Apathy, un des membres du collectif américain Demigodz était à Paris le 21 Avril pour un concert au Divan du Monde avec J Live, 7l and Esoteric et K- Skills. Nous en avons profité pour intercepter l’individu le temps d’une petite interview de présentation.

Bienvenue à Paris Apathy, une petite présentation pour nos lecteurs ?

Salut, je suis Apathy des Demigodz, j’ai travaillé avec Celph Titled, je suis signé chez Bronx Science Records, j’ai débuté sur le premier album de Jedi Mind Tricks THE PSYCHO-SOCIAL, CHEMICAL, BIOLOGICAL AND ELECTRO-MAGNETIC MANIPULATION OF HUMAN CONSCIOUSNESS et depuis j’ai fait diverses apparitions en solo ou en guest. Un de mes amis m’a présenté au crew Alien Nation, et j’ai rencontré Supernatural. Il y avait aussi les mecs de Sound Wave, Darkseed. Je faisais beaucoup de chose avec ces gens là, et puis je me suis mis à faire mes propres trucs.

Comment as-tu rencontré les Jedi Mind Tricks ?

 

En fait quand j’étais avec Alien Nation, j’ai obtenu un de leurs disques par la radio de l’université où j’étais dans le Connecticut. Je leur ai envoyé un mail pour leur dire qui j’étais, on s’est parlé au téléphone et ils m’ont finalement demandé de venir poser sur leur album. Je suis donc allé à Phillie pour poser trois couplets.

D’où vient ton nom ?

Au départ mon nom est inspiré de la bible, d’une histoire sur la femme de Loth. Lors de la destruction de Sodome et Gomorrhe, Dieu lui avait dit de fuir sans se retourner. Mais en entendant sa famille crier dans l’agonie, elle laissa ses émotions prendre le dessus et se retourna.Dieu la changea donc en statue de sel. Mon nom veut donc dire que la concentration me permet de contrôler mes émotions.


Quelle est ton actualité ?

Notre collectif, les Demigodz, vient de sortir un EP chez Ill Boogie Records, le label du producteur M Boogie.

Qui sont les Demigodz ?

Demigodz, c’est Celph Titled, Esoteric, 7l, Louis Logic, Rise, L Fudge, Spin 4th de Yaggfu Front, Open Mic qui est le fondateur du groupe, One Two et notre DJ Chum Da Animal Steel. Tout a commencé en 1992 avec Open Mic, et au fur et à mesure des années j’ai gardé le nom et j’ai fait progresser le crew. Open Mic fait toujours partie des Demigodz, et il est respecté en tant que fondateur, mais désormais c’est moi qui fait la plus grande partie du biz.


Quel est ton objectif ?

En ce qui concerne notre carrière, nous sommes tous des artistes solo qui avons des noms établis. Nous nous regroupons parce que nous sommes amis et que nous voulons que le gens voient cette unité dans ce que nous faisons. On s’entraide et on essaie de faire le meilleur produit possible pour un crew hip hop. Eventuellement ce serait cool de décrocher une distribution en major, comme DITC ou Wu Tang, un contrat où on peut travailler en solo et exister en tant que groupe en même temps.


Est-ce que tu produis ?

Oui, je signe quatre vingt pour cent des productions de mon album. Le reste sera assuré par 45 King, DR Period, Celph Titled et d’autres. Sinon, j’ai aussi produit le titre " the wickedest flow " que Rise a sorti en maxi, anisi que des titres pour le Ep de Demigodz. En tout, ça fait pas mal de productions, surtout cette année.


Que penses tu des Battle Mcs ?

Je trouve que faire des Battles est incroyable. Quand je suis arrivé dans le hip hop il y avait un très fort besoin de battles, pour que les MCs fassent leurs preuves. J’en ai fait beaucoup, j’en ai gagné pas mal, et donc les gens me considèrent un peu comme Battle MC maintenant. Je trouve que les battles sont devenues très vides, le concept est usé. Tout le monde en fait, ça ne veut plus rien dire d’en gagner, c’est ridicule.


Pour toi qui est le meilleur freestyler ?

Le meilleur freestyler que j’ai entendu de ma vie, je dirais que c’est Supernatural. Il y a aussi Juice, et pleins d’autres Š Il y a un gamin que j’ai entendu une fois dans ma vie, il s’appelle Shazdowblack, je n’en sais pas plus, je crois qu’il est dans le sud.Je l’ai entendu une fois sur 88 Hiphop quand ça existait encore, et je ne l’oublierai jamais.


Pourquoi le cd des Bootleggaz n’est-il sorti que sur white label ?

Bootleggaz, c’est juste des vieux morceaux qu’on voulait sortir au plus vite. C’était pour inciter les gens à aller écouter l’album, dont la date de sortie a finalement été repoussée. Il n’y a pas de distributeur officiel, juste moi.


Pour clore notre interview, pourrais-tu nous citer trois mots pour qualifier le hip hop ?

Culture, fierté, émotion.