Célébrés et respectés par les puristes qui ne les remercieront jamais assez d’avoir remis le feu aux poudres du funk 70’s un jour de 1990 et quelques, les frères Jan et Max Weissenfeldt aka The Whitefield Brothers se sont surtout signalés par le caractère ultra-aventureux de leur musique.

Guidés par une machette musicale avec laquelle ils ont débroussaillé bien des pistes inexplorées, les frérots n’ont jamais fait deux fois le même disque, élevant leurs albums au rang d’indispensables tout autant qu’à celui d’ovnis. Mais aujourd’hui, leurs destins s’écrivent séparément.

Trop longtemps assis dans le fond à tenir le beat à la force de ses baguettes Max se retrouve désormais en première ligne avec ses Polyversal Souls. La fascination voire l’obsession pour les grooves mystiques et les polyrythmies africaines est plus que jamais au centre des préoccupations, avec une bougeotte rythmique rendant la station immobile impossible.

Voyageant du Ghana à l’Éthiopie, collaborant avec des musiciens du cru (Guy One, Hailu Mergia), poussant leur curiosité jusqu’en Jamaïque ou à New-York, les Polyversal explorent chaque territoire, important à chaque fois leur vibration jazz, funky ou hip hop. Moins obscurs et du coup plus accessibles que les précédents travaux avec son frérot (le Sad Nile d’Earthology est ici réarrangé dans une version plus jazz et moins trippante), Max et son crew célèbrent avant tout, le métissage dans une joie communicative et avec une envie de faire entrer tout le monde pour participer à la fête plutôt que de ne la réserver qu’à une poignée d’avertis.

N’empêche que, même si Jan et Max font des étincelles chacun de leur côté, une réunification sous l’étendard fraternel serait la bienvenue…

 

THE POLYVERSAL SOULS : INVISIBLE JOY
(Philophon – 2015)

THE POLYVERSAL SOULS : UN WHITEFIELD BROTHER, DE L’INVISIBLE JOY

 

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