Le label anglais Big Dada est un des grands coup de coeur de la rédaction de 90bpm, pratiquement tous les artistes qu’il propose ont eu droit à un petit papier, une interview, ou des vidéos de concert sur votre site préféré.
De Mike Ladd à New Flesh, de Roots Manuva à Ty, c’est un hip hop rafraîchissant qu’il distribue, sans doute ce que la scène anglaise a offert de mieux ces dernières années. L’homme qui se cache derrière cette entité affiliée à Ninja Tune s’appelle Will Ashon. Il peut enfin nous expliquer son geste le plus ambitieux, le plus aventureux, le plus osé : avoir signé TTC.

Te considères-tu comme un artiste ?

Pas du tout.


Comment envisages-tu l’évolution du hip hop dans les prochaines années ?

La beauté du hip hop c’est qu’il est totalement imprévisible. Tu crois savoir où il va jusqu’à une nouvelle mutation qui contredit ton idée. Et généralement il s’agit plus d’une mutation que d’une évolution.



Quelle est la plus grosse surprise que tu as connue avec Big Dada ?

Ne pas vendre plus de disques !



Quelle est le plus gros succès de Big Dada ?

En terme de vente, c’est Run Come Save Me. (dernier album de Roots Manuva).



Y aura-t-il d’autres projets dans la lignée du Big Dada Sound ?

Oui, c’est prévu, on ne peut pas en dire plus pour l’instant.



Est-ce que tu t’occupes aussi des soirées Big Dada ?

Avant j’organisais les soirées, maintenant je me suis déchargé de ce travail au profit d’autres gens. J’essaie de toujours me déplacer pour voir jouer les artistes Big Dada quand ils sont programmés à Londres.



Quand et comment as-tu découvert le hip hop ?

A la fin des années quatre-vingt, avec Public Enemy, puis De la Soul.



Es-tu un crate digger, ou un dj ? Quel est le dernier disque que tu as acheté ?

Je ne suis pas dj. Le dernier disque que j’ai acheté est  » Tales of the Hood  » de Tubby T, du très bon UK Garage.



Quels sont les autres labels dont tu apprécies le travail ?

Tempa, Def Jux, Mike Lewis recordings, Equilibrium, SFDB, Son, Social Circles, et pleins d’autres.


Qui est l’auteur du très beau logo Big Dada ?

She One, la future légende du graff anglais.



Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui veut monter son label ?

Mon conseil ? Faire quelque chose de plus intéressant ! Plus sérieusement, je conseillerais à quelqu’un de le faire pour sortir de la musique vraiment essentielle à ses yeux, pas de la musique cool, intéressante ou glamour (car ça ne le sera probablement pas)



Quelle vision as-tu du rap français ?

Je n’ai pas de vision du rap français, ça n’est pas mon rôle de dire aux Français comment ils devraient gérer leur scène hip hop. Comme je l’ai déjà dit, la première fois que j’ai entendu TTC ça m’a fait penser à une version française de Ultramagnetic MC’s, des premiers Pharcyde et d’autres bons trucs dans le genre. J’ai donc eu envie de les signer, sans me soucier de la logistique impliquée, de la place qu’ils occupaient en France ou de n’importe quelle autre considération. Je voulais juste qu’ils me fassent un putain d’album. Et ce qu’ils ont fini par faire est encore meilleur que ce que j’espérais.



Quelle est ta chanson préférée ?

Peut-être  » Pas D’Armure « . Mais l’album est très constant, ça ne me semble pas approprié de choisir juste une chanson.



Les gens disent que les rappeurs sont les gens les plus difficiles avec qui travailler. Qu’en penses-tu ?

Je ne sais pas, je n’ai jamais travaillé avec d’autres gens ! Tous les gens qui travaillent avec Big Dada sont des gens de valeur, ils travaillent tous très dur pour rendre ce label intéressant. Donc je dirais que 90 % du temps ce sont des collaborateurs très agréables, ce qui est plus difficile à dire en ce qui me concerne.