<> (Trax68) Feadz, membre de l’écurie Bpitch et compagnon de jeu de Mr Oizo ne s’est pas fait que des amis. Normal que le vilain petit canard de l’electro française en même temps se sent proche du fils indigne du rap français. Petit historique d’un label.

«Le nouveau son français c’est plutôt le nouveau label Hip Hop électronique Institubes » (Trax68) Feadz, membre de l’écurie Bpitch et compagnon de jeu de Mr Oizo ne s’est pas fait que des amis. Normal que le vilain petit canard de l’electro française en même temps se sent proche du fils indigne du rap français. Petit historique d’un label.

Coincé au fond d’un disque dur, les travaux d’été de Tekilatex Fuckaloop Cyanure Fuzzati et James Delleck peinaient à trouver preneur. L’Atelier, tel était le nom de projet, si elle entraînait de la curiosité, n’attirait pas la convoitise des labels qui, trouvant cela soit trop rap pour être électronique, ou trop électronique pour être rap, traînaient mollement les pieds.

Et puis à coté de ce projet, il y avait le rêve que tout fou de musique a : fonder sa structure, son label. C’est un peu comme devenir propriétaire, on peut faire ce que l’on veut chez soit, mettre fort la musique, peindre les murs en rose, demander à ses potes de venir dormir, bref foutre un joyeux bordel sans que personne n’ai le droit de vous rappeler à l’ordre.

Face à l’addition de ses deux situations, Tekilatex, Tacteel et Para (face visible de l’iceberg) et Aaron Krickstein alias Etienne, OrioG et Ton JR se sont donc unis, mis quelques idées et économies en commun pour créer Institubes, déjà pour sortir cet Atelier, puis à long terme, produire les morceaux qu’ils font chez eux et qu’ils fallaient des mois pour sortir sur un autre label, bref s’offrir une indépendance.

L’Atelier sort donc en cd et sous la forme d’un Ep. Truffé à la fois de tubes presque pop (Le Hip Hop C’est Mon Pote) de morceaux plus introspectifs (La Ville En Juin, Je Pense Cependant Qu’on Approche) et de pièces instrumentales intense (Acapellas & Cathedrals ). Une première sortie qui résume aussi l’esprit de la maison, avec une musique exigeante sans être pompeuse ou prétentieuse, une volonté affichée et en aucun cas paradoxale de s’approcher d’une musique proche d’un format pop dans le sens premier du terme «ouvert à tous » et un esprit familiale « entres potes » je dirais presque. Une musique qui en tout cas ne se cloisonne pas dans un style, un courant, et qui décolle les étiquettes.

Associé au label c’est aussi des visuels, se rappelant que tout label se doit avoir une charte graphique importante et que chaque sortie doit marquer les yeux autant que les oreilles. Institubes s’adjoint donc les services d’Akroe. Il crée le logo et participe à chaque pochette où il a carte blanche. Loin des visuels compliqués voir alambiqués de Lex ou de Warp, Institubes se la joue simple, voir naïf, retranscrivant en image le contenu sonore des maxis.

Il faut cependant attendre le maxi de Para One Beat Down ep, pour récupérer le premier gros tube du label, si le morceau « rap » conviant en autre le New Yorkais Tes est déjà connu, c’est «Turtle Trouble» qui met tous le monde d’accord. Ce titre, qui n’aurait pas fait tache, sur un «Tracks On Da Rock» de Thomas Bangalter, c’est la bombe dancefloor par définition, un beat une basse, un gimmick secoué dans tous les sens, un «tune», qui donne l’envie de suer un grand coup.

Le label est familiale -disait on- et c’est donc un peu normal que l’on retrouve le bestiaire vivant de Team Tendo pour un WE explosif où ATM Cougar & Cute Groundhog, convie Eve à bouncer sur leurs hymnes 8bits foldingues.

Et demain ? A la recherche d’une pérennité méritée, le label va continuer les prochains mois à nous fournir en galette. C’est tout d’abord la sortie du second maxi de Para One qui est attendu fin novembre. Artisan du Bâtards Sensibles, on peu s’attendre à tout mais sûrement au meilleur. Un Para One surbooké car si on peut attendre un long format en 2005, on sait d’or et déjà qu’il sera un des producteurs du prochain Existereo (aux côtés de Feadz, Tido, Tacteel, Kid Rolex) qui sortira aussi sur Institubes. Ensuite c’est le «Industrial Pimp» de Cuizinier, mille fois espéré et autant de fois repoussé, qui devrait enfin voir le jour avec sans doute les deux Baiseurs de Boucles derrière les manettes.

S’il serait présomptueux de réaffirmer les propos de Feadz, Institubes a, en quelques maxis, su s’affirmer, non seulement chez les critiques, mais aussi chez les dj’s qu’il soit reconnu ou en herbe. Un public qu’on sait déjà fidèle et prêt à suivre cette aventure Institubes les oreilles aux aguets.

Playlist Institubes par Etienne et Orio :

Leslie & Lamine – "Sobri (notre destin)"
Pour moi, le chef d’oeuvre de la FM de cet été, une très grande réussite crossover, un parfait exemple de ce qu’on pourrait appeller le "miracle" pop.

Tacteel – "Cheap Fun"
Je ne le liste pas parce que c’est mon boss mais parce qu’il est fort. Mention spéciale à "Beats like that".

Benny Benassi feat. Dhany – "Hit my heart"
Le riff de synthé est fascinant, à la fois laid et sensible, il fait penser à une araignée en plexiglass. Ca a déjà été fait mille fois mais ça ne me plaisait pas, alors que là, si.

Teamtendo – Miss EP
"Tuerie", comme on dit sur l’Internet. Une musique que je qualifierais de débile positive.

Etienne de Crécy & Philippe Zdar – "Poisoned"
Gros changement de registre pour Superdiscount, ici un morceau moitié-béat, moitié-méchant, excellent. Le LP est bien.

Le Dust Sucker – "Le Dust Sucker"
Il faut être honnête, ce disque peut être assez chiant car il se base plus sur une seule formule (un pied désinvolte + un sample lancinant et rugueux qui enfle + une sorte d’énergie rock post-mortem) mais bizarrement le côté chiant parvient à être distrayant, voire obsédant.

Enemy Love – "Weekender"
Un morceau Dance-Oriented-Rock sorti un label techno, pas faramineux mais intense et bien construit.

Jay-Z – "Encore"
Alors que j’avais déjà écouté ce morceau une bonne vingtaine de fois, j’ai soudain découvert que la basse y faisait une sorte de mélodie percussive pas possible.

Stevie Wonder – "Ten zillion light years away"
Je n’ai jamais trop aimé "Stevie" comme on l’appelle, ses claviers nasillards me cassent les oreilles le plus souvent (no offense à Manu), mais ce morceau me tue. Ce qui est très fort c’est que le couplet pourrait être le refrain et vice-versa, un flux d’harmonie chrétienne compréhensible par les athées.

R Kelly – "Bump’n’grind (old school remix)"
Quand le beat part, on ne peut plus rien faire, c’est une slow jam sado-maso. Je tiens à dire avec le plus grand sérieux que la musique de R. Kelly m’aide beaucoup dans la vie, et je ne parle pas uniquement de serrer des meufs en tamisant une lampe Habitat minable.

Christophe – "La dolce vita"
Slow bouleversant qu’on m’a fait découvrir récemment, à ne pas prendre au deuxième degré.

Justus Kohncke – "Timecode"
Electro-pop sur Kompakt, dit comme ça, ça a l’air chiant mais ce titre lent et simple, aussi triste qu’euphorisant, vient mettre tout le monde d’accord.

B-52’s – "Girl from Ipanema goes to Greenland"
Un morceau subtilement hystérique, un tube total et parfait sur un album nul, quelle audace.

Armando "Land Of Confusion"

Le bateau ivre acid d’un jeune prodige adolescent de southside chicago…je donnerais toute l’idm pour trois mesures du drum programming de ce morceau..

Jacques Thollot "Cécile"
1971, un batteur de free jazz enfermé dans un studio avec piano, orgue, effets électroniques et overdubbing…

Kraftwerk "Numbers"
Comptabilité & réification de la masse – l’inverse ?…ou comment faire de la musique d’après Marx.

Paris Hilton ft. Won G "Caught Up In The Rapture"
…swingin biyaaaaaaatch

Hypo "Random Veneziano"
Plunderpop et collage juste, qui ne se laisse ni absorber ni méduser par les objets musicaux qu’il manipule, tout en
en révélant la part (réelle) de…beauté (???)

Milanese "Billy Hologram"
j’ai juste dansé pas mal dessus ces derniers temps.