Ce n’est plus une surprise. Voilà 5 ans que Guts et Mambo nous délivrent le volume annuel de leur compilation « Beach Diggin’ ». La grande surprise, et la déception, c’est de savoir que l’édition 2017 sera la dernière de la série. Alors avant de râler, ne croyez-vous pas que le duo n’a pas fait le tour, du sujet avec 5 volumes, et du monde avec près de 80 morceaux venant des 4 coins de la planète ?

En tout cas, c’est ce qu’ils ont dû penser en mettant un terme à une série qui s’est fait une belle place chaque été. Non pas parce qu’ils sont à cours de perles internationales mais sûrement parce qu’il faut tourner une page pour en ouvrir de nouvelles, tout simplement.

 

GUTS & MAMBO : DERNIÈRE SALVE POUR « BEACH DIGGIN' »

 

Fait assez rare pour le signaler, la compilation ne contient aucun artiste provenant du Brésil ou d’Amérique du Sud. Ce sont pourtant deux destinations vers lesquelles Guts et Mambo aiment bien nous emmener. Bien sûr nous avons toujours des essences africaines (Cameroun, Nigeria et Afrique du Sud), américaines, caribéennes (Trinité et Tobago, Antilles) et même néo-zélandaises et Indonésiennes, mais rien du coté de Rio ou de Buenos Aires.

Question sonorité, si le cahier des charges consiste toujours à rassembler des titres pour chiller au soleil, l’ambiance générale de ce nouveau numéro nous donne l’envie de nous lever du transat et de commencer à se trémousser tranquillement sans risque de claquage.

Par exemple, le morceau d’ouverture « Sweet Dole » de André Marie Tala est carrément dansant. Ce n’est pas pour rien qu’on appelle ce musicien non voyant « le Stevie Wonder du Cameroun » même s’il avait commencé sa carrière dans les années 70 en s’inspirant de Johnny Halliday. Il s’est vite rattrapé par la suite. « Sweet Dole » est tiré de l’album « Tu m’as mentis » sorti en 1982.

 

Pour se remuer, on a aussi “Sweetest Taboo” du groupe de soca The Rebels dont le leader était Denniston Young. Comme vous l’aurez deviné, on a affaire à une cover caribéennes du tube de Sade. Il se dit que le vinyle vaudrait aujourd’hui 300 euros. Et il semblerait que Guts détienne un exemplaire…

 

En vous parlant de l’absence de titres latins, on n’était pas tout à fait dans le vrai. En effet, c’est « And We’ll Make Love » de Ricardo Marrero & The Group qui représente le style musical. Mais depuis le Spanish Harlem des années 70 avec l’album « A Taste ». Pour la petite histoire, le disque avait été enregistré pour le label Don dirigé par le promoteur de boxe Don King. Comme souvent, les relations entre le groupe et le business man se sont détériorés et les enregistrements avaient mystérieusement disparu pour réapparaitre un peu plus tard. On a failli ne jamais connaitre l’opus.

 

On vous avait aussi dit que le Brésil n’était pas représenté. Ce qui est vrai. On retrouve néanmoins un titre bossa nova mais interprété par… des indonésiens. Tout est là, la guitare, le Fender, la flûte traversière mais la langue provient de l’Asie du Sud Est grâce à Gatot Soedarto. Ça fonctionne bien.

 

Autrement, on rencontre également quelques petites perles comme le « Femmes Pays Douces » de Raphael Toine, chantre du zouk funk des années 80. La chanson contient un déluge de claviers. Alors qu’elle démarre par une intro à la « Tron », on se rend très vite compte que les accords de synthés auraient très bien pu inspirer la première génération du gangsta rap californien.

 

Mention spéciale pour le toride « Tonight » de Sookie avec les gémissements de Jeannine Otis. Le morceau a été composé par Joe Bisso, maitre oublié du disco et du sex appeal qui va avec. Une ambiance à rester dans le hamac à deux avec plein de caresses. Là on est en plein dans le concept de « Beach Diggin' » non ?

 

Encore une série qui conviendra parfaitement pour vos vacances. Il faut en profiter car c’est la dernière édition. Nul doute que Guts et Mambo ont d’autres idées pour collaborer ensemble, au sein du label Heavenly Sweetness qui plus est. Quoi qu’il arrive, on les remercie pour ces années de bonheur !

 

La compilation « Beach Diggin’ Vol.5 » est disponible un peu partout et plus particulièrement sur le Bandcamp de Heavenly Sweetness qui a réunit pour l’occasion toutes les éditions que vous pouvez vous procurer. Pour les formats physique, il faudra attendre le 21 juillet.

GUTS & MAMBO : DERNIÈRE SALVE POUR « BEACH DIGGIN' »

TRACKLISTING :

01. André Marie Tala : Sweet Dole
02. Tyna Onwudiwe : Lite Low
03. The Rebels : Sweetest Taboo
04. Ricardo Marrero & The Group : And We’ll Make Love
05. Koko Ateba : Si T’es Mal Dans Ta Peau
06. Sookie : Tonight (feat. Jeannine Otis)
07. Raphael Toine : Femmes Pays Douces
08. Ebony Band : Desire
09. Salero : Teardrops And Wine
10. Momo Joseph : War For Ground
11. Claude Gentueil : Dreams Of Love
12. Gatot Soedarto: Sayangilah Daku Kasih
13. Synchro Rhytmic Electric Language : Pasto

Heavenly Sweetness – Juillet 2017

 

 

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