Lorsque l?on parle de la scène hip hop de Toronto, quelques noms nous viennent à l?esprit. On pense le plus souvent à des gens comme Choclair, Saukrates, ou autre Kardinall Offishal. Pourtant la liste ne s?arrête pas là. Il existe d?autres artistes motivés et bourrés de talent, qui se battent continuellement pour se faire un nom parmis les plus grands.4th Pyramid en fait partie et il a eu la gentillesse de nous accorder un peu de son temps.

Lorsque l?on parle de la scène hip hop de Toronto, quelques noms nous viennent à l?esprit. On pense le plus souvent à des gens comme Choclair, Saukrates, ou autre Kardinall Offishal. Pourtant la liste ne s?arrête pas là. Il existe d?autres artistes motivés et bourrés de talent, qui se battent continuellement pour se faire un nom parmis les plus grands.4th Pyramid en fait partie et il a eu la gentillesse de nous accorder un peu de son temps.

Pour commencer, présente-toi à ceux qui ne te connaissent pas !

Ici c?est 4th Pyramid, artiste de Toronto qui essaye de faire parler de lui et de faire connaître sa musique.

D?où vient ton nom ?

J?avais beaucoup de mal à trouver un nom jusqu?en 97. Quand j’avais 17 ans j’arrètais pas d’écrire des textes. J’étais dans l’ambiance  »faut que je leur montre que je suis le meilleur » un peu arrogant avec des phases rentre dedans. Et un moment j’écris  »You don’t wanna fuck with the forth pyramid » comme ça ça me traverse la tête sans vraiment une raison précise. J’ai trouvé que 4th pyramid sonnait grave bien. Sûrement aussi du fait que j’ai des origines égyptiennes. Donc voilà c’est devenu mon nom. Après les 3 pyramides de Giza, voilà la 4é!

Pourrais tu me parler de la scène canadienne et la manière dont tu la perçois ?

Elle est en train de se développer petit à petit .D?un point de vue culturel, la scène est peu solide. Il y en a plusieurs en fait. Celle de Halifax, de Toronto, de Montréal ou de Vancouver. Le problème à Toronto c’est que je trouve qu’il y a finalement peu de gens vraiment intéressé par la musique et la culture hiphop. Les infrastructures sont là, magazins, labels..mais pas la mentalité qui n’est finalement pas trés ouverte et curieuse, y’a beaucoup de mecs  »jiggy » qui s’intéresse peu à ce qui se passe au niveau local et indépendant. Ils ont les yeux rivés vers new-York. En gros y’a les majors ont leurs rappers Kardinal Offishal, Saukrates et Choclair et ne vont pas chercher plus loin. Ca devient alors trés dur pour les petits groupes de percer. Y’a peu de gens à Toronto qui savent qui je suis et ce que je fais. D’ailleurs je ne fais parti d’aucun crew et je fréquente peu le  »milieu hiphop » de ma ville. Montréal, du peu que je ai vu, a l’air d’être plus accueillante et ouverte.


Est-il facile de s?imposer en tant que Canadien dans un milieu dominé par des américains ? As tu rencontré des difficultés ?

Non. En effet c?est pas si simple. De manière générale, la creativité artistique se retrouve beaucoup plus aux Etats-Unis que partout ailleurs.
Grâce a mes rencontres avec divers artistes américains, j?ai pu remarqué que les americains etaient beaucoup plus motivés à s?investir a 100% , comparé aux autres. Ici au Canada,en ce qui concerne les labels et les maisons de distribution , il est beaucoup plus dur de rencontrer les bonnes personnes, car 99% des deals que tu peux obtenir, ne couvrent que le territoire canadien. 31 millions de personnes vivent ici, donc tu ne sais pas toucher énormément de monde avec un deal canadien.
il existe beaucoup d?artistes canadiens doués qui n?ont pas été capables de trouver un support ou un tremplin, afin de faire de leur art un gagne pain.. En fin de compte, il est très frustrant de devoir a la fois abandonner les idées qui te font rêver, accepter cette façon de penser mais aussi de comprendre qu?il faut vraiment s?investir des années durant, avant de pouvoir vivre du hip hop. C’est vraiment un travail de longue haleine, encore plus au Canada.


Quels sont les rappeurs/producteurs canadiens les plus prometteurs selon toi ?

Il y a Brassmunk, Assassini, mon pote Theology 3 qui est un très bon producteur/MC, Saukrates fait aussi des bons trucs. Sans oublier the Butta babees qui font vraiment de la bonne musique.


Qu?est ce qui t?as fait découvri le hip hop ?

J?ai commencé par l?écouter à la radio. J?ai beaucoup aimé et un gars avec qui j?étais en cours, a commencé a me prêter des vieilles tapes de Ice cube, Da Lench Mob et c?est là que tout a commencé. Le premier album que je me suis écouté en boucle c’était Eric B & Rakim  »Paid In Full ».  »Illmatic » de Nas est certainement celui qui m’a le plus marqué et qui a le plus tourné en boucle!


Ton premier grand projet était un album instrumental intitulé << The light is but the shade of darkness >>.Quelles ont été tes influences sur ce projet ?

J?essayais juste de montrer les différentes dimensions que pouvaient prendre ma musique, de montrer la diversité de mes productions. J’adore le jazz, Miles Davis, Charlie Parker, Dizzy Gillespie et tant d’autres… cette musique influence beaucoup mes sons bien que je n’ai aucun à priori ou barrière concernant la musique que je peux sampler; j’ai acheté dernièrement des disques de vieux chants religieux. Je ne me suis pas seulement accroché a un seul type de musique. J’essaye surtout que le résultat ne soit pas tributaire des modes, que le disque soit intemporel. Il a été étiqueté comme étant hip hop. Mais il est beaucoup plus accessible musicalement parlant.


(en rigolant) Donc tu ne fais pas du hip hop ?

Bien sûr que si, je fais du hip hop.Ca reste du hip hop mais à ma propre manière?il y a beaucoup d?influences, comme de l?acid-jazz, dub, quelqu?un m?a dit récemment que c?était << scientifique >> , je dois avouer que l?idée m?a beaucoup plu

Comment les choses ont-elles évolué depuis la sortie de ton premier grand opus ? (cf << The light is bt the shade of darkness >>)

Beaucoup plus de gens me connaissent, moi et ma musique. En fait, ma vie n?a pas changé, et je suis toujours la même personne. Peut être que je suis devenu un peu plus sérieux à tous points de vue C?est cool que des gens aient entendu parlé de moi.


Sur quel label es-tu signé ?

Je ne suis signé nulle part a l?heure actuelle. Je suis plus un indépendant. C?est beaucoup mieux pour l?instant, j?utilise 4thpyramid productions, mon label, comme un vecteur pour exposer mes projets solos, et la musique que j?aime en ressort beaucoup mieux. J’aime le fait de ne pas être limité a travailler avec un seul label ou artiste. Je suis libre de faire ce que je veux, je n?ai aucune obligation

En tant que producteur, tu n?as jamais eu envie de toucher au micro ??de poser sur tes propres productions ?

A mes 16 ans, j ?avais réalisé une tape sur laquelle j?ai posé.11 titres.Ca s?appelle << Riddles of the Sphinx >>. Sinon j’ai posé pour le plaisir lors d’un show avec C-Rayz Walz. Sinon je bosse aussi avec un producteur de Toronto, Richie Malevolence.Allez sur mon site écoutez quelques trucs que j’ai fait!


Et que penses- tu du hip hop à l?heure actuelle ?

Des hauts et des bas. Il y a des moments où c?est fatiguant !


Je faisais allusion à la culture, à la communauté hip hop !

De plus en plus de personnes apprécient le hip hop, mais je crois que ça n?a pas nécessairement joué en faveur de la musique même. C?est vraiment dommage mais les gens commencent seulement a t?apprécier toi et ta musique s? ils voient que tu as de bonnes fréquentaions(entendé par là des frequentations << branchées >>) et de bons contacts. En fait quand tu représentes le << pur >> hip hop ,tu es automatqiement categorisé comme un type cool. Finalement, le hip-hop existe et se retrouve sous tant de diverses formes d?expressions. Il te suffit simplement de sélectionner et de choisir celle que tu veux..

Pour toi c?est donc plus un état d?esprit, une façon de vivre plutôt qu?une association de 4 éléments ?

C?est plus un état d?esprit, une façon de penser. Avec le temps tu finis par apprécier les différentes disciplines. C?est comme ça que je vois les choses.


Avec quels artistes as-tu déjà collaboré ?

Je travaille avec un groupe de Toronto qui s’appelle Asassini. Ils vont sorti un album auquel j’ai collaboré, avec le titre  »Bad Bloods » sur Heavy Heads Entertainment, un label que j’apprécie beaucoup, qui a notamment lancé la carrière de Brassmunk, j?ai fait un remix pour Slaughter house V. Voilà pour l?officiel. J?ai également collaboré sur un paquet de << ghosts tracks >>, et de mixtapes. Et ma dernière collaboration est avec C-Rayz Walz sur le label Subverse.


Comment as-tu rencontré C-Rayz ? Avait-il déjà entendu certains de tes sons ?

Il avait entendu parlé de moi et moi je savais qu?il était a NY. On s?est rencontré, on a un peu rigolé. Je lui ai fait écouté des sons que j’avais sur moi, il a apprécie et on est resté en contact depuis. C’est vraiment devenu un pote.


Le maxi s?appelle  »The Angel and the Peacher ». Pourquoi avoir choisi ce nom ?

Je suis resté une semaine avec C Rayz à New-York, pour enregistrer le maxi au D’n’D Studio. Ce mec a un talent incroyable, une personnalité vraiment hors du commun. Un jour il m’a dit  »I’m an angel watch this » faisant sourire dans la rue toutes les personnes qu’il croisait.  »The Angel » est devenu son surnom. Concernant  »The Preacher » c’est un surnom que j’ai pris en pensant à mon grand père, un prêtre copte que je n’ai hélas jamais connu. Les coptes sont des gens trés croyants, je suis allé étant jeune à l’église copte et j’ai toujours senti que l’esprit de mon grand-père se perpétuait en moi.


Comment s’est faite la connection avec le label Subverse ?

En fait Subverse voulait travailler depuis quelques temps avec C Rayz Walz. Un jour on est allé dans leurs bureaux ensemble, j’avais le CD de mon album instrumental avec moi. Je l’ai passé à un des responsables du label. Il a écouté le cd pendant plus d’une demi-heure et est ressorti du bureau en me disant  »Oki j’aime beaucoup, dès que C-Rayz et toi avec des morceaux de prêt, faites les moi écouter ». franchement j’étais heureux car Subverse est un label dont je respecte beaucoup la démarche artistique.On leur a rapidement fait écouter les deux morceaux du maxi et ils ont grave accroché.


Y aura-t-il une nouvelle collaboration ?

Il y en aura beaucoup plus. On travaille continuellement ensemble. On prépare un nouveau maxi et un EP. On échange sans cesse nos idées. On cherche à créer des nouveaux sons, des nouvelles dimensions.


Et tu as des projets solos ?

Je suis en train de bosser sur un nouveau projet solo, sûrement instrumental << Return To Primate >>. J espère l’avoir terminé pour le printemps.


Quels sont tes 5 maxis/albums préférés de 2001 ?

Sas ordre particulier je dirais Cannibal OX – << The cold Vein >>, Jay-Z << The Blueprint >>; Jay-Z << Unplugged >> , le dernier EP de Unspoken Heard << BMIG >>et le très bon retour de Killah Priest avec son album << Priesthood >>.J?ai également beaucoup aimé le << Stillmatic >> de Nas. Pour les maxis, je citerais le Juggaknots << WKRP in NYC >>, le dernier instrumental de MF Doom, le << Home >> de The Mission et le C-Rayz << Whodafuckareyou >>


Un dernier mot ? Une dédicace ?

Oui? Merci beaucoup pour l?interview mec,j?apprecie beaucoup.
paix a mon gars Big Headed pour la connexion et a tout ceux qui ont achetés mes trucs et qui m?ont supporté. Visitez aussi 4thPyramid.com pour toutes les infos me concernant. Merci. Peace


Discographie :


Lyrical Terrorists  »Riddles of the Sphinx »
LP ( Co-Produit par The Verbal Sniper qui rappe également. Sorti en cassette 1998)


4th Pyramid  »The Light Is But The Shade of the Darkness »
(4th Pyramid Productions 2000).Produit par 4th Pyramid @ The Lair, Toronto ON.Maxis


C-Rayz Walz Presents The Angel & The Preacher  »Mood swing/Make it happen »
(2001 Subverse Music).Produit par 4th Pyramid @ D&D Studios, NYC NY.
Guest Appearances & Mixtape Exclusives


Slaughter House V « Pentagon Destructo Factor (4th Pyramid Remix) »
Pentagon Destructo Factor EP (Limited Edition 2000)


DJ Black Panther (NYC) « Bonus Ayo Verse (featuring C-Rayz Walz) » (Dark Matter Mixtape 2001)


DJ Krylon (Amsterdam) « Pyramid AMS Session » (Fo The Heads 2001)