TTC n’est pas un groupe de rap français mais un groupe qui rappe en français. Retour sur « Bâtards Sensibles » et cette débauche insolente de sons et de rimes avec les trois rappeurs.

TTC n’est pas un groupe de rap français mais un groupe qui rappe en français. Retour sur "Bâtards Sensibles" et cette débauche insolente de sons et de rimes avec les trois rappeurs.

A la sortie de votre premier album étiez vous dans le même état, la même inquiétude, le même espoir qu’aujourd’hui ?

Tekilatex : Non, à vrai dire je ne m’en souviens pas vraiment… mais il me semble qu’à l’époque du premier album je ne savais pas du tout à quoi m’attendre, et là… en fait là non plus mais une partie de moi est persuadée que tout le travail qu’on a pu fournir depuis le premier album va payer d’une manière ou d’une autre, que ce soit en terme de ventes ou de fréquentation des concerts… Donc je suis toujours stressé mais un peu plus serein.

Cuizinier : A peu de choses près je pense que oui, ce qui est dur à vivre, passer d’un jour à l’autre, à se dire, oui ça va marcher, non c’est de la merde, c’est très éprouvant…

Tido : Non, pas du tout dans le même délire et c’est tout à fait normal, c’était le premier skeud du groupe après quelques années de gouffre, donc un grand soulagement, un peu comme une consécration à notre musique.

A la sortie de ce "Ceci N’est Pas Un Disque", saviez déjà ce que vous vouliez recommencer, ou de ce que vous ne vouliez plus faire ? Cela a t-il servi de base de travail pour ce "Bâtards Sensibles"?

Tekilatex : A la sortie de "Ceci…" notre état d’esprit c’était : "ne retournons plus jamais dans des studios professionnels, faisons tout à la maison à partir de maintenant"… et finalement "Bâtards Sensibles" ne s’est pas du tout fait comme ça… je pense plutôt que ce sont nos multiples collaborations et surtout le travail sur "Cadavres Exquis", "Buffet Des Anciens Elèves", "Beat Down" et "Cheap Fun" qui nous ont donné des bases de travail pour "Bâtards Sensibles".

Tido : L’important pour moi est de sortir des disques et de les défendre si besoin. Maintenant, je vis ma musique au jour le jour, mais tout ce qui me marquera, mes albums comme mes rencontres m’influencera directement, que je veuille ou non, en clair, tout est une base de données pour moi.


Quand vous êtes vous senti prêt pour ce deuxième album, le deuxième album étant en plus un seuil qui peut faire peur ?

Tekilatex : Je pense que c’est "Dans Le Club" qui a été le déclencheur.

Cuizinier : We ain’t never scared!

Tido : Tout de suite.


Ce deuxième album est en comité restreint par rapport à un premier album avec des feats et des producteurs plus nombreux, c’est une volonté ou une contrainte ?

Tekilatex : Plutôt une volonté, sur un premier album tu essayes plein de trucs et le résultat est une sorte de compte rendu de toutes les années de ta vie qui ont précédé ce premier disque. Sur un deuxième album tu te connais mieux en tant qu’artiste et tu as envie de t’appuyer sur tes points forts. Entre le premier et le deuxième on s’est rendu compte qu’on formait vraiment une équipe soudée entre la formation scénique de TTC, à savoir les trois rappeurs + Orgasmic, et le duo Fuckaloop avec qui on passe énormément de temps. Para et Tacteel avaient produit un morceau chacun sur "Ceci" et on s’était rapproché d’eux naturellement, ils ont un petit peu tourné avec nous en tant que djs sur les dates ou Orgasmic n’était pas libre, et on a tous bossé ensemble sur pas mal de choses… il y a eu la création d’Institubes… la réalisation de "l’Atelier" et de "Beat Down"… les soirées Superfamilleconne… etc.

Tido : Je me suis aperçu que les choses pouvaient aller deux fois plus vite, du fait de la proximité, oui c’était une volonté de tous.


Le fait que vous ayez travaillé de cette manière avec seulement 3 producteurs à du changer votre façon de concevoir le travail de groupe, comment s’est organisé, articulé les séances de travail ?

Tekilatex : Tout le monde a participé a tout, c’était vraiment du travail de groupe ou chacun des 6 participants avait son mot a dire.

Tido : On a progressivement tissé les voice dans les instrus, les textes les uns dans les autres.


Il y a une part plus importante donné à Orgasmic, déjà par sa présence sur la pochette, pourquoi ? En conséquence de son apport durant les concerts ?

Tekilatex : Il faut bien se rendre compte que nos tournées n’ont pas vraiment de commencement ni de fin, elles en ont parce qu’il faut bien les identifier mais quelque part, nous sommes presque CONTINUELLEMENT sur la route depuis un an et demi. Orgasmic est notre DJ sur scène, il est là sur toutes les dates, il passe sa vie avec nous, et puisque l’album a été en grande partie réalisé entre les dates du "dans ton club tour", il était là a chaque étape de la création de l’album. Quand il ne venait pas aux séances de studio de toute manière on réécoutait les "rushes" de l’album tous ensemble dans le van de la tournée ou dans les chambres d’hôtel et orgasmic donnait son avis, des conseils, etc… Il apparaît réellement sur un tiers des morceaux de l’album mais ses idées et son influence se ressentent sur l’album en entier.

Cuizinier : il a eu un gosse ce bâtard, depuis il a des comptes à rendre, il nous a un peu mis le couteau sous la gorge: "la pochette ou je me casse!".

Tido : Oui, tout à fait Orgasmic pour moi a toujours fait parti du groupe, il était déjà là avant même que TTC n’existe, une fois on s’est retrouvé au New Morning pour un concert de reggae avec que des darons visiblement hostiles à notre musique, on a quand même fait notre truc, et puis une heure après des mecs ont débarqué dans la salle pour tout voler, les vestiaires, la caisse, le matos, tout, Orgasmic était déjà là en protégeant sa Vestax, il donc légitime qu’il soit un membre du groupe TTC.

Le fait de multiplier les concerts où les soirées a-t-il joué dans la production des nouveaux morceaux? C’est un album à première vue plus festif, plus dancefloor ?

Tekilatex : Oui, même si on ne réfléchit pas vraiment a ces choses là au moment de créer, inconsciemment on a de plus en plus la volonté de faire des disques que les djs pourront passer dans leurs sets. Apres il faut voir le genre de musique que des djs comme ceux de la superfamilleconne ou bien nos amis Feadz, DJ AI, Wet, Diplo, Raze, Detect, Tron etc. sont capables de jouer en club! C’est un spectre très très large! Mais ils ont des exigences qui ne sont pas forcément celles des gens qui n’ont jamais passé de disques dans un club, et inévitablement ça déteint sur nous.

Cuizinier : Pas pour tout le monde en tout cas, t’as quand même des gens qui nous ont dit: "putain !! Vous y êtes allés fort, c’est plus dur d’accès que le premier, on m’avait dit que ça serait commercial, mais franchement à part "Meet The New Boss", je vois pas ce qu’il y a de commercial".

Tido : Je pense que oui, comme je le disais tout ce que tu feras et verras aura une conséquence sur ton son.

Durant l’intervalle entre les deux albums qu’elle a été votre meilleur souvenir et le pire ?

Tekilatex : Meilleurs souvenirs : La naissance de la petite Lucie, la fille d’Orgasmic… les voyages au Japon et en Amérique… la plupart des soirées superfamilleconne. pires souvenirs: Le stress intense généré par la finalisation de l’album.

Cuizinier : meilleurs souvenirs : Tokyo & New York. Pire souvenir : ne pas pouvoir repartir à Tokyo, parce que la vie des fois c’est difficile.

Tido : meilleur souvenir : la Finlande et cette file de meufs qui m’attendaient à la sortie des backstage pour que je leur signe des autographes. Pire souvenir : Mes machines qui lâchent en plein concert, j’ai donc du improviser quelque chose et c’est passé, mais bon c’était un stress énorme, même si la foule ne s’en rend pas compte toi tu le sais et c’est assez traumatisant…

J’ai l’impression que vous avez vraiment reussi à vous découvrir et ne plus à vous cacher derrière une sorte de poésie Anticonienne ou je ne sais quoi, à être plus direct dans la façon de d’écrire vos sentiments ?

Tekilatex : on a surtout une volonté de se rapprocher d’une écriture pop universelle. En musique, ou plus particulièrement en termes d’écriture, ça fonctionne comme dans les arts graphiques, ce sont souvent les choses les plus minimalistes qui fonctionnent le mieux et qui ne vieillissent pas. Et en plus de ça il faut arriver a imposer une touche et a trouver des mots qui marquent, qui ont du caractère et de la personnalité, qu’on ne va pas forcément entendre ailleurs, tout en évitant d’employer des mots trop connotés. Cette ligne a la fois épurée, directe, déterminée et forte en "gout", c »est un fil sur lequel on avance constamment.

Cuizinier : l’efficacité, c’est tout ce qui compte.

A l’image "Du Sang Sur Le Dancefloor" vous êtes revenus à des textes plus crus, un peu comme vous l’étiez sur "Game Over 99" par exemple, sans tomber dans des lourdeurs, vous avez fait attention à ne pas être gratuit? Quelle est votre définition de la vulgarité ?

Tekilatex : La vulgarité tu peux l’éviter si tu reste sur ce fil dont je parle dans la réponse d’avant. C’est aussi une question de ton et de contexte, les textes de girlfriend par exemple sont récités de manière tellement déshumanisée que toute impression de vulgarité est impossible. Et puis j’ai véritablement le sentiment que "Du Sang Sur Le Dancefloor" est un message d’amour et de prise de conscience de son corps.

Cuizinier : Comment ça on a fait attention à pas être gratuit, ca va pas Ferragus, les gens nous payent !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Tido : La vulgarité, c’est de cracher sur les autres pour se valoriser, c’est d’écraser les plus faibles pour s’enrichir, c’est d’essayer d’être quelqu’un que l’on n’est pas.

Il y a le diptyque "Girlfriend/Bâtards Sensibles" qui résume en partie l’album, c’est-à-dire que vous semblez continuellement être sur le fil de la frivolité, de l’hédonisme et en même temps super introspectif, il était pour vous impossible de faire "Girlfriend" sans faire à côté le morceau "Bâtard Sensible"? L’association des deux définit-il le concept du "Bâtard Sensible"?

Tekilatex : là, j’ai l’impression que la réponse est dans la quetion.

Tido : Oui, il est vrai que ces deux titres s’opposent de par leur forme, et de par leur contenu. Mais il ne résume en aucun cas l’album de "Bâtards Sensibles", c’est encore plus complexe que ça, on est pas juste super bâtard ou juste super sensible.

Seul invité (hormis Out One) c’est Busdriver et Radioinactive, avec qui vous avez tourné, comment vous avez travaillez ensemble, et comment ces derniers sont-ils dans leur façon de travaillez ? Que vous a apporté cette rencontre ?

Tekilatex : on a travaillé ensemble de la même manière que l’on travaille en tant que TTC. Leur manière de travailler a plein de points communs avec la notre. Ils ont incroyables, superbement efficaces derrière le micro… ce genre de rencontre c’est assez excitant, on a tellement d’admiration pour eux, et en même temps on a tellement envie d’être à la hauteur et de les épater, et eux se sont vraiment montrés curieux de notre travail, du coup les idées fusent dans tous les sens… "Latest Dance Craze" est loin d’être notre seule collaboration avec ces gens là.

Tido : On leur a fait écouter des squelettes de morceaux et il ont choisi celui qui portait comme nom de programme "Astro", Bus et Radio sont des mecs hyper précis dans leur taffe, ils sont rapides et très efficaces, dans la conception d’un morceau et c’est vraiment motivant de rencontrer des ricains comme ça.


Derrière l’humour et l’exagération de "Rap Jeu", qui peut ressembler à une sorte de suite à "Toi" ou à "Toi-même", il y a quand même une part de sérieux, vous avez un petit coté revanchard ?

Tekilatex : Je vois surtout "Rap Jeu" comme un morceau dont le texte est centré autour d’une valeur hypra importante en musique: "la connerie". Et je parle de "connerie" au sens noble du terme. On part du principe que tu peux raconter n’importe quoi, à partir moment ou c’est dit avec conviction, ça sera forcément cool.

Tido : Non pas du tout, mais ça m’a toujours fait marrer ces mecs qui se la jouent invincibles alors que personne ne l’est à part nous.


En vous déclarant membre de rap game et en multipliant les références tout le long de l’album au crunk et aux types de Dipset vous semblez être réconcilié avec le rap ?

Tekilatex : Quelque part oui mais en même temps, on est surtout "réconciliés" avec un certain rap qui est lui même plutôt "en embrouille" avec les puristes du rap. Demande a un type a fond dans le rap new yorkais "true school" nostalgique 90’s comme il en existe a chaque coin de rue (du moins en Europe) ce qu’il pense du crunk ou de la booty, il va te renvoyer chier. Enfin j’exagère, les mentalités changent un petit peu. Je pense que les gens sont presque prêts pour la victoire des robots sur l’espèce humaine.

Cuizinier : Aime le rap, il ne nous a jamais déçu, il évolue tout le temps et c’est tant mieux.

Tido : Le rap, je ne me suis jamais fâché avec, je me suis intéressé à la musique, pas grâce a lui mais j’ai commencé à composer grâce à lui, au départ, je dansais, et puis les dj’s ne passaient pas tout le temps le son que je kiffais alors j’ai fait mes propres beats.


"Le Chant des Hommes" sonne vraiment pop, sans pour autant ressembler à une parodie, mais plus à un hommage à une musique un peu tabou, qu’il n’est pas très bon d’avouer avoir écouté ou même apprécié enfant. C’est un peu une réponse aux mythes du rappeur qui est bien entendu élevé aux disques de funk et de soul ?

Tekilatex : Je tiens à souligner le fait que ce n’est en aucun cas une parodie mais bien un morceau sincère influencé par la grande musique pop. En effet on a grandi devant le TOP 50 en écoutant Jackie Quartz et encore aujourd’hui, les textes de chanson en français qui me font pleurer ou qui m’interpellent c’est pas les textes des rappeurs (ou peut être pas pour les mêmes raisons), c’est plutôt "juste une mise au point" ou "les yeux révolvers". En plus ce sont des textes totalement décomplexés et débarrassés de toute prétention pseudo artistique, c’est pop, c’est simple, c’est beau, c’est parfait. Les années 80 étaient marquées par les contradictions des débuts de la crise économique… C’est un grand lendemain de cuite, c’est à la fois la joie et la tristesse dans la même phrase, et c’est le genre de trucs qui nous parle.

Cuizinier : Il y a déjà eu pleins de titres rap très pop, le premier qui me vient à l’esprit c’est celui de Puff et Mase qui reprenait Bowie, il y a eu des milliards de trucs comme ça, maintenant c’est vrai que l’ont vient plus de la pop française et internationale, qui a bercé notre enfance plutôt que du funk ou de la soul, on a apprécié ça enfant et ne nous en cachons pas.

Tido : J’ai été élevé au son de milliers de tambours dans les rues de ma Guyane natale, lors du carnaval, le son de ces tambours se répercute sur les murs de maisons créoles, ce qui parfois entraîne un effet, une sorte d’écho, et puis les rythmes se mélangent, pour donner une sorte de miami bass, c’est à cela que j’ai été élevé, le funk et la soul m’ont marqué un peu plus tard, lorsque je me suis mis à acheter des disques.


Vous chantez sur ce morceau c’est une expérience plus angoissante que de rapper ?

Tekilatex : Personnellement j’inclus de plus en plus de mélodies, d’harmonies dans tous mes couplets donc je ne me rends pas compte de la différences.

Cuizinier : On évite l’angoisse, c’est plutôt la curiosité et la nouveauté qui nous intéresse.

Tido : Non, pour moi c’est la même chose, extérioriser des émotions.


L’album se conclu sur un instrumental de Fuck A Loop, TTC pourraient il se passer de ces 3 rappeurs ?

Tekilatex : bien sûr que non mais ça ne veut pas dire que l’on va s’interdire d’inclure une plage instrumentale comme une sorte de "conclusion" en douceur sur notre album. Et puis le son de "meet the new boss" synthétise bien ce qui fait le son actuel de ttc. Et puis il y a un rappeur sur "meet the new boss", c’est Out One.

Tido : Non, car les instrus sont toujours écrites dans le but de plaire à 3 mecs en priorité; Tek, Tido berman et Cuizinier.


L’album instru dispo avec l’album va-t-il aussi dans ce sens ? Donner une place à part entière aux productions de Tacteel, Para et Tido ?

Tekilatex : Oui. C’est aussi (et on ne s’en cache pas) une manière peut être plus simple pour les non francophones de rentrer dans l’album. C’est une autre porte. Mais le disque instrumental existe non pas parce que "les instrus sont tellement fortes qu’elles se suffisent a elles memes"… Justement, on n’est plus du tout dans l’optique "les beats d’un coté, les raps de l’autre", c’est un peu plus compliqué que cela, sur cet album les parties vocales sont tellement tissées dans les sons que finalement lorsque tu enlève les voix, leur empreinte reste, la coquille qu’est le beat a suivi les contours des voix et il reste une carapace qui a gardé la forme de nos raps. Il se passe quelque chose et même sans les voix, le son raconte toujours une histoire, par opposition a des instrus qui tournent en rond. C’est ça qui justifie l’existence de ce disque instrumental.

Tido : Les instrus sont faites pour les gens qui ne supportent pas le rap, on verra ce qu’ils en disent.


Vous avez aussi l’intention de sortir l’album en acapella, vous n’avez pas peur de vous faire déposséder de votre travail en proposant à la fois les beats et les voix ?

Tekilatex : Non, pour les raisons données dans la réponse d’avant… même quand nos voix ne sont pas là, leur empreinte reste, et c’est la même chose pour les beats, donc quelque part ça reste toujours du ttc, on ne se sent pas dépossédés. Et l’album acapella si ça peut inspirer des gens, c’est cool, je pense que les gens qui en feront quelque chose, nous connaissent assez bien pour savoir qu’il faut fournir de sacrés efforts avant d’arriver a nous épater. Les producteurs en herbe se placent directement en compétition avec Tacteel Para et Tido, donc tout de suite ça ne rigole pas.

Cuizinier : Non mais on va certainement le balancer sur le net et les gens feront leur vie avec.

Tido : Au contraire, cela va permettre à des dj inconnus de s’amuser avec, et d’en faire un autre usage.


Vous semblez à chaque fois vouloir tenter une nouvelle aventure quand une autre se finit, vous n’avez pas peur parfois de vous perdre? Qu’est ce qui vous faire ainsi courir?

Tekilatex : C’est l’ennui qui nous poursuit mais pour l’instant on coure plus vite que lui.

Cuizinier : bah oui, la maille !

Tido : Oui, mais pourquoi se répéter quand on a la chance de savoir et de pouvoir inventer des nouvelles choses, on a chacun des idées pertinentes.


Comment voyez vous le futur de TTC, quelle autre étape voulez vous franchir ? Les projets solos ?

Tekilatex : oui, les projets solos, on y pense tous de plus en plus… et puis un autre disque de L’Armée Des 12 avec La Caution…on verra bien, il est un peu tôt pour penser à tout ça.

Tido : Je ne sais pas, mais je pense à plusieurs albums, et puis tant que la demande s’accroît on n’arrêtera pas de produire des choses touchantes pour marquer notre époque et la traduire par le biais de notre musique.

Le Paris day & night de TTC, favorite spots, dîner, danse, verres et autres lieux insolites?

Tekilatex : Pour danser: les clubs des grands boulevards à Paris et les soirées improvisées dans les ambassades et autres réfectoires universitaires désaffectés (ceux qui y étaient s’en souviennent)

Cuizinier : Triptyque, weside kitchen meilleurs sandwiches de Paris, mon lit.


Par qui aimeriez vous vous faire remixer ?

Tekilatex : Disco D, Feadz, Oizo Et Jackson, Modeselektor, Gonzales, Skepta, Lil Jon, Sean Puffy Combs (J’ai bien dit Sean Puffy Combs et non P.Diddy).

Cuizinier : Dizzie, Lil Flip, David Banner, Daft Punk.

Tido : Prince et Modeselktor, Georges Clinton, Andy Warrel (clavier de Bootsy)


L’artiste international (ou français) hiphop or not dont vous aimeriez faire la première partie de sa tournée mondiale.

Tekilatex : Outkast.
Cuizinier : Lil Flip.
Tido : Prince.

(Base de La Brigade prépare un projet de remix/reprise de morceaux cultes de rap français "Caroline", "Ma Benz", "La Fièvre"..) quel remix d’un de vos morceaux cultes de rap français aimeriez vous faire…? Puisqu’on y est…vos morceaux de rap français.

Tekilatex : Sté "track cheul" et Démocrate D "Le Crime"
Cuizinier : Doc Gyneco "Viens Voir Le Docteur"
Tido :
Minister Amer « Les rates aiment les lascars »

Votre dernière découverte musicale ?

Tekilatex : Errorsmith
Cuizinier : Ciarra, Crime Mob.
Tido : Le Bontempi

Votre dernière déception musicale ?

Tekilatex : Le dernier Dizzee en étant vraiment pointilleux parce qu’il est quand même très bien, et puis les derniers albums de Twista et Ludacris auraient pu avoir des beats moins "rap crédible".

Cuizinier : Le nouvel album de Trick Daddy.

L’album que vous attendez le plus d’içi la fin de l’année/2005 ?

Tekilatex : Lil Jon "Crunk Juice"
Cuizinier : Lil Jon "Crunk Juice"
Tido : Les albums de Para One et de Tidoberman.

Le rappeur que vous ne pouvez pas écouter plus de 15 secondes ?

Tekilatex : Guru
Cuizinier : Tek
Tido : Diam’s

Qu’écoutiez vous il y a 10 ans, à l’automne 1994? Qu’écouterez vous dans 10 ans, à l’automne 2014?

Tekilatex : 1994: les dernières sorties Death Row, Ice Cube, Redman, les Beastie Boys, les premiers albums de Biggie et du wu et des trucs genre Digital Underground…2014: la musique générée par l’assimilation du morceau "Do You Know Squarepusher" par une génération d’artistes qui ont 13 ou 14 ans aujourd’hui.

Tido : Wu Tang, Das EFX et Biggie Smalls.

Cuiz’ : Sages Poètes De La Rue et Démocrates D. Dans 10 ans.je ne sais pas parce qu’un gangster ça ne vit pas bien longtemps..

Votre meilleur souvenir de live, c’était où?

Tekilatex : Tokyo
Cuizinier : Helsinki
Tido : Bataclan, Paris.

A part Ra, Kid Acne et Akroe avec qui vous avez plus ou moins collaboré quels les graphistes qui vous épatent et avec qui vous pourriez collaborer ?

Tekilatex : Déjà je tiens à souligner que je ne me sens pas proche du travail de Ra et que je ne pense pas que l’expérience de notre collaboration avec lui sera renouvelée. J’ai vraiment l’impression qu’on a trouvé l’interlocuteur parfait en la personne d’Akroe. Il est un peu le membre caché de TTC et je pense que je peux lui faire confiance presque aveuglément en terme de choix graphiques, il nous connaît depuis des années, il sait ce qui est bon pour nous, il est à la pointe dans son domaine et il y a un respect mutuel sans limite entre nous. Sinon en ce moment j’aime beaucoup ce que font KRSN et Honet, après j’arrive de moins en moins a saisir la différence entre designer et artiste… je ne sais pas si les gens dont j’aime les dessins seraient forcément capables de faire de belles pochettes de disques… mais j’aime vraiment beaucoup Pierre la Police, c’est aussi un auteur de référence pour moi.

Cuizinier : Plex (graphistes français quoi ont fait notamment le clip Basement Jaxxx), on aimerait qu’ils fassent notre prochain clip.