Liquidé pour avoir trop reluqué la fille DeLuca au lieu de se cantonner aux œuvres noires de la famille mafieuse, Ghostface Killah retrouve son corps disséminé sur 12 vinyles. Solution radicale pour ne plus entendre parler de lui pendant un moment, à moins que quelqu’un ne prenne l’initiative de jouer cette morbide discothèque sur sa platine, playlist incantatoire qui le ramènerait à la vie.

Avertie de cette option et décidée à prendre sa part des dividendes du crime, une organisation rivale ressuscite le Fantôme pour l’envoyer faire bouffer les spaghettis par la racine aux DeLuca. Laissé en douze à la fin du premier épisode, GFK est de retour du royaumes des morts… Et l’ambiance autour de lui a changé, parti au son d’une bande originale de film noir italien des années 60, Ghost reprend vie dans le rues du New-York des 70’s où son éternel binôme Raekwon y a revêtu le survète Gucci en peau de pèche de Lester Kane, celui à qui il doit son retour terrifiant. Dans son aube noire, Rza est le narrateur mystérieux et inquiétant qui relie entre elles les parties d’un récit orchestré par Adrian Younge, grand ordonnateur d’une soul-hip hop pensée et agencée avec un cerveau de compositeur greffé dans une MPC.

Propulsée par de vrais instruments, sans la dramaturgie sous cordes du premier volet et sans flamboyance cuivrée, la production, des beats aux claviers, installe un climat de tension analogique où l’explosion guette à chaque coin de bloc, dressant le décor sombre du retour du Ghost. Un retour essentiellement scénarisé, car dans la réalité du rap-jeu, GFK aka Tony Starks envoi des torgnoles régulières. Et s’affiche de plus en plus clairement comme le seul membre du Wu à tenir encore fièrement l’Iron Flag.

 

 

 

ADRIAN YOUNGE PRESENTS TWELVE REASONS TO DIE II
STARRING GHOSTFACE KILLAH
(Linear Labs – 2014)

TWELVE REASONS TO DIE II : ADRIAN YOUNGE RESSUSCITE GHOSTFACE KILLAH

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