Des riddims terroristes dans les radios londoniennes à l’explosion de Dizzee Rascal avec « Boy in da Corner », ça va faire maintenant quatre ans que le grime fait rebondir les fessiers anglais.

Partis du speed garage puis du bashment et du 2 step dans lequel Wiley officiait encore au début du millénaire, les jeunes d’ East London (stand up) ont pris le relai du So solid crew en durcissant l’ influence 2 step pour en faire un truc tuff qui leur correspondrait plus. La suite, c’ est la naissance d’une armée de crews créant le buzz à partir de mix-tapes pirates, white-labels, clashs et autres piques verbales ou non (cf Dizzee vs So solid) sur Londres et province (dernièrement Raw T à Manchester qui héberge aussi Mark 1 avec Virus syndicate dans un style plus dark, plus dubstep, plus rephlex, plus tout ce que vous voulez). Parmi les légendes urbaines les plus connues, on peut citer Roll deep qui est un peu le Wu tang du grime (Wiley, Danny weed, Dizzee anciennement), Ruff sqwad et leur compilation Guns n roses, Black ops de Jon E. Cash, Aftershock, More fire crew, East connection ou N.A.S.T.Y. crew (Demon, Ghetto, Kano etc).

Si le show de leurs ex-mates Jammer et D Double E – désormais sur le label de Dizzee Dirty stank – à Poulet & Bière 2 est plus resté dans le grime crade et sombre, tout en reprenant les instrus de Roll deep, Crazy titch, Kano & Demon, Wiley, Dizzee, Fire camp, Lethal b, ou encore un son bashment du So solid "Oh no", Dizzee et Wiley restent le meilleur exemple de la face crossover; l’ un explosant tout dans tout ce qu’ il fait avec autant de classiques que "I luv u", "Stop dat", "Stand up tall", "Give u more" et l’ autre dans ses prods sorties d’un igloo digital (d’ où l’ appellation d’eskibeat rentrée dans le monde merveilleux des sous genres aux côtés du 8 bars et autre sublow de Jon E.
Cash).

Leurs lps sur XL recordings ou les compilations "Run the road" et "Lords of the decks" ayant permis son exposition, la scène demeure quand même bien (trop?) ghetto, les principales collaborations restant dans le même move (The Streets ou MJ Cole avec un remix 2 step du "Step back" de Shystie); exception faite encore de Dizzee qui s’ invite chez Basement Jaxx et Lil’ Jon, tout en ayant Kurt Cobain comme idole et en s’endormant avec du Luda. On remarque toutefois que depuis deux ans beaucoup de mcs ont comme lui tendance à se détacher de leurs racines garage, plus influencés par
les gros standards mainstream entre les mecs d’Aftershock qui font du r’n’g, la déclaration de guerre de Kano "Ps & qs" dans un style plus sudiste. ou le dernier Roll Deep (faisant de ce fait plus du uk hiphop que du grime de base, encore considéré comme du garage en 2002 avec Bigshot, Youngstar ou Musical mob; mais l’ arrivée des mcs qui se sont mis à faire des beats de leur côté en réaction au son cheesy avait déjà rendu les frontières avec le hiphop de plus en plus floues). En attendant son solo sur 679, on peut toujours conseiller aux amateurs de son anglais, sa venue avec Demon et Ghetto au Nouveau Casino, les mixs généralistes de Dye ou Cameo, et ceux de Logan Sama pour les plus grimey. 

PLAYLIST (Vibes Eater, Bluff)
– Dizzee rascal "I luv u"
– Musical mobb "Pulse X"
– Virus syndicate "Slow down"
– Dizzee rascal "Stand up tall"
– J sweet "Scratch"
– Wiley kat "Eskimo"
– Freaknasty ft. Rodney p "Come let me know" (Delinquent mix)
– Dj Zinc ft. Dynamite mc "People 4"
– Roll deep crew "Bounce"
– Kano ft. Demon, Lethal b, Ghetto "Ps & qs remix"
– Crazy titch ft. Alias "Gully"