CES DERNIÈRE DÉCENNIE ANNÉES A ÉTÉ UNE SUCCESSION DE RENDEZ-VOUS MANQUÉS. MAIS PAS CETTE FOIS.

 

 

C’était le 7 février dernier. Jay Electronica affirmait que son album était prêt et qu’il allait sortir au bout de 40 jours. Ce qui ne correspondait pas vraiment à ce vendredi 13 mars 2020 mais il s’agissait avant tout de faire écho à ce chiffre « 40 », en jours et en nuits, qui lui avait fallu pour concevoir le disque à compter du 26 décembre. Mais on ne va pas faire les fines bouches quand on sait que cela fait près de 10 ans qu’on attend ce moment. En tout cas, ceux qui y croyaient encore.

Jay Electronica a tenu sa promesse malgré tout, là où d’autres ont choisi de reporter leurs releases pour leur permettre d’enchainer une tournée sans avoir à composer avec l’épidémie de Coronavirus. Avec à peine quelques morceaux en solo et une poignée de featurings en un peu plus d’une décennie, a-t-il le même statut pour se le permettre ? Résolument non et c’est tant mieux pour nous. L’objectif était de se montrer à nouveau sur disque car il y avait de l’attente, un infime espoir plus précisément. Une sortie qui n’a pas été simple pour autant. Les sessions d’écoute de l’album prévues dans quelques villes des États-Unis cette semaine ont quand même fini par être annulées, « obligeant » le rappeur from Detroit d’aller contenter son audience sur un Instagram Live.

L’attente, elle, est vraiment incarnée par Roc Nation qui l’avait rapidement signé à l’époque et qui avait laissé en ligne sa bio poussiéreuse tout ce temps. Son boss, Jay Z a fait plus qu’accompagner cette sortie. En effet, il intervient vocalement (sans en être officiellement crédité) sur pas moins de 8 morceaux sur 10. Il y a quelques temps, les rumeurs évoquaient déjà un album collaboratif. Ce n’est pas vraiment le cas mais cela y ressemble. Le reste des intervenants, que ce soit aux featurings (Travis Scott et The Dream), à l’écriture (Allen Toussaint, Brian Eno, Louis Farrakhan, le français Eric Demarsan, encore Jay Z etc.) ou à la production (Araabmuzik, Hit Boy, Swizz Beatz, No ID, The Alchemist etc.), a un air d’équipe all-stars pour accompagner le fils prodigue âgé de 42 ans. Tout cela en sachant que Jay Electronica met la main à la patte tout au long de son projet et dans tous les compartiments.

 

 

En tout cas le résultat est au rendez-vous. On était restés sur d’excellents morceaux comme « Exhibit A » et « Exhibit C », tous deux sublimés par Just Blaze. Et forcément certains avaient peut-être peur de ne pas avoir le même rendu. Ce sont surement les mêmes qui affirment que c’était mieux avant mais rassurez-vous, il y en a pour tout le monde. Les recettes gagnantes sont encore là : pas de refrains, un flow quasi – continu et un aura qui ne se dément toujours pas.

Évidemment, « A Written Testimony » ne sera jamais à la hauteur de nos espérances les plus folles après tout ce temps mais on peut dire qu’il s’agit d’une belle et sérieuse réalisation de la part de Jay Electronica.

 

Réalisation que vous pouvez bien-sûr récupérer sur l’ensemble des plateformes digitales.

 

 

 

TRACKLISTING :

01. The Overwhelming Event
02. Ghost of Soulja Slim
03. The Blinding (feat. Travis Scott)
04. The Neverending Story
05. Shiny Suit Theory (feat. The Dream)
06. Universal Soldier
07. Flux Capaccitor
08. Fruits of The Spirit
09. Ezekiel’s Wheel (feat. The Dream)
10. A.P.I.D.T.A.

Roc Nation – Mars 2020