COMME UN SYMBOLE, CE 10ÈME ALBUM FAIT UN LIEN AU TOUT PREMIER DE RICK ROSS EN 2006, « LÀ OU TOUT A COMMENCÉ ».

 

 

Jusqu’à la mi-juillet, on ne savait pas trop à quelle date « Port of Miami 2 » allait voir le jour. En effet, avec son autre actualité qui est la sortie de son livre « Hurricanes » le 3 septembre, on pensait qu’il allait temporiser un peu. Certains pensaient même que l’album serait disponible dès le 21 juin, date du premier extrait « Act A Fool ». C’est donc en plein cœur de l’été que le 10ème opus de Rick Ross sort, après une accélération des contenus ces dernières semaines.

En plus des 13 ans de carrière au compteur, un 10ème album revêt toujours un caractère symbolique. Peu peuvent se targuer d’une telle longévité à notre époque. Longévité accompagnée d’un certain succès on précise. Pourtant, on peut estimer que ces dernières années n’ont pas forcément été les meilleures artistiquement parlant. Au fil du temps, la personnalité a aussi pris le dessus sur le rap, mais Rick Ross est parfaitement capable de fermer des bouches à la demande.

Le clin d’œil à ses débuts semblait être important pour lui. Histoire d’être fier du travail accompli entre musique et business, de prendre conscience des erreurs faites comme en 2015 où il avait été condamné pour avoir agressé et kidnappé un ouvrier de sa maison ou encore des raisons pour lesquelles un gang aurait tenté de le liquider lors d’un « drive by shooting » en 2013.

Et puis, il y a l’éternel regard porté sur les gens qui l’ont accompagné, depuis longtemps ou ponctuellement. Et plus précisément les soldats tombés au combat comme Nipsey Hussle, avec qui il avait collaboré il y a des années et qui figure à titre posthume sur « Rich Nigga Lifestyle ». Pour la petite histoire, les deux rappeurs avaient prévu de tourner le clip du morceau avant le décès de Hussle. Par hommage, Ross s’était fait tatouer le visage de son pote sur le mollet. Rozay soutient également sa propre équipe. Même s’il n’est pas mort, Meek Mill a connu les déboires avec la justice que l’on connait. Une histoire qui fait d’ailleurs l’objet du documentaire « FreeMeek » disponible le même jour que « Port of Miami 2 » sur Amazon Prime. Et on ne parle pas de Gunplay, un de ses comparses du Triple Cs.

 

 

Si on parle de qualité musicale moins forte de ces dernières années, on ne peut pas non plus fermer les yeux sur l’état de santé de la star de Miami. En surpoids pendant longtemps, Ross avait réussi à perdre 75 kilos en 2 ans. Il avait été ainsi cité par des magazines de santé et sport pour la performance en 2016. Depuis, il a regagné un peu de poids et avait tout de même subit une crise cardiaque l’année dernière qui lui avait valu d’être placé sous respiration artificielle. Plusieurs fois auparavant, il avait été victime d’ennuis de santé du fait de son rythme de vie effréné. Tout cela a dû peser dans les enseignements du rappeur.

Mais n’allez pas croire que tout ce qu’on vient d’écrire sonne la fin de carrière de Rick Ross. Pas du tout. Au micro de Zane Lowe il y a quelques jours, il clamait sa joie de se retrouver dans « un contexte concurrentiel » et affirmait son envie « de faire des choses nouvelles ». Il ne compte résolument raccrocher les gants sous prétexte qu’il est arrivé à une date anniversaire. Non, lui a quasiment explosé entre deux générations. Ce qui est surement son secret pour attirer le respect des plus vieux et faire encore fantasmer les plus jeunes (avec les codes bling bling de notre époque). La liste des invités est donc assez hétéroclite mais la musicalité reste cohérente.

A 43 ans, Rozay se place peut-être désormais comme un catalyseur. C’est assez flagrant quand on regarde l’histoire du morceau « Maybach VI » dont la mouture d’origine comportait les participations de Lil Wayne et de Pusha T (elle a déjà fuité), les deux meilleurs amis du monde. Ross a récemment confié qu’il avait placé les featurings à l’insu des intéressés, comme ça sans raison aucune. Finalement, la version finale ne retiendra que Tunechi et le remplaçant John Legend. Même si ce fût un délire, on verrait peut-être ici une tentative, certes inconsciente, d’appel à l’apaisement. Rick Ross avait d’ailleurs estimé qu’ils laisseront surement cette histoire derrière eux un jour. Et pourquoi pas maintenant ?

 

 

Pour sa 10ème réalisation, on a affaire à du bon Rick Ross. Les époques différentes ne nous permettent pas de la comparer avec le premier album. « Port of Miami 2 » n’est finalement qu’un clin d’œil symbolique et n’a pas l’ambition d’être meilleur. Qu’on aime ou pas le personnage, Rick Ross pèse toujours dans le rap game et vraiment rien est à jeter. Grâce à cet album, vous pourrez peut-être saisir l’occasion de vous réécouter la discographie du monsieur et juger de vous-même l’ampleur de son œuvre.

 

« Port of Miami 2 » se trouve sur les plateformes d’usage.

 

 

TRACKLISTING :

01. Act A Fool (feat. Wale)
02. Turnpike Ike
03. Nobody’s Favorite (feat. Gunplay)
04. Summer Reign (feat. Summer Walker)
05. White Lines (feat. Dej Loaf)
06. Big Tyme (feat. Swizz Beatz)
07. Bogus Charms (feat. Meek Mill)
08. Rich Nigga Lifestyle (feat. Nipsey Hussle & Teyana Taylor)
09. Born To Kill (feat. Jeez)
10. Fascinated
11. I Still Pray (feat. Ball Greezy & YFN Lucci)
12. Running The Streets (feat. A Boogie Wit Da Hoodie & Denzel Curry)
13. Vegas Residency
14. Maybach Music IV (feat. John Legend & Lil Wayne)
15. Gold Roses (feat. Drake)

Epic Records – Août 2019