Pif paf plouf! Le Bloc devait aligner la plus belle line-up électronique d’Europe mais le festival a sombré sans pouvoir sauver les meubles. La faute au climat anglais? Une trop grande proximité avec la Tamise? Aux anglaises uniquement vêtues d’un bandana (ai-je dit ça tout fort?)? Rien de tout ça. Réponse et crash report d’un festival avorté au bout de quatre concerts tandis qu’il s’apprêtait à devenir aussi huge que le Sonar.


Devant cette affiche plus alléchante qu’une vitrine de chocolatier, 90bpm se devait de missionner une équipe de choc, de chic et de charme au Bloc Festival pour pavoiser comme des paons et se faire les ambassadeurs du bon goût et de la presse électronique d’en France. Appareils photos en mains et interviews par kilos (plus ou moins) calées sur le planning, nous devions, pour toi lecteur, ramener de belles rencontres et de belles images provenant de ce supermarché des grands faiseurs de l’électro où l’on trouve son compte à chaque rayon.

 

Eh bien la séance-diapo n’aura pas lieu les enfants. Pourquoi? Rappel des faits. Nous sommes vendredi 6 Juillet, il fait beau et chaud, fait rare à Londres. Le Bloc festival réunit quelques huiles de l’éléctro contemporaine sur un même site pendant deux jours, fait rare dans le monde entier. Peut-être est-ce cette concentration de grands esprits dans un même lieu qui la déclencha mais dès 23h une onde grasse et vaseuse se fait sentir. Le public ne patauge pas que dans la boue et l’animosité de la foule devant les chapiteaux fait tremper nos esprits d’incertitude jusqu’aux genoux. Juste le temps de faire craquer ses dix doigts et de digérer une mauvaise collation avec une mauvaise bière en ratant DOOM (du moins en y assistant de très loin) pour se rendre compte que quelque chose ne tourne pas rond. Le public est coincé devant les chapiteaux, plus personne ne rentre et la rumeur d’une semi-émeute à l’entrée du site se propage comme une grippe.


 


Rumeur confirmée par l’arrivée massive de la police dans la demi-heure, le festival est annulé pour la soirée et nous apprendrons le lendemain que l’annulation concerne la totalité du festival. Il avait pourtant tout pour plaire ce festival. Ça serait un homme je lui aurais confié ma fille. Le site du Victoria Pleasure’s Gardens est superbe, entre la zone désaffectée Berlinoise avec ses bâtiments à l’abandon et le dock purement britton symbolisé par son phare, son bateau-scène au doux nom de pâtisserie allemande (le MS Stubnitz) et… sa Tamise. Sans explication officielle, deux hypothèses s’offrent à nous :

 

La première voudrait que les organisateurs du Bloc Festival souffrent de cette particularité anatomique consistant à avoir des yeux plus gros que le ventre. Le site ne peut accueillir (décemment) que 8 000 personnes tandis que 15 000 billets ont été mis en vente. C’est très gourmand de leur part et c’est le genre d’erreur qui pourrait leur coûter l’avenir du festival.

 

La seconde est tout aussi probable : les artistes annoncés n’ont en fait jamais été présents sur place. La plupart n’existerait même pas comme Snoop Doggy Dog, qui est un hologramme servant de prototype pour préparer celui de Tupac (et Mozart et Charlemagne et Jean-Paul Sartre). Le Bloc n’est en fait qu’une société fantôme, une escroquerie massive consistant, de la part des instigateurs, à saboter leur propre festival, a récolter des fonds destinés à payer des artistes dont on ne verra jamais la couleur et s’enfuir en Uruguay pour recommencer une nouvelle vie. Une arnaque à refiler une demi-molle à Julien Courbet, oui Madame !


Une vidéo amateur du "drame" avec une bande-son odieuse :



 

On vous laisse apprécier ce que nous avons raté:

 


Malgré le ridicule de la chose, nous vous rapporterons tout de même (sur le peu auquel nous avons assisté) que Nicolas Jaar a effectivement une formule scénique (avec saxophoniste) qui décolle gentiment le papier peint de son album, que Digital Mystikz n’est ni digital, ni mystique mais en tout cas surprenant (dans son domaine) qu’Amon Tobin, en live, ça peut égorger du cochon avec un marteau piqueur comme Skrillex (sans blague) autant qu’être émouvant avec de l’ambient invertébré. Qui plus est le show est depuis quelques temps accompagné d’un VJing plutôt bien pensé et d’effets pyrotechniques (sans blague). "Amon Tobin au Château de Versailles" : ça ne saurait tarder. Si Shackleton est fascinant sur album, il est un tantinet fatiguant sur scène. A moins que quelqu’un ait glissé un GHB dans ma gentiane. Quant à DOOM (et ses rhumatismes), il est égal à lui-même (si c’est bien lui). Il faut peut-être songer à abaisser l’âge de la retraite (du live) pour les rappeurs ou alors la prochaine fois, pensez à lui amener de quoi réaliser un play-back, ça le fatiguera moins pour le même résultat. Et puis il sera moins énervé quand il rentrera à l’hospice après l’extinction des feux.


Une autre vidéo amateur du crash lors de l’annulation de Snoop Dogg :



Résultat : le meilleur son de ce week-end restera Au Sevé de Julio Bashmore entendu dans un after d’after d’after à Camden où la MDMA se partageait aussi facilement que les MST (j’exagère pour vous offrir du "rêve", c’est ça aussi 90bpm).