L’ALBUM EST SORTI UN PEU PAR SURPRISE QUELQUES HEURES APRÈS LA DIVULGATION D’UN UNIQUE TEASER (LE CLIP DE « 1985 »).

 

 

La prolificité de Alchemist n’est plus à contester. Le producteur sort des projets assez régulièrement, c’est le moins que l’on puisse dire. Sa réputation et son pédigrée attirent la convoitise de tout rappeur qui se respecte. Même s’il a des valises de prods en stock, ses choix de collaborations sont néanmoins maitrisés, surtout quand il s’agit de travailler sur des longs et moyens formats. Son crédo est finalement de travailler avec un cercle de proches, artistique mais aussi amical. Que ce soit Action Bronson, Boldy James, les gars de Griselda ou encore Oh No ces dernières années, tous avaient déjà collaboré avec le beatmaker au moins une fois.

La difficulté d’un producteur est de pouvoir se renouveler à travers le temps. Si des grands ont imposé leurs signatures, certains comme DJ Premier n’ont pas vraiment su se renouveler au fond. Bien-sur, à chacune de leurs sorties, ils sont là où on les attend et c’est ce qu’on aime au bout du compte. Quelqu’un comme Alchemist est constamment sur cette brèche. Alan Daniel Maman y parvient pourtant, notamment quand il sort par exemple un « Yacht Rock 2 » (août 2019) rempli de funk désuet et de rock AOR. Alors, le salut vient du coté de la qualité et de la variété des rappeurs qui viennent poser sur ses instrus. Et on peut dire qu’il a non seulement le choix, mais qu’il choisi bien ses partenaires. Après Conway, le dernier en date sur l’EP « Lulu », Alchemist reste dans la rudesse avec Freddie Gibbs, (déjà présent en featuring sur le projet juste avant « The Price of Tea in China » avec Boldy James).

Gibbs est véritablement un des rappeurs les plus en vue du moment, et ce depuis longtemps. Surtout depuis qu’il a signé les retentissants albums « Pinata » (2014) et « Bandana » (2019) aux cotés de Madlib. Son rap et sa personnalité sont teintés d’agressivité, d’égo, d’humour noir et de célébration des drogues. Un cocktail qu’on a coutume d’appeler « gangsta shit ». Le rappeur originaire de l’Indiana est un artiste demandé et lui non plus ne cède pas à n’importe quelle sollicitation même s’il peut faire quelques (bons) écarts comme celui avec le producteur japonais et new-yorkais d’adoption Yu Mamiya (« Start And End » en avril dernier). Son tableau de chasse est impressionnant : Madlib, DJ Muggs, Griselda, LDN DRGS, Tom Misch & Yussef Dayes, Statik Selektah pour n’en citer que quelques uns.

Il y rajoute aujourd’hui le nom de Alchemist en mode 1to1. En effet, le duo avait déjà collaboré en 2018 sur l’album « Fetti » mais Curren$y s’était immiscé entre eux (avec brio). A l’issue de cette expérience, Freddie Gibbs avait émis la volonté de se retrouver seul avec Alchemist un jour. Il n’aura pas attendu longtemps puisque les 10 titres de « Alfredo » sont désormais là. Le partenariat est probant. Les beats de l’un, avec ses variations musicales, permettent de satisfaire la soif de technique de l’autre.

Avec « Alfredo », Freddie Gibbs renforce sa place dans le rap game en enchainant encore avec un partenariat prestigieux. Il tisse tout doucement une carrière très riche et n’oublie pas de les relier les uns aux autres. A en croire l’univers du clip de « 1985 » qui fut quelques heures auparavant l’unique teaser du projet. Le traité de la vidéo n’est pas sans nous rappeler celui de « Giannis » et de « Half Manne Half Cocaine », titres figurant sur « Bandana ». Normal, ils sont l’œuvre du même réalisateur Nick Walker qui a encore exploiter la thématique autour du trafic de drogue. On pourrait croire que cette la vidéo vient dans la continuité des deux autres. Un pont qu’on ne voit que rarement d’un disque à l’autre.

 

 

 

L’album « Alfredo » se trouve sur tous les shops en ligne.

 

 

TRACKLISTING :

01. 1985
02. God is Perfect
03. Scottie Beam (feat. Rick Ross)
04. Look At Me
05. Frank Lucas (feat. Benny The Butcher)
06. Something To Rap Again (feat. Tyler The Creator)
07. Baby $hit
08. Babies & Fools (feat. Conway The Machine)
09. Skinny Suge
10. All Glass

Empire – Mai 2020