Feadz "Instant Alpha"
3.0Note Finale
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Qui aurait encore le culot de présenter Feadz ? Quasiment quinze années d’activités, une multitude d’EP, des passages chez Bpitch Control et puis une love affair avec ED Banger Records, mais toujours pas d’album au compteur. Le 20 Janvier 2014 est venu mettre fin à ce problème, date à laquelle Feadz nous a présenté (enfin) son premier LP : « Instant Alpha ». Forcément, on s’est demandé si l’attente en valait-elle la peine ?

Avant tout, Instant Alpha doit se voir comme une sorte de « rétrospective futuriste » du travail accompli par Feadz. Ce dernier pour ainsi dire, présente ses origines hip-hop avec des morceaux tels que Eastside, Papercut ou encore Marly (où les scratchs sont à l’honneur). Pour dans le même temps les faire cohabiter avec l’électro. Un mélange des genres qui est devenu au fil du temps sa marque de fabrique, ainsi que celle de certains artiste également présent chez ED Banger (DJ Mehdi, DSL)


L’ensemble sonne un brin rétro (en témoigne l’utilisation de synthé, type eighties) mais se ressent également comme une vague d’air frais, où le cœur de chaque morceaux se veut le développement d’une expérimentation sonore. En conséquence, la principale force d’Instant Alpha est sans conteste sa liberté artistique, résumée en une phrase sur le morceau Electric Empire :

« I’m digging, it’s my passion. Cutting record is a habbit ».

Ainsi, avant d’être DJ et producteur, Feadz demeure un amoureux de musique. Cela se ressent, puisque loin de s’enfermer dans un seul genre, l’album alterne entre hip-hop, freestyle, électro, techno, house, footwork, trap et baile funk, sans avoir le sentiment d’avoir écouté un disque bordélique, bien au contraire. Feadz sait marier l’huile et l’eau, parvenant à homogénéiser son Instant Alpha, au sein d’un même marbre.

Bien que la plupart des morceaux sonnent comme « déjà vu » (certains commencent même à dater), car s’emboitant essentiellement dans une dynamique qu’on connaissait de précédents EP (Happy Meal) ou d’anciens titres (Back It Up). L’album réserve au delà de cet aspect quelques surprises, gommant l’aspect de fadeur qu’on aurait pu ressentir. À l’image des collaborations avec Tiko (Electric Empire, Wettex), les deux morceaux seront une bonne découverte pour ceux n’ayant pas écouté l’EP « Electric Empire ».
Mention spéciale pour Mataman ainsi qu’à Stick Builders générant une ambiance psyché et street «  credit » grâce à l’ajout (non excessive) de vocal. Instant Beta et Delta, indissociable l’une de l’autre, électriseront l’ambiance. La percutante Papercut, ne découpera pas que du papier mais bien des têtes à l’instar du remix d’Eastside réalisé par Big Dope P.  

Au final, si le premier album est souvent le point de départ – l’instant a – pour un artiste, chez Feadz, le cas est différent, puisque notre bourlingueur s’engage sur l’autoroute pour la première fois avec déjà pas mal de kilomètres au compteur. Ainsi, à la différence d’un premier album, censé ouvrir une porte vers l’avenir d’un groupe, Instant Alpha, est une œuvre hybride – condensé en une quarantaine de minutes – entre retrospective de son passé et vision de son futur.

Un premier album finalement plus touchant qu’impressionnant installant Feadz comme un garçon d’idées et de goût mas qui pêche par un léger manque d’ambition : en 2014, il parvient toujours à nous à prendre mais plus à nous surprendre.

Olivier Cron

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