie ses idées, moi je balance les boucles sur MPC, y’en a un autre qui va balancer un coup de piano, le batteur veut avoir un breakbeat qui sort un peu de l’ordinaire et on va partir dessus. On essaie de varier nos méthodes de travail, pour ne pas rentrer dans un schéma trop préétabli.

S. Solinas / B. Trichet 

Est ce que vous pensez à la scène quand vous créez un morceau ?

Greem : Non en fait on ne pense pas forcément au côté live, c’est vrai que lorsque l’on finit un morceau avec 20syl on se dit "tiens, là ça pourrait péter, ce breakbeat là etc.. On a commencé à bosser dans cette optique de remodeler les morceaux, on y pense mais on ne structure pas le morceau avant pour ensuite le jouer, une fois qu’il est figé on se dit qu’on va avoir telles ou telles idées et après le remodelage se fait avec les zicos.
20syl : c’est vrai que cet album n’a pas été trop pensé pour la scène on a vraiment fait l’album de A à Z et ensuite on a fait 3 semaines de réadaptation de chaque morceaux, quitte à changer les instrus totalement quand ça ne collait pas, quand on pensait que ce n’était pas réadaptable en live. Sur le morceau "Hip Hop", la programmation est trop tirée vers l’arrière, trop découpée et pour le pianiste c’est difficile de réadapter note par note donc on a choisi de refaire une instru complètement différente avec des références comme un petit plan de A Tribe Called Quest entre autre, en live ça rajoute quelque chose parce que les gens connaissent les riffs.


Vos thèmes sont décalés et imagés…

20syl : Je pense que c’est complètement naturel, c’est ma manière d’écrire, j’aborde les thèmes de manière détournée quand j’ai envie de faire passer un message c’est souvent de façon implicite et détournée, en abordant un point de vue un peu original par rapport à ce que l’on peut entendre ailleurs en rap français. On ne fait pas de rap de rue parce que ce n’est pas notre vécu et on n’a pas envie de raconter des choses que l’on ne connaît pas. Donc on parle de choses qui nous touchent. Pour moi, on peut raconter autant de choses qu’en variété française, c’est les mêmes choses mais c’est juste une manière de les dire avec certain débit.

On vous compare souvent à The Roots, pour ceux qui ne vous connaissent pas vraiment quelles sont vos différences avec eux ?

20syl : Il n’y a qu’à écouter 73 touches pour remarquer que l’on a pas du tout le même son que The Roots, quand tu nous vois sur scène c’est clair que la ressemblance est là avec la formation Rhodes/basse/batterie. Donc c’est la même formation à peu de choses près mais on ne s’en cache pas du tout et on reprend même des plans des Roots avec un medley à la fin parce que c’est des supers plans. C’est un groupe de musiciens comme d’autre et des formations comme cela on en retrouve dans d’autres groupes qui ne sont pas forcément hip hop. Eux ont fait du hip hop acoustique avant nous et ils sont une grosse influence. Mais sur disque on a notre identité et il suffit d’écouter pour s’en rendre compte que ce n’est pas The Roots.
Greem : C’est normal pour quelqu’un qui ne connaît pas d’avoir besoin d’un point de comparaison, si on te demandait c’est quoi Hocus Pocus et bah tu réponds tu connais The Roots, y a pas 10 000 groupes comme ça.

En parlant de vos influences, quelles sont t’elles ?

Greem : The Roots (rires), non y’en a plein  : ça va de Pete Rock à Jay Dee…
20syl : 9th Wonder, Krewcial, Foreign Exchange…

On retrouve de nombreux extraits connus dans vos morceaux (Erykah Badu, Common,T love, Cunnie Williams..), vous citez les origines du Hip Hop dans 73 touches, dans Feel Good avec C2C, 20syl parle des différentes figures de Djaying dans son texte en les mettant à l’oeuvre dans le morceau, dans Brouillon, vous jouez avec les styles de blackmusic : est-ce que votre but est d’initier un public large à un Hip Hop "authentique" ?

Greem : On a pas forcément cherché à initier un public, les références que l’on a faite c’est plus de l’illustration sonore comme dans "Brouillon". Ce qui nous plaît c’est que le public capte les figures de styles et réagit à ça. Après c’est sûr que lorsque l’on décrit les différents styles de black music à un public qui ne s’y connaît pas vraiment on fait découvrir des choses mais ce n’est pas à la base ce que l’on recherchait.

Pour parler un peu du packaging de l’album d’où vous vient le visuel et pourquoi avoir choisi de mettre les lyrics dans la pochette?

20syl : En fait on cherchait un visuel pour des affiches et en regardant MTV, je suis tombé sur l’image d’un mec de profil. J’ai trouvé ça intéressant. Alors j’ai pris le seul sujet que j’avais sous la main c’est à dire moi-même et je me suis photographié de profil, profil que j’ai ensuite redessiné sur Illustrator pour avoir un visage un peu anonyme. La différence pour 73 Touches c’est que le logo est tourné de l’autre côté, le profil a changé aussi mais reste toujours anonyme pour ne pas que l’on me reconnaisse…
Greem : Oui on a vraiment voulu un visage anonyme auquel tout le monde peut s’associer comme sur le panneau avec le piéton qui traverse ..(rires)
20syl : Après pour le reste on a choisi un digipack pour allier originalité et économie et le choix des couleurs beige/ noir ou doré/noire c’est pour le côté vintage.
Greem : Et on a inséré les lyrics dans la pochette parce que déjà nous on aime bien quand on a un livret avec plus de 3 feuilles, en plus les gens ne comprennent pas forcément tout ce que l’on dit et puis ça permet au public de chanter pendant les concerts! (rires)

Comment s’est passé la rencontre avec Ty ? Procussions ?

20syl : On avait fait une liste de feats possibles, ça allait de musiciens comme Magic Malik, Truffaz… on s’était fait notre petite liste de MC, de chanteurs et puis il y avait Ty dedans. On l’a rencontré sur les Championnats du monde de DJ, on lui a passé des maxis. Greem a gardé le contact par email et on a été à un de ses concerts, on lui a fait écouter les sons de l’album sur lequel on taffait, lui a été enthousiasmé par le truc et il nous a fait direct "Qu’est ce qu’on fait les gars ? On passe au studio allez on y va!" Nous on avait pas prévu ça du tout, on était à 50 bornes du studio. Il jouait 3 heures plus tard donc c’était un peu chaud et puis finalement il nous a un peu poussé, on a pris ma caisse, il a écrit son texte à l’arrière de la voiture et il est arrivé au studio avec "On & On" dans les oreilles, il a posé son texte et il est reparti. Il est arrivé sur scène il a fait son concert et ça c’est vraiment super bien passé.
Greem : Et donc à ce concert, la première partie de Ty c’était Procussions, que l’on avait jamais vu. A la fin du concert le mec qui s’occupait de la petite tournée de Procussions en France à commencé à parler avec nous, il nous a dit qu’ils allaient avoir des day-off . On lui a donc dit "Passez au studio, on est en train d’enregistrer l’album", les gars sont arrivés et on s’est aperçu que l’on avait la même approche du Hip Hop et sur le morceau "Hip Hop" c’est exactement ce qu’il nous fallait.

On&On : histoire de la structure, avantages et inconvénients de monter son label indépendant, apport de Musicast ?

20syl : Au départ On&On est né parce que l’on avait besoin d’une structure pour sortir des vinyls et on savait que c’était pas la peine de s’adresser à une maison de disque donc la question ne s’est pas vraiment posée il fallait que l’on crée une structure en indé.
Yann : Pour les avantages et les inconvénients, le positif c’est toute la liberté artistique mais après au niveau crédibilité pour démarcher on y perd pas mal, il y a plus de difficulté pour la diffusion et pour la promo c’est très dur de gérer seul avec peu d’argent. C’est vraiment un travail à temps plein avec énormément de courriers administratifs à remplir.
20syl : Musicast est un distributeur comme un autre pour nous, c’est eux qui ont su nous écouter et percevoir le mieux ce que l’on voulait faire de ce projet.

Le nom du label est-il une référence à Erykah Badu?

20syl : Oui, on peut considérer que c’est aussi une référence à Badu mais c’est surtout pour le côté encore et encore, on travaille encore, on s’arrête jamais.
Greem : Ca se rapproche des termes que tu trouves dans pleins de morceaux hip hop comme un "Get Down" ou un "Check it out" (rires) ..C’est la phrase que tu peux retrouver facilement et qui correspond tout à fait à notre univers.

S’il y avait un artiste à signer?

20syl : Pour l’instant nous n’avons pas les moyens tout simplement et il faut déjà avoir une assise plus importante au niveau de la structure du label. On se développe nous même et quand tout le monde en vivra on pourra signer d’autres artistes. Il se passe plein de choses intéressantes dans notre région mais de là à signer des gens… Je pense que l’on pourrait plus tout d’abord s’occuper d’importer des artistes comme les Procussions et de les distribuer en France, ce genre de groupes mérite que l’on parle d’eux et ils n’ont pas le support nécessaire en France. Ce serait donc plutôt ce type de collaboration dans un premier temps et peut être après des signatures.

Vous avez fait pas mal de scènes de festivals comme les Vieilles Charrues, les Francofolies… est ce que vous préparez différemment les grosses scènes et avez vous perçu des ambiances différentes par rapport à vos concerts habituels avec un public plus hip hop?

20syl : Si on compare les Vieilles Charrues, où on a joué devant un petit 10 000 personnes et où c’était bien impressionnant par la masse, il était 14 h, il faisait super chaud pure ambiance et la Maroquinerie où quand tu arrives c’est un petite salle bien chaleureuse et 6 jours après la sortie de l’album il y a un gros paquet de personnes qui connaissent déjà les paroles des nouveaux titres, franchement ça te fout une grosse claque même en comparaison a une scène devant 10 000 personnes.
Greem : L’essentiel c’est de te faire comprendre, quand tu vois que le public est accroché aux lèvres de 20syl et qu’il capte exactement la moindre référence, ils connaissent le changement qu’il y a entre l’album et le live t’hallucines! Alors qu’aux Vieilles Charrues c’était mortel mais les gens ne nous connaissent pas, ils ne nous ont pas suivi depuis le début.
20syl : La différence c’est que devant les personnes qui ne connaissent pas le truc : tu vas faire "Pascal" – qui est un morceau à texte, assez lent- il ne va rien se passer, ils vont attendre le morceau suivant où ça va speeder, et où le son sera festif. Tandis que dans une petite salle, sur "Pascal" il se passe quelque chose, les gens connaissent les paroles et réagissent vraiment aux phrases.

Est ce que les festivals ne vous permettent pas de toucher un public plus large?

20syl : C’est sûr que dans des concerts ou des festivals qui ne sont pas forcément hip hop, il y a des gens qui sont venus nous voir à la fin en nous disant "moi j’écoute de la techno ou du rock mais là vous m’avez convaincu." C’est super agréable, et puis il y a le côté instrumental qui casse un peu le cliché du rap.

S. Solinas / B. Trichet 

Aviez vous conscience que votre album était attendu ?

20syl : Il y avait toujours quelques personnes qui nous réclamaient la prochaine sortie.
Greem : On sait qu’il y a un noyau de fans mais c’est vrai que cet album a été repoussé à chaque fois notamment parce que l’on a changé de formation, ensuite on a eu des délires techniques..
20syl : Je pense qu’on a quand même un noyau de fans sur Paris mais quand on tourne en province il y a 3 mecs qui connaissent les morceaux et le reste du public n’a jamais écouté l’album. J’espère qu’on aura les mêmes répercussions en province que celles qu’on a eu sur nos dates parisiennes.
Greem : Pourtant à Paris il paraît que c’est super chaud de faire bouger les gens et quand on arrive à faire bouger les gens comme ça, ça nous met déjà en confiance.

Projets  : des gens avec qui vous voudriez travaillez, un autre album ?

20syl : Il y a déjà des producteurs qu’on aimerait voir travailler comme les SoulQuarians, Roy Hargrove, voir comment a été fait l’album de D’Angelo, un groupe pareil qui fait des trucs comme ça… c’est plus de la curiosité …En collaboration, on aimerait plus des chanteurs français comme Shurik’n, Dany Dan… en américains  : Asheru, J Live, Common,..  ça commence à être fat là (rires)…, plus des invités Dj ça serait sympa et peut être d’autres zicos.
Greem : Après si on avait des gens à produire ce serait peut être quelqu’un comme Rasco sur qui on a bien kiffé…Je kiffe bien Genius aussi, sa voix et sa façon de rapper.
20syl : Pour nos projets futurs, on voudrait déjà faire connaître cet album, puis celui de C2C, un deuxième maxi d’Hocus Pocus sur 73 touches avec 2 inédits, on a pensé au titre "Hip Hop", une version remix de "J’attends" qu’on avait en stock et toujours des bonus, des inédits.

Vous aviez parlé de Funky DL dans une interview, y’a t’il des projets de connexions avec lui ?

Greem : Yann a été chez lui et il était effectivement question d’une connexion avec lui parce que déjà c’est un artiste que l’on apprécie énormément mais qui ne bénéficie pas de la reconnaissance qu’il mérite.
Yann : Le problème c’est qu’il est souvent au Japon, là où ça marche pour lui donc on a un peu de mal à se capter mais le projet est toujours d’actualité.

L’album que vous recommanderiez en ce moment ?

20syl : Rapper Big Pooh (de Little Brother, ndlr)
Greem : Quantic Soul Orchestra et puis toujours des vieux trucs !